"Cinéma zénith / 3" un roman graphique d’Andrea Bruno

Dans ce troisième tome, une jeune femme erre dans une ville ravagée par la guerre où les survivants se sont réfugiés dans une salle de cinéma et plus particulièrement sur la pellicule d’un film.

Au sujet du roman graphique Cinéma zénith/3 d’Andrea Bruno

Dans un grand format inédit de 28 sur 40 cm, cette histoire en Noir & Blanc et peu de paroles s’ouvre comme dans une étrange salle de cinéma qui aurait sa vie propre. Dans une ambiance post apocalyptique d’une ville ravagée par la guerre laissant peu d’échappatoire, une mystérieuse salle de cinéma protège et enferme les derniers survivants. L’ambiance de destruction rappelle l’univers des films de Béla Tarr tout comme la description graphique mise en œuvre par Andrea Bruno. Le peu d’éléments rationnels présents à l’image ne permet pas d’avoir des données concrètes pouvant rattacher le lecteur au réel : le monde est un véritable cauchemar éveillé dans lequel une jeune femme perd pied et ne trouve pas d’alliés pour saisir exactement les enjeux en cours auxquels elle est confrontée. Le personnage principal erre ainsi comme un être sans vie, déconnectée de la réalité tangible où l’on peut effectivement envisager progressivement de perdre pied et de se croire enfermer sur une pellicule de cinéma tournant en boucle sans fin. Andrea Bruno par son univers visuel crée un cadre qui est toujours plus hallucinant par le cauchemar d’un monde où les refuges sont inexistants et toute organisation humaine n’est plus fiable pour faire face. C’est aussi les ravages traumatiques de la guerre marqués au plus profond d’une âme humaine que ce récit envisage avec une grande perspicacité.

 

 

9782878272345-384x549
Cinéma zénith/3
d’Andrea Bruno
traduit de l’italien par Sylvestre Zas

Nombre de pages : 32
Date de sortie (France) : juin 2019
Éditeur : Rackham
Collection : Le Signe noir

 

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