Macron contre le peuple, bis repetita

Hier j’ai entendu un homme assez ridicule et visiblement au bout du rouleau s’affoler de la situation dans le pays. Il se trouve que c’était le président de la République française, un individu sans charisme qui a été mis au pouvoir par erreur par quelques milliers de personnes un jour obscur de divagation collective.

Ce président donc, qui était censé présenter un “plan” de soutien aux étudiants qui le réclament depuis des mois (pour celles et ceux qui ne se sont pas encore défenestrés) est encore sorti des sentiers battus. Il en a profité pour provoquer son peuple, mettant au défi ne serait-ce qu'une vélléité de changement chez lui. 

Ayons une petite pensée pour ses communicants qui travaillent nuit et jour pour tenter de présenter cet homme comme autre chose qu’un technocrate sans âme ni conscience.

Car le naturel revient toujours au galop, c’est ce qui est arrivé hier. Pour commencer, Macron s’est plaint de la “défiance” à la française des institutions pour dénoncer “une traque incessante à l’erreur”. Pour finir par dire qu’il en avait assez d’être jugé par “66 millions de procureurs”. Selon lui, “c’est pas comme ça qu’on fait face aux crises et qu’on avance”.

Vous, moi, les médecins et d’autres fanatiques de la traque, traquerions donc incessamment les erreurs du gouvernement dans la gestion de la crise.

Quelle drôle d'idée. Le Macron fait fausse route, pourquoi traquer quelque chose qui est si évident et en constant renouvellement ?

Ce serait franchement une traque aux enjeux bien maigres !

Non, nous ne traquons rien du tout, nous constatons seulement et avec dépit le triste spectacle qui nous est donné à voir depuis janvier 2020. Le seul blockbuster gratuit qu’aucun cinéma non essentiel ne pourrait nous donner et que l’on aurait préféré ne jamais voir.

Nous n’avons pas traqué les mensonges d’Etat sur les masques et sur le maintien des municipales. Nous n’avons pas traqué les bêtises chroniques de Véran depuis qu’il ne sert plus les cafés au ministère de la Santé. Nous n’avons pas traqué Buzyn ni Philippe et ses graphiques trafiqués! Nous n’avons pas traqué le fiasco sur les tests ni sur les respirateurs inutilisables. Nous n’avons pas traqué la fermeture des commerces pendant qu’on s’entasse dans des gigantesques centres commerciaux. Pas de traque non plus sur la stratégie vaccinale et le contrat McKinsey. Toujours pas de traque pour la souveraineté sanitaire enterrée et notre dépendance à Pfizer et Moderna.

Nous n’avons fait qu’observer simplement ce tableau fascinant qu’est l’incapacité de la start up nation à faire autre chose que des numéros verts pour gouverner un pays, et accessoirement le sortir de la crise.

Le fiasco est leur signature. La communication leur seule arme face au peuple qu’ils haïssent plus que tout.

Qu’ils ne se surestiment pas. Aucun besoin de traquer leurs erreurs, elles sont béantes et bien gênantes.

Que Macron ne pérore pas trop.

S’il y avait 66 millions de procureurs en France comme il le prétend, cette épouvantable usurpation de la fonction présidentielle serait depuis longtemps terminée.

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