Billet de blog 4 déc. 2022

Cédric Lépine
Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux
Abonné·e de Mediapart

"La Kahina, la reine berbère" de Simon Treins, Dragan Paunovic et Scarlett

Au VIIe siècle, alors que les armées omeyyades lancent de grandes offensives pour conquérir tout le Maghreb, une femme berbère surnommée La Kahina (la devineresse, la prophétesse) en raison de ses dons pour lire l'avenir, unifie les nations berbères et l'armée byzantine pour repousser l'envahisseur.

Cédric Lépine
Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Parution du roman graphique : La Kahina, la reine berbère de Simon Treins, Dragan Paunovic et Scarlett

Au sein de sa série « Les Reines de sang », les éditions Delcourt mettent en avant les personnages féminins historiques qui ont pu disposer d'un pouvoir non négligeable et qui ont ainsi marqué leur temps. En l'occurrence, La Kahina fut une figure héroïque de la résistance des cultures du Maghreb au moment où débutent les conquêtes musulmanes au VIIe siècle. Même si elle réussit à s'unir aux Byzantins venus de Carthage, elle rejeta en bloc avec dignité et fierté aussi bien la misogynie des chefs religieux chrétiens et musulmans. Elle est ainsi devenue une icône pour les féministes quelques siècles plus tard, Gisèle Halimi l'évoquant dans son livre Femmes algériennes : de la Kahina au Code de la Famille où elle dénonçait l'aspect rétrograde du Code de la famille adopté en Algérie en 1984 par l'Assemblée nationale populaire et qui incluait plusieurs éléments de la charia soutenue par les islamistes. L'historien arabe Ibn Khaldoun lui donne une place non négligeable dans ses récits. La Kahina est aussi une icône de l'esprit d'indépendance berbère face aux prétentions à l'homogénéisation des cultures imposées par les monothéistes virulents.

Dans ce roman graphique, La Kahina se présente en fin stratège militaire pour repousser les offensives toujours plus conséquentes en nombre des omeyyades. Ses pouvoirs qui lui permettent de lire l'avenir, héritage de son indépendance féminine, lui offre également un avantage non négligeable sur ses adversaires, échafaudant des plans de bataille aussi bien que déjouant les tentatives d'assassinat à son égard.

Dans un esprit multiculturel, en plus de la présence byzantine à Carthage, un mercenaire viking entre à son service pour devenir son garde du corps. La Kahina va encore plus dans sa promotion de la rencontre et de l'union des nations en adoptant un fils musulman suite à une bataille où elle laisse la vie sauve à ce jeune homme. Les batailles sont impressionnantes par le nombre des armées mobilisées et particulièrement sanglantes et cruelles, le titre « Reines de sang » de cette série n'étant ici pas un vain mot, pris au pied de la lettre. ²

La Kahina, la reine berbère
de Simon Treins (auteur), Dragan Paunovic (illustrateur) et Scarlett (coloriste)

Nombre de pages : 56
Format : 23 x 32,1 x 1,2 cm
Date de sortie (France) : 15 juin 2022
Éditeur : Delcourt
Série : Les Reines de sang
Collection : Histoire & histoires

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans Le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte