Billet de blog 26 oct. 2021

"Défense du poil. Contre la dictature de l’épilation intime" de Stéphane Rose

Face à la généralisation mondialisée de l’épilation intime de plus en plus intégrale chez les femmes et à présent chez les hommes, Stéphane Rose ouvre le débat pour comprendre les enjeux de cette standardisation d’autant plus violente qu’elle touche l’intimité de chacun.e.

Cédric Lépine
Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Parution du livre Défense du poil de Stéphane Rose

En quelques décennies, l’intolérance à l’égard des poils a pris des proportions jusque-là jamais vues aux quatre coins du globe qui va de paire avec la médiatisation d’Internet. Même si l’épilation n’est pas un phénomène moderne et que l’on trouve les traces dans les premiers temps de l’histoire humaine, ces dix dernières décennies ont largement imposé un canon esthétique dans l’intimité. Stéphane Rose, dans cette nouvelle édition complétée de son ouvrage écrit pour la première fois une décennie plus tôt, mène une large réflexion sur les causes de cette « dictature de l’épilation intime » pour en comprendre les enjeux et leur signification. Il rappelle ainsi la très large influence que la diffusion de la pornographie mainstream depuis le début du nouveau millénaire sur Internet a entraîné, notamment auprès des nouvelles générations à la découverte de leur propre sexualité. Stéphane Rose met en valeur le fait que l’épilation intégrale des sexes avait un intérêt visuel explicite pour la production pornographique où il s’agit encore d’accentuer la visibilité des pénétrations et des organes sexuels devant la caméra. Le goût pédophile pour les sexes épilés n’est ainsi pas forcément un argument de ces productions mais traduit plutôt une réalité sociologique du refus du vieillissement du monde actuel. L’épilation est également un enjeu économique important compte tenu de tous les produits qui sont vendus pour assurer cette lutte régulière du poil : le marketing en est d’autant plus virulent !

Quant à l’injonction de faire de la femme un objet sexuel soumis au plaisir et au désir masculin, voilà encore un des tristes moteurs qui se cachent derrière cette pratique quand elle ne participe pas d’une décision délibérée.

Sans s’opposer à la pratique, Stéphane Rose nourrit une réflexion utile et perspicace sur cette main-basse de l’intime au nom des stratégies néolibérales actuelles.

Défense du poil. Contre la dictature de l’épilation intime
de Stéphane Rose

Nombre de pages : 140
Format : 130 x 185 mm
Date de sortie (France) : 24 juillet 2020
Éditeur : La Musardine
Collection : L’Attrape-corps

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
L’impunité et la lâcheté des puissants
Après la révélation des accusations contre l’ancien ministre, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire. Au-delà de son devenir judiciaire, cette affaire nous interpelle sur l’insuffisance de la lutte contre les violences sexuelles et sur l’impunité des sphères de pouvoir.
par Lénaïg Bredoux
Journal — International
Le nouveau variant Omicron, identifié en Afrique australe, déjà repéré en Europe
La communauté scientifique est en alerte depuis l’identification d’un nouveau variant au Botswana. Les premiers séquençages en Afrique du Sud font craindre une propagation à grande vitesse. L’Organisation mondiale de la santé vient de le classer parmi les variants préoccupants et l’a baptisé Omicron.
par Caroline Coq-Chodorge
Journal — International
UE : Paris et Rome s’accordent à moindres frais pour tenter de peser dans l’après-Merkel
Emmanuel Macron et Mario Draghi ont conclu un traité pour tourner la page des années de tensions entre la France et l’Italie. Une façon aussi, pour le président de la République, de se rapprocher d’un homme bien plus influent que lui sur la scène européenne.
par Ludovic Lamant et Ellen Salvi
Journal — France
Dans la Manche, les traversées de tous les dangers
Le naufrage meurtrier survenu le 24 novembre, qui a coûté la vie à 27 personnes, rappelle les risques que les personnes exilées sont prêtes à prendre pour rejoindre les côtes anglaises. En mer, les sauveteurs tentent, eux, d’éviter le plus de drames possible.
par Sheerazad Chekaik-Chaila

La sélection du Club

Billet de blog
L'Europe-forteresse creuse sa tombe dans le faux abri de ses fantasmes d'invasion
L'épisode dramatique à la frontière Pologne/Biélorussie confirme une fois de plus la fausse sécurité d'une Europe-forteresse qui se croit en sécurité en payant pour refouler et bloquer migrants et réfugiés, ignorant ses fondements, ses valeurs, son histoire. La contre-offensive massive à rebours des renoncements successifs matraqués en certitudes au coin du bon sens est une nécessité vitale.
par Georges-André
Billet de blog
Ça suffit ! Pour un accueil inconditionnel des exilé.es
Allons-nous continuer à compter les morts innocents et à force de lâcheté, d’hypocrisie et de totale inhumanité, à nous faire contaminer par un imaginaire rance de repli sur soi qui finira par tout.es nous entraîner dans l’abîme ? Non, il faut commencer par rétablir les faits avant que de tout changer en matière de politique migratoire et de droit des étrangers.
par Benjamin Joyeux
Billet de blog
À l'indignation, monsieur Darmanin, a succédé la rage
Au lendemain du drame qui a coûté la vie à 27 personnes dans la Manche, Michaël Neuman, directeur d'études au Centre de réflexion sur l'action et les savoir humanitaires de la fondation MSF, dénonce les responsabilités de l'État français et du ministre de l'Intérieur.
par Médecins sans frontières
Billet de blog
Migrants : du naufrage aux larmes de crocodile
Qu’elles sèchent vite, les larmes de crocodile ! De plus en plus vite, car il y en a de moins en moins, de larmes. Même de crocodile. Et surtout pour les réfugiés. Vous vous rappelez la photo du petit corps d’Aylan, 3 ans, rejeté sur une plage de Bodrum en 2015 ? Nous oublierons tout aussi vite le naufrage qui a tué 27 migrants dans La Manche, mercredi. Place au Black Friday !
par Cuenod