La lumière

extrait de La clef des songes d'A. Grothendieck

« Mon père était issu d'une famille juive pieuse, dans une petite ville juive d'Ukraine, Novozybkov. Il avait même un grand-père rabbin. La religion ne devait pourtant pas avoir beaucoup prise sur lui, même dans son enfance. Très tôt déjà il se sentait solidaire des paysans et petites gens, plus que de sa famille, de classe moyenne. A l'âge de quatorze ans, il prend le large pour rejoindre un des groupes anarchistes qui sillonnaient le pays, en prêchant la révolution, le partage des terres et des biens et la liberté des hommes – de quoi faire battre un cœur généreux et hardi ! C'était en Russie tsariste, en 1904. Et jusqu'à la fin de sa vie encore et envers et contre tout, il s'est vu comme « Sascha Piotr » (c'était là son nom dans le « mouvement »), anarchiste et révolutionnaire, dont la mission était de préparer la Révolution mondiale pour l'émancipation de tous les peuples.

Pendant deux ans, il partage la vie mouvementée du groupe qu'il avait rejoint, puis, cernés par les forces de l'ordre et après un combat acharné, il est fait prisonnier avec tous ses camarades. Tous sont condamnés à mort, et tous sauf lui sont exécutés. Pendant trois semaines, il attend jour après jour qu'on l'emmène au peloton. Il est finalement grâcié à cause de son jeune âge, et sa peine commuée en celle de prison à perpétuité. Il reste en prison pendant onze ans, de l'âge de seize à l'âge de vingt-sept ans, avec des épisodes mouvementés d'évasions, révoltes, grêves de la faim... Il est libéré par la révolution en 1917, puis participe très activement à la révolution, en Ukraine surtout où il combat, à la tête d'un groupe autonome de combattants anarchistes bien armés, en contact avec Makhno, le chef de l'armée ukrainienne de paysans. Condamné à mort par les bolshéviks, et après leur main-mise sur le pays, il quitte le pays clandestinement en 1921, pour atterrir d'abord à Paris (tout comme Makhno). Au cours des quatre années écoulées d'activité militante et combattante intense, il a d'ailleurs une vie amoureuse assez tumultueuse, dont est issu un enfant, mon demi-frère Dodek.

Dans l'émigration, d'abord à Paris, puis à Berlin, puis à nouveau en France, il gagne sa vie tant bien que mal comme photographe ambulant, qui lui assure son indépendance matérielle. En 1924, à l'occasion d'un voyage à Berlin, il y fait la connaissance de celle qui devait devenir ma mère. Coup de foudre de part et d'autre – ils restèrent indissolublement attachés l'un à l'autre, pour le meilleur et surtout pour le pire, vivant en union libre jusqu'à la mort de mon père en 1942 (en déportation à Auschwitz). Je suis le seul enfant issu de cette union (en 1928). Ma sœur, de quatorze ans mon aînée, était issue d'un précédent mariage de ma mère, qui déjà se dissolvait lors de la rencontre fatidique.

Ma mère est née en 1900 à Hambourg, d'une famille protestante assez aisée, qui avait connu un déclin social inexorable tout au cours de son enfance et de son adolescence. Comme mon père, elle avait une personnalité exceptionnellement forte. Elle commence à se dégager de l'autorité morale de ses parents à partir de l'âge de quatorze ans. A dix-sept ans, elle passe par une crise religieuse, et se dégage de la foi naïve et sans problèmes de son enfance, qui ne lui donnait aucune réponse aux questions que lui posait sa propre vie et le spectacle du monde. Elle m'en a parlé comme d'un arrachement douloureux, et (j'en suis persuadé tout comme elle) nécessaire.

Aussi bien ma mère que mon père avaient des dons littéraires remarquables. Chez mon père, il y avait même là une vocation impérieuse, qu'il sentait inséparable de sa voction révolutionnaire. D'après les quelques fragments qu'il a laissés, je n'ai pas de doute qu'il avait l'étoffe du grand écrivain. Et pendant de longues années après la fin abrupte d'une immense épopée, il portait en lui l'oeuvre à accomplir – une fresque riche de foi et d'espoir et de peine, et de rires et de larmes et de sang versé, drue et vaste comme sa propre vie indomptée et vive comme un chant de liberté... Il lui appartenait de faire s'incarner cette œuvre, qui se faisait dense et lourde et qui poussait et exigeait de naître. Elle serait sa voix, son message, ce qu'il avait à dire aux hommes, ce que nul ne savait et ne saurait dire...

S'il avait été fidèle à lui-même, cet enfant-là qui voulait naître ne l'aurait pas sollicité en vain, alors qu'il s'éparpillait aux quatre vents. Il le savait bien au fond, et que s'il laissait sa vie et sa force se faire grignoter par les petitesses de la vie d'émigrant, c'est qu'il était de connivence. Et ma mère aussi avait des dons bénis, qui la prédestinaient à de grandes choses. Mais ils ont choisi de se neutraliser mutuellement dans un affrontement passionné sans fin, l'un et l'autre vendant son droit d'aînesse pour les satisfactions d'une vie conjugale pavoisant « au grand amour » aux dimensions surhumaines, et dont ni l'un ni l'autre, jusqu'à leur mort, n'auront garde de mettre à jour la nature et les vrais ressorts.

Après l'avènement d'Hitler en 1933, mes parents émigrèrent en France, terres d'asile et de liberté (pendant quelques années encore...), en laissant ma sœur d'un côté (à Berlin), moi de l'autre (à Blankenese, près de Hambourg), et sans plus trop se préoccuper de leur encombrante progéniture jusqu'en 1939. Je les rejoins à Paris en mai 1939 (la situation pour moi en Allemagne nazie devenant de plus en plus périlleuse), quelques mois avant que n'éclate la guerre mondiale. Il était temps ! Nous sommes internés en tant qu'étrangers « indésirables », mon père dès l'hiver 1939, ma mère avec moi aux débuts 1940. Je reste deux ans au camp de concentration [Note : La plus grande partie du temps où j'ai été interné avec ma mère, c'était au camp de Rieucros, à quelques kilomètres de Mende – un petit camp (environ 300 internées) réservé aux femmes, dont quelques-unes avaient des enfants. Je n'ai passé que quelques mois au camp de Brens, près de Gaillac, où le camp de Rieucros avait été transféré, et où ma mère restat encore deux années. Ce séjour dans les camps fut pour moi une rude école, mais je n'ai jamais regretté d'y avoir passé. Ce que j'y ai appris, je n'aurais pu l'apprendre par les livres. Jamais d'ailleurs la pensée ne m'a quitté que de tels temps reviendront encore, et que j'aurai peut-être à repasser par des telles épreuves, mais probablement en pire], puis suis accueilli en 1942 par une maison d'enfants du « Secours Suisse » au Chambon-sur-Lignon, en pays cévenol protestant (où se cachent beaucoup de juifs, guettés comme nous par la déportation). La même année, mon père est déporté au camp du Vernet, pour une destination inconnue. C'est des années plus tard que ma mère et moi aurons notification officielle de sa mort à Auschwitz. Ma mère reste au camp jusqu'en janvier 1944. Elle mourra en décembre 1957, des suites d'une tuberculose pulmonaire contractée au camp.

Dans les années 36, 37, alors que j'étais encore en Allemagne, la révolution espagnole allume de grands espoirs dans les cœurs des militants anarchistes. Mes parents y participent et s'y engagent entièrement – la grande heure pour l'humanité avait enfin sonné ! Ils ne quittent le pays, pour revenir en France, que quand il devient irrécusable que la partie est, cette fois encore, irrémédiablement perdue. Cette expérience de leur âge mûr, et l'inexorable échec sur lequel elle débouche, portent un coup mortel à la foi révolutionnaire en l'un et l'autre. Mon père ne trouva jamais le courage de vraiment se confronter au sens de cette expérience, et de faire le constat d'échec de toute une vision du monde, à un moment où le « grand amour », lui aussi, allait se déglinguer avec des grincements de dents. Jusqu'à la fin de sa vie, il continuera à professer encore des lèvres une foi en la révolution libératrice, laquelle était bien morte. A dire vrai, sa foi en lui-même était morte en lui des années auparavant. C'est dans elle seulement qu'il pouvait puiser le courage de constater et d'assumer humblement la mort de la foi en une chose extérieure à lui. Et pour retrouver la foi en lui-même qu'il avait perdue, il aurait fallu qu'il trouve le courage d'assumer son propre manque de liberté, ses propres faiblesses d'homme et ses propres trahisons, au lieu de chercher en les autres la faute pour une révolution perdue, et de se leurrer à croire qu'à la prochaine fois « on » fera mieux et ce sera la « vraie ».

La foi de ma mère en elle-même était restée indemne à travers les expériences amères de l'exil et les vicissitudes de la vie du couple [Note : Entre 1933 et 1939, travaillant en France comme gouvernante et comme bonne à tout faire, souvent à la limite de ses forces, ma mère en a vu de toutes les couleurs ! Pour ce qui est des « vicissitudes de la vie de couple », après les affrontements incessants tantôt durs, tantôt insidieux et larvés, des neuf premières années, c'est (en 1933) la destruction de la famille par l'abandon des enfants – voulue par elle et imposée, sous l'étendard de la grande passion qui sanctifie tout, à un père subjugué qui finit par dire amen à tout. A la fin de cette année, alors que ma mère s'apprête à rejoindre mon père, qui se consume depuis six mois à l'attendre à Paris, elle apparaît comme la Triomphatrice radieuse, venant régner en maître sur le mâle pâmé – sur le héros d'antan, déchu, choyé, méprisé... Cette Apothéose démentielle dans la vie de ma mère, qui a profondément marquée ma vie, celle de ma sœur comme aussi celle de ma mère elle-même et celle de mon père, marque sûrement le point le plus bas qu'ils aient touché spirituellement et l'un et l'autre, au cours de leur dernière existence terrestre.

J'ai découvert ce qui s'est passé il y a huit ans seulement, en 1979, plus de vingt ans après la mort de ma mère et près de quarante après celle de mon père. Ça a été au cours d'un travail serré sur les lettres et autres documents qu'ils avaient laissés, lequel s'est poursuivi sur huit ou neuf mois d'affilée. Ni l'un ni l'autre ne se sont souciés, du moins pas au cours de leur vie terrestre, de prendre connaissance de leurs propres actes et de ce qui s'était passé en eux. Mais j'ai su par mes rêves de l'an dernier que c'est chose faite à présent. Je présume qu'ils sont prêts, à présent, à se réincarner (si ce n'est déjà chose faite), pour repasser par une nouvelle existence terrestre.]. C'est pour cela, peut-être, qu'elle a trouvé en elle-même la simplicité pour admettre ne serait-ce d'abord qu'en son for intérieur et de façon encore confuse, que les généreux idéaux révolutionnaires qu'elle avait arborés pendant tout son âge adulte, clochaient de quelque façon mystérieuse et essentielle. Mais il lui a fallu, après l'épreuve de la longue vie commune avec mon père, quatre autres années encore d'une épreuve toute différente, ses années de captivité au camp, pour avoir tout loisir (des loisirs forcés !) pour y voir plus clair.

Quand enfin elle a vu, elle a su que le sens de son séjour au camp était désormais accompli. Elle était sure que sa câptivité touchait à sa fin. Et en effet, alors que son « cas » semblait sans espoir et qu'une déportation semblait même imminente, elle s'est vue mise en liberté peu de temps après.

 

  1. Splendeur de Dieu – ou le pain et la parure

 

Me voici à nouveau tout près du « fil » que j'avais un peu perdu de vue, en parlant de mes parents : la relation à Dieu. Mais je reprends à nouveau par ordre chronologique.

Au cours de ces derniers mois, d'une telle densité par l'action de Dieu en moi, j'ai repensé parfois à un événement dans la vie de mon père qui a eu lieu longtemps avant ma naissance, et auquel j'avais rarement eu l'occasion de penser. Il ne m'en a jamais parlé d'ailleurs, ni à âme qui vive sauf à ma mère, dans les semaines de passion tumultueuse qui ont suivi leur rencontre en 1924. c'est elle qui m'en a parlé, des années après sa mort. Il s'agit d'une expérience qu'il a eue en prison, dans sa huitième année de captivité (donc vers l'année 1914). C'était au terme d'un an de réclusion solitaire, que lui avait valu une tentative d'évasion au cours d'un transfert d'une prison à l'autre. Ça a été sûrement l'année la plus dure de sa vie, et qui aurait détruit ou brisé ou éteint plus d'un : solitude totale, sans rien pour lire ni écrire ni s'occuper, dans une cellule isolée au milieu d'un étage désert, coupé même des bruits des vivants, sauf l'immuable et obsédant scénario quotidien : trois fois par jour la brève apparition du gardien apportant la pitance, et le soir une apparition-éclair du directeur, venant en personne inspecter la « tête dure » de la prison. Chaque jour s'étirait comme un purgatoire sans fin. Il y en avait 365 à passer, avant qu'il serait à nouveau rattaché au monde des vivants, avec des livres, un crayon... Il les a comptés, ces jours-là, ces éternités qu'il avait à franchir ! Mais au bout du 365ième (c'est à peine qu'il pouvait saisir que c'était bel et bien la fin de son calvaire sans fin...), et pendant les trois jours suivants encore, rien. Au bout du troisième, à sa demande « L'année est passée maintenant – quand aurai-je des livres ? », un laconique « Attends ! » du directeur. Trois jours après encore, pareil. On jouait avec lui, qui était livré à merci, mais la révolte couvait, ulcérée, dans l'homme poussé à bout. Le lendemain, à peine prononcé la même réponse impassible « Attends ! », le lourd crachoir en cuivre à bords tranchants faillit fracasser le crâne de l'imprudent tourmenteur – se jetant de côté juste à temps, il en sentit le souffle aux tempes, avant que le projectile s'écrase sur le mur opposé du corridor, et qu'il rejette précipitamment derrière lui la lourde porte bardée...

C'est miracle pour moi que mon père ne fut pas pendu sur le champ. Peut-être un scrupule de conscience du directeur, qui « craignait Dieu » et qui sentait confusément par la mort même qui l'avait frôlé de si près, qu'il avait été trop loin ? Toujours est-il que le jeune révolté est battu comme plâtre (c'était la moindre des choses!), puis jeté dans les fers dans un cachot puant, dans l'obscurité totale, pour une durée indéterminée. Un jour sur trois, on ouvre les volets, et le jour relaye la nuit moite. Pourtant, la révolte n'est pas brisée : grêve de la fin totale, sans manger ni boire – malgré le jeune corps qui obstinément veut vivre ; l'âme ulcérée, rongée par l'impossible révolte et l'humiliation de l'impuissance, et les chairs gonflées débordant en bourrelets vitreux autour des anneaux de fer aux poignets et aux chevilles. C'étaient les jours où il a touché au fin-fonds de la misère humaine consciente d'elle-même – celle du corps et celle de l'âme.

C'est au terme du sixième jour de cachot, jour à « volets ouverts », qu'eut lieu la chose inouïe – qui fut le secret le plus précieux et le mieux gardé de toute sa vie, dans les dix années qui ont suivi. C'était une vague soudaine de lumière d'une intensité indicible, en deux mouvements successifs, qui emplit sa cellule et le pénètre et l'emplit, comme une eau profonde qui apaise et efface toute douleur, et comme un feu ardent qui brûle d'amour – un amour sans bornes pour tous les vivants, toute distinction d'« ami » et d'« ennemi » balayée, effacée...

Je ne me rappelle pas que ma mère ait eu un nom tout près pour nommer cette expérience d'un autre, qu'elle me rapportait [Note : il explique qu'il dispose d'un texte de dix pages écrit par son père et sa mère (son père maîtrisant mal l'allemand) relatif à cette expérience]. Je l’appellerais maintenant une « illumination », état exceptionnel et éphémère proche de ce que rapportent les témoignages de certains textes sacrés et de nombre mystiques. Mais cette expérience se place ici en-dehors de tout contexte qu'on appelle communément « religieux ». Cela faisait plus de dix ans sûrement que mon père s'était détaché de l'emprise d'une religion pour ne plus jamais y revenir.

Il est sûr pour moi, même sans avoir de précisions à ce sujet, que cet événement a dû profondément transformer sa perception des choses et toute son attitude intérieure, dans les jours et les semaines du moins qui ont suivi – des jours de très dures épreuves sûrement. Mais j'ai de bonnes raisons de croire que ni alors, ni plus tard, il n'a fait de tentatives pour situer ce qui lui était advenu, dans sa vision du monde et de lui-même. Ça n'a pas été pour lui l'amorce d'un travail intérieur en profondeur et de longue haleine, qui aurait fait fructifier et se multiplier l'extraordinaire don qui lui avait été fait et confié. Il a dû lui réserver une case bien séparée, comme un joyau qu'on serre dans un écrin fermé, en se gardant de le mettre en contact avec le reste de sa vie. Pourtant, je n'ai aucun doute que cette grâce inouïe, qui avait en un instant changé l'excès d'une misère en indicible splendeur, était destinée non à être gardée ainsi sous clef, mais à irriguer et à féconder toute sa vie ultérieure. C'était une chance extraordinaire qui lui était offerte, et qu'il n'a pas saisie, un pain dont il n'a mangé qu'une seul fois à pleine bouche, et auquel il n'a plus touché.

Dix ans plus tard, à la façon dont il s'en est ouvert à ma mère, dans l'ivresse de ses premières amours avec une femme qui allait le lier pieds et poings, c'était bien comme un bijou insolite et très précieux dont il lui aurait donné la primeur ; et quand elle m'en a parlé, plus de vingt ans plus tard encore, j'ai su qu'elle avait apprécié bel et bien, et appréciait encore, cet hommage alors jeté à ses pieds, accueilli avec empressement et comme un éclatant témoignage d'une communion totale avec l'homme adoré, et d'une intimité qui n'a plus rien à céler. Et moi-même en l'entendant, jeune homme de dix-sept ou dix-huit ans, en ai pris connaissance avec un empressement ému tout semblable : j'ai vu, moi aussi, le bijou qui rehaussait encore pour moi l'éclat de ce père prestigieux et inégalable héros, en même temps que celui de ma mère qui, seule entre tous les mortels, avait été jugée digne d'y avoir part. Ainsi, le pain donné par Dieu comme inépuisable nourriture d'une âme (laquelle peut-être croîtrait et nourrirait d'autres âmes encore...) a fini par devenir une parure de famille, venant rehausser la splendeur d'un mythe cher et alimenter une commune vanité. »

(La clef des songes, p83-80, pagination du fichier pdf: clefsonges.pdf, http://matematicas.unex.es/~navarro/res/clefsonges.pdf.)

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