Un crieur à Chambéry, pour montrer les besoins d'hébergement des demandeurs d'asile.

Tôt le matin à Chambéry, un crieur énonce les défauts d'hébergement constatés la nuit précédente. Qu'ils soient visibles ou non (à la rue ou logés de manière souvent précaire par des tiers), la mise à l'abri de chacun est de la responsabilité de l'état. Que cette description détaillée aide à mettre en oeuvre les moyens nécessaires au voeu exprimé par le Président de la République.

 Ce jeudi 10 août 2017, 8h15

 Monsieur le Préfet,

Il est l'heure : agissez !

Depuis plusieurs semaines, nous constatons que des enfants, des femmes et des hommes - faute de place d'hébergement - dorment dans la rue. Ce sont des personnes migrantes qui fuient leur pays parce qu'elles n'ont pas le choix. Ça se passe à Chambéry, ici aujourd'hui ! 

Cette nuit, nous avons rencontré 20 personnes qui ont dormi dans la rue : 12 seules & 2 familles. Et encore, nous n'avons pas rencontré tout le monde, certaines personnes se cachent.

Les personnes seules : 

Environ 10-15 personnes venant d'Albanie et 10-15 personnes venant d'Afrique

Au niveau des familles :

Une famille syrienne logée à l’hôtel par un réseau de solidarité syrien depuis plusieurs jours

Une maman et son fils serbes, vulnérables, à la rue

Une famille arménienne avec enfants 11 et 17 ans qui viennent d’arriver à Chambéry

Une mère afghane avec ses 2 filles en bas âge, logeant dans un studio chez son frère dans des conditions très précaires

Deux femmes seules (nigériane, guinéenne) dehors

L'accueil de jour nous a signalé hier que 70 personnes étaient dans une situation précaire ou de non hébergement.

Pour tous, peu de solutions via l'appel d'urgence du 115. Parfois 2-3 nuits à Saint Jean de Maurienne, parfois un hébergement provisoire chez des citoyens.

La Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 est explicite :

  • Art.25: Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires (…)

Il est de la responsabilité de l'Etat d’offrir une solution d’hébergement à toutes ces personnes. Même le Président de la république l'a rappelé le 27 juillet dans son discours d'Orléans : « d'ici la fin de l'année, je ne veux plus personne dans les rues, dans les bois ». 

Nous vous avons signalé cette situation ici même le 30 juin, puis le 5 juillet. Dans l'accueil de ces personnes à la rue, rien n'a été fait !

Nous vous demandons que personne ne se retrouve à la rue : à Chambéry et ailleurs en Savoie. Votre responsabilité est engagée, alors, qu'attendez vous pour agir ? En attente d'hébergement par les services publics, nous serons présents tous les jours à 8h15.

Des citoyens chambériens mobilisés, des associations chambériennes solidaires

crieur-chambery

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.