L'affaire de Bobigny ou la rupture du Pacte républicain

Le 10 décembre dernier, le Tribunal correctionnel de Bobigny a condamné à des peines d'emprisonnement fermes sept policiers pour des faits de dénonciation calomnieuse et de faux en écriture, ayant consisté à rédiger de faux procès-verbaux accusant à tort un homme au volant d'une voiture d'avoir renversé un policier, et ce pour expliquer une course poursuite au cours de laquelle l'homme avait été blessé.

Un certain nombre de policiers a protesté devant le Palais de Justice de Bobigny en utilisant leur voiture de service, avec gyrophare illuminés et sirènes hurlantes, soutenus par certains syndicats de police accusant de manière inacceptablece Tribunal de laxisme vis-à-vis des « trafiquants, braqueurs et auteurs de tentative d'homicide ».

Le Ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a choisi de qualifier ce jugement de « disproportionné » et de se réjouir de l'appel immédiatement formé par le Parquet, plutôt que de dénoncer les dérives de certains policiers, qui venaient d'être condamnées par la justice, d'appeler au respect du droit et de l'institution judiciaire et de sanctionner les policiers trublions qui se sont ainsi manifestés devant le Tribunal de Bobigny.

En légitimant le comportement scandaleux de ces policiers, le Ministre de l'Intérieur a une nouvelle fois ouvert la « chasse aux juges ».

Le Club DJS dénonce cette réaction inadmissible du Ministre de l'Intérieur qui constitue une atteinte grave aux institutions de notre République.

Le Club DJS souligne que parmi les policiers de Seine-Saint-Denis, nombreux sont ceux qui n'attendent pas de leur ministre qu'il les pousse à enfreindre les lois, mais qu'il leur donne les moyens humains et matériels de remplir leurs missions dans le respect des principes de la République et dans la sérénité nécessaire à l'accomplissement de la justice.

Le Club DJS appelle au respect du droit, sans lequel la légitimité des policiers et l'efficacité même de leur difficile lutte contre la délinquance seraient remises en cause.

Le Club DJS rappelle que le respect de l'institution judiciaire et des valeurs républicaines doit être assuré en premier lieu par les dépositaires de l'autorité publique et qu'il appartient au Ministre de l'Intérieur d'en être le garant.

Le Club DJS souligne enfin qu'il est devenu, aujourd'hui, prioritaire de restaurer la confiance entre la police, la population et les magistrats.

 

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