"Vers la bataille" un film d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux

Dans les années 1860, un photographe français accepte de partir au Mexique suivre avec ses prises de vue la guerre menée par l’armée impériale de Napoléon III pour coloniser le pays.

"Vers la bataille" d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux © Rezo Films "Vers la bataille" d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux © Rezo Films
Sortie nationale (France) au cinéma du 26 mai 2021 : Vers la bataille d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux

Pour son premier long métrage de fiction, Aurélien Vernhes-Lermusiaux s’est pleinement donné les moyens d’un projet ambitieux dans cette histoire en costumes, western français contemplatif en terres mexicaines. Il est ainsi question de l’un des premiers reporters de guerre à partir d’une inspiration libre de sources historiques. Dans cet attrait pour le champ de bataille à l’autre bout du monde, on retrouve certes des thématiques contemporaines associées aux recherches plastiques de films inspirés par Jauja de Lisandro Alonso, Zama de Lucrecia Martel, Aguirre de Werner Herzog ainsi qu’Apocalypse Now de Coppola mais l’esprit de démesure baroque en moins. Au cœur du film est interrogé l’esprit colonisateur français il y a 150 ans comme maintenant, issu d’une même dynamique qui n’a toujours pas disparu au fil du temps où il s’agit toujours de semer la mort à l’autre bout du monde dans la folie pour un pouvoir politique de justifier son exercice par le contrôle de l’Autre. Et l’altérité que Louis, le photographe français du film joué avec conviction par Malik Zidi entre rage retenue et fausse apparence pacifique, cherche à saisir avec sa caméra sur un champ de bataille, il la trouvera dans son propre aveu profond de désir de mort.

À l’instar de son personnage principal, Aurélien Vernhes-Lermusiaux ne se contente pas de réaliser un beau film contemplatif inspiré par des grandes œuvres de l’histoire du cinéma, il cherche à interroger sans cesse le regard du spectateur dans sa propre contemporanéité. Dans cet objectif, la composition musicale originale de Stuart A. Staples du groupe Tindersticks, crée une âme telle une turgescence de la mise en scène du film. La musique incarne aussi bien le personnage principal, ses états d’âme que les paysages quasi mystiques dans lesquels il s’inscrit et plonge même jusqu’à en épouser la terre.
Une singulière odyssée à apprécier pleinement au cinéma en grand format pour fêter le retour de la réouverture des salles de cinéma !

 

 

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Vers la bataille
d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux
Fiction
89 minutes. France, 2019.
Couleur
Langues originales : français, espagnol, anglais

 

Avec : Malik Zidi (Louis), Leynar Gomez (Pinto), Thomas Chabrol (le général Trochu), Maxence Tual (le déserteur), Cosme Castro (le lieutenant Barbu), Andrew Leland Rogers (Matthew Sullivan), Nelson Camayo (l'officier mexicain), Olivier Chantreau (Marcus), Sébastien Chassagne (Francis), David Ojalvo (le soldat américain)
Scénario : Aurélien Vernhes-Lermusiaux et Olivier Demangel
Images : David Chambille
Montage : Thomas Glaser
Musique : Stuart A. Staples
Son : Jocelyn Robert, Julien Roig, Emmanuel Croset
Décors : Jaime Luna
Costumes : Catherine Rodriguez
Maquillage : Ana María Jauregui
Casting : Pierre-François Créancier et María Casadiego
Assistante réalisateur : Célie Valdenaire
Scripte : Maria Prual
Production : Noodles Production
Producteur : Julien Naveau
Directeur de production : Diego Urgoiti-Moinot
Producteur associé : Jérôme Vidal
Coproductrice : Diana Ramos Medina
Distributeur (France) : Rezo Films
Ventes internationales : Be for Films
Presse : Rachel Bouillon

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