Coup de tête de Guéant ?

L'hebdomadaire France Football avait sans doute penser avoir une belle accroche mercredi dernier en titrant: "Sarkozy. L'autre président du PSG. Comment l'ancien chef de l'Etat s'implique dans la vie du champion de France". Malheureusement, il en va ainsi de l'actualité, la politique et le football, ce ne fut pas Sarko et le PSG mais Blatter, sa réélection à la tête de la FIFA et la corruption avec les arrestations du FBI. Pourtant, l'article consacré à l'ancien président de la République n'est pas sans intérêt.

L'hebdomadaire France Football avait sans doute penser avoir une belle accroche mercredi dernier en titrant: "Sarkozy. L'autre président du PSG. Comment l'ancien chef de l'Etat s'implique dans la vie du champion de France". Malheureusement, il en va ainsi de l'actualité, la politique et le football, ce ne fut pas Sarko et le PSG mais Blatter, sa réélection à la tête de la FIFA et la corruption avec les arrestations du FBI. Pourtant, l'article consacré à l'ancien président de la République n'est pas sans intérêt.

Quand un journaliste sportif met le pied en politique, on croit parfois déceler quelque candeur. En effet, interroger Enrico Macias pour savoir ce qu'il en est du rôle effectif de Sarkozy en lien avec la direction du Paris Saint-Germain ne relève pas du journalisme d'investigation. Et c'est le moins que l'on puisse dire lorsque l'on lit les propos enthousiastes du chanteur: "Il y avait des matches le dimanche après-midi, il [Sarkozy] venait avec ses deux premiers enfants, tout petits à l'époque. On s'est liés d'amitié grâce au PSG. Dans la tribune, j'étais positionné juste derrière lui. Je m'amusais avec ses fils pendant le match. Je leur grattais la tête pendant la rencontre, je leur donnais des petits coups, Nicolas se retournait, il rigolait, je le faisais rire..." Avec de tels témoignages, le journaliste de l'hebdomadaire était bien mal embarqué et eût dû couper tout ça au montage...

Il n'en va pas de même du témoignage de Claude Guéant, pour une fois bien prolixe et surtout moins enthousiaste. A lire ses mots, on en vient à se demander s'il n'en veut pas à son ancien patron d'être ainsi plongé lui-même dans les ennuis judiciaires et, peut-être, de se sentir un peu lâché. Car, d'une certaine manière, il balance: "Quand il était ministre de l'Intérieur, il n'hésitait pas à donner son avis sur le recrutement... Il avait toujours un avis sur tout. C'est encore le cas aujourd'hui. Je crois que Nicolas Sarkozy continue à dire très clairement aux dirigeants actuels qu'il faudrait recruter tel ou tel joueur ou qu'il faudrait faire telle ou telle chose..." Bon, là, rien d'étonnant, un avis sur tout, on s'en doute. On a par contre un peu de mal à le croire lorsqu'il ajoute plus loin que Sarkozy se rêvait en président... du PSG. N'est-ce pas une manière de tacler le nouveau président... des Républicains? Car c'est signifier que pour lui, la politique ou le football, peu importe, il faut être président quoi qu'il arrive. Mais le meilleur est à venir:

"Nicolas Sarkozy ne répugne pas à donner des conseils à Nasser [Al-Khelaïfi]. Je sais qu'il le voit de temps en temps en dehors du Parc [des Princes]. Je crois même que Nicolas Sarkozy et Nasser se rencontrent fréquemment. Ils ont une relation de confiance. Nasser aime bien l'écouter, avoir ses avis. Nicolas Sarkozy l'a beaucoup aidé à s'implanter, à faire son trou et à comprendre l'environnement. J'ai déjà vu Nasser une fois rue de Miromesnil, où Nicolas Sarkozy a ses bureaux, ceux auxquels il a droit en tant qu'ancien président. Et, moi aussi je rencontre Nasser pour diverses choses." La perfidie pourrait se trouver dans cette formulation: j'ai déjà vu Nasser une fois rue de Miromesnil... bureaux auxquels il a droit en tant qu'ancien président... En effet, il n'était pas utile à Claude Guéant, d'une part de préciser qui et où il a vu, d'autre part de rappeler que ce sont des bureaux payés par l'Etat. Mais on le sait bien, le conflit d'intérêts ne gêne aucunement aux entournures un ancien président qui se veut futur président. Cela gênerait-il désormais un ancien préfet?

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