"Bayoneta" un film de Kyzza Terrazas

Le boxeur mexicain « Bayoneta » se retire de la compétition après un incident traumatisant sur le ring et se retrouve sur un long chemin de rédemption au fin fond de la Finlande.

"Bayoneta" de Kyzza Terrazas © DR "Bayoneta" de Kyzza Terrazas © DR
Sortie du 29 mars 2019 sur Netflix : Bayoneta de Kyzza Terrazas

Après El Lenguaje de los machetes (2011) en compétition au festival Cinélatino de Toulouse et le documentaire Somos lengua diffusé au festival Viva Mexico à Paris, le nouveau long métrage de Kyzza Terrazas est lui aussi visible en France et cette fois à travers la plateforme internationale Netflix depuis le 29 mars 2019. Si l’on peut considérer comme un genre le film de boxe, du moins le film s’inscrit dans une histoire de films mettant à l’honneur ce sport, notamment autour de success story à l’instar de la saga Rocky. Sauf qu’il s’agit ici avec Bayoneta davantage d’un drame autour de la destinée d’un homme qui peine à sortir de sa propre autodestruction. Le projet de ce film est assez étonnant, avec un cinéaste mexicain et son équipe mexicaine, dont la star mexicaine Luis Gerardo Méndez qui s’en vont sur un tournage en Finlande, au pays du cinéma de Kaurismäki, comme s’il s’agissait de retrouver l’âme des personnages torturés propres à ce cinéaste finlandais.

Le film est malheureusement trop centré sur le personnage éponyme interprété par Luis Gerardo Méndez, le tout à travers un récit et une mise en scène très formels, trop formels, où les séquences se succèdent sans apporter de la moindre consistance. L’histoire ne sort pas de la routine de la mise en scène propre au cinéma indépendant américain à l’exception de quelques séquences semi oniriques qui reviennent comme un leitmotiv fantastique avec un renne. Au moment où le film affronte enfin le questionnement de l’autodestruction et de l’autosabotage du personnage principal, le film semble commencer après plus d’une heure. Le film apparaît phagocyté par l’acteur principal et tous les autres acteurs autour de lui n’ont aucune opportunité pour faire vivre leur personnage, à l’exception de Sarita mais dont le personnage est trop vite abandonné. Le film n’en reste pas moins un drame honnête sur le thème de la boxe, sujet prétexte à créer du récit de manière un peu trop artificielle, comme si le cinéaste n’avait au final que peu de choses à raconter.

 

 

affich-77392-1
Bayoneta
de Kyzza Terrazas
Fiction
101 minutes. Finlande - Mexique, 2018.
Couleur
Langues originales : anglais, espagnol, finnois

Avec : Luis Gerardo Méndez (Miguel), Brontis Jodorowsky (Denis), Laura Birn (Sarita), Ilkka Koivula (Jyrki), Miriam Balderas (Erika), Jarmo Esko (l’homme dans l’appartement), Harrison Jones (le caméraman), Dom Lamar (le caméraman), Joonas Saartamo (Remu), Ville Virtanen (Jaakko)
Scénario : Kyzza Terrazas, Rodrigo Marquez-Tizano
Images : Guillermo Garza
Montage : Yibran Asuad
Musique : Topias Tiheäsalo
Décors : Ivonne Fuentes
Direction artistique : Antti Nikkinen
Costumes : Anna Terrazas
Maquillage : Adam Zoller
Seconde assistante réalisatrice : Nadia Ayala Tabachnik
Production : Panorama Global, Redrum, Woo Films
Producteurs : Maria Jose Cordova, Johanna Enäsuo, Gerardo Gatica, Rodrigo Sebastian Gonzalez, Rafael Ley, Luis Gerardo Méndez, Stacy Perskie, Kyzza Terrazas
Producteur exécutif : Alberto Muffelmann
Distributeur (France) : Netflix

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.