Mouvottes

Il y a voyage et voyage. Il est des voyages librement consentis et des voyages couleur exil. Des voyages organisés, des voyages en troupeau, des traversées solitaires, des voyages hors des clous, des voyages  lents et prudents, et des aventures dangereusement extravagantes. Des voyages énergivores et des voyages décroissants.

Il y a voyage et voyage. Il est des voyages librement consentis et des voyages couleur exil. Des voyages organisés, des voyages en troupeau, des traversées solitaires, des voyages hors des clous, des voyages  lents et prudents, et des aventures dangereusement extravagantes. Des voyages énergivores et des voyages décroissants. Des voyages imaginaires et de fines navigations au sextant. Des voyages immobiles. Des voyages migratoires pour échapper à la guerre, à la misère, à la montée des eaux.  Des voyages-bataille. Des voyages aveugles.

Des voyages dans un verre d’eau, dans l’infini du monde, d’un bout à l’autre de la planète, au creux des songes.

Il n'y pas plus de départ, plus d'arrivée. Rien que le temps qui prend tout son temps. Le temps de l'instant.

Alors, c’est quoi voyager ? Des bougeottes ?  Des mouvottes ?

La bougeotte serait une manie, la manifestation d‘une insatisfaction, un manque impossible à combler.  Une mouvotte, j’invente le mot, c’est se mouver, de l’anglais to move. S’émouvoir, se mouvoir, émouvoir, déménager, être ému.

Des roulottes ? Des sentiers buissonniers ?  Des errances ? Des envies de disparaître ? Une nécessité quand on n’a plus de maison ? Et pourquoi vouloir aller toujours plus loin ? Aller ailleurs ? Jouer à être différent quand on n’est plus chez soi? Jouer à être quelqu’un d’autre ? Pour se trouver ? Pour se perdre ? Pour s’enrichir, s’appauvrir, partager, se faire oublier ?  Colporter les nouvelles ?

Voyager, c’est naître, renaître, mourir, démourir ?

Amis nomades, vous qui avez les pieds qui vous démangent, vous qui dessinez vos minuscules traces humaines dans l’espace et le temps, comme des escargots, des poissons, des oiseaux ou des comètes, ces traces que personne ne voit vraiment mais qui sont notre essence même, cette édition vous est ouverte.  Nous y poserons, en toute insouciance, nos récits, nos poèmes, nos photos, nos chants, nos histoires. Ici, nous nous rencontrerons.  Car le plus excitant des voyages n’est-il pas d’aller à la rencontre de l’autre ?

 

Allez mouve, hotte / mouve ta hotte mon pote


Quand tu m’émouves la grotte / je me frotte, sotte, aux portes


Balance-moi dans la roulotte / que je te rouline la culotte


On dit que j’ai la bougeotte / je ne sais où poser ma crotte


Je te meus je te trotte / mouve-moi la hotte / quoi la tremblotte ?


Louvoie-moi ces cloportes / roucoule donc belle lotte


Je façonne molles mottes / mouve de là mon fox trotte



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