Lutte Armée en Amérique Latine

Le III Coloque International sur la Violence Politique au XXe siècle s'est tenu du 24 au 26 avril 2019 à la Faculté des Sciences Humaines et des Arts de l'Université Nationale de Rosario en Argentine, dans le cadre des IV Journées de Travail du Réseau d'Etudes sur la Répression et la Violence Politique.

Le IIIe Coloque International sur la Violence Politique au XXe siècle s'est tenu du 24 au 26 avril 2019 à la Faculté des Sciences Humaines et des Arts de l'Université Nationale de Rosario en Argentine, dans le cadre des IVe Journées de Travail du Réseau d'Etudes sur la Répression et la Violence Politique, en collaboration avec le Núcleo de Estudios Contemporáneos / Universidade Federal Fluminense, Brésil; l'Instituto de Historia Contemporánea / Universidade Nova de Lisboa, Portugal, et le Centre d’Estudis sobre Dictadures i Democràcies / Universitat Autònoma de Barcelona, Catalogne.

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Le comité d'organisation était composé par Gabriela Águila, Pau Casanellas, Janaina Cordeiro, Ana Sofía Ferreira, Santiago Garaño, João Madeira, Lívia Magalhães, Pablo Scatizza et Renata Schittino, et le comité scientifiqueDaniel Aãrao Reis (Universidade Federal Fluminense), Luciano Alonso (CESIL / Universidad Nacional del Litoral), Ernesto Bohoslavsky (Universidad Nacional de General Sarmiento / CONICET), Pilar Calveiro (Universidad Autónoma de la Ciudad de México), Norberto Ferreras (Universidade Federal Fluminense), Marina Franco (Universidad Nacional de San Martín / CONICET), François Godicheau (Université Toulouse 2 - Jean Jaurès), Gutmaro Gómez Bravo (Universidad Complutense de Madrid), Manuel Loff (IHC / Universidade Nova de Lisboa), Daniel Lvovich (Universidad Nacional de General Sarmiento / CONICET), Martí Marín (CEDID / Universitat Autònoma de Barcelona), Fernando Rosas (IHC / Universidade Nova de Lisboa), Verónica Valdivia Ortiz de Zárate (Universidad de Santiago de Chile), et Mercedes Yusta (Université Paris 8). 

Les axes thématiques abordés ont été les suivants: 

Répression d'Etat et violence para-étatique; Conflits armés; Guerrillas, insurrections, pratiques armées; Violations des droits de la personne et des droits et libertés fondamentales; Violence sociale, domestique, de genre et ethnique; Les droites et la violence politique; Mémoire autour des processus traumatiques de violence; Confrontations, mutineries et formes de violence diffuse; Le contenu politique des actes de violence de droit commun; Torture, violence institutionnelle et répression sociale; Prison et institutions punitives et rééducatives; Législations répressives; Justice et formes de résolution de conflits. 

Historique du colloque:

En mars 2015, a eu lieu à l'Instituto de Historia Contemporánea (IHC) de l'Université Nova de Lisbonne, le Ier Colloque International sur la Violence Politique au XXe siècle. Cette rencontre proposa de se centrer sur la présence de la violence en tant que composante cruciale des disputes politiques et sociales qui ont marqué le XXe siècle, en élargissant la vision sur les diverses formes de violence politique et en permettant l'échange de points de vue entre historiens et chercheurs de différents pays.

En juin 2017, le IIe colloque s'est réalisé au siège de Niteroi de l'Université Fédérale Fluminense au Brésil, où l'on a cherché à donner une continuité aux débats intenses et fondamentaux qui avaient eu lieu à Lisbonne. Ce colloque a voulu promouvoir le dialogue transdisciplinaire entre professeurs, étudiants et chercheurs qui s'intéressent aux thèmes de la violence et des diverses formes sous lesquelles elle s'est présentée au siècle dernier. 

Le IIIe colloque (2019) - organisé par le Réseau d'Etudes sur la Répression et la Violence Politique et le Réseau International sur la Violence Politique - qui a eu lieu à l'Université Nationale de Rosario, a été la convergence de deux rencontres scientifiques ancrées dans des réseaux de chercheurs qui travaillent sur des terrains différents mais s'occupent de problématiques connexes. Ces rencontres permettent de renforcer et de multiplier les efforts réalisés dans leurs milieux académiques respectifs.

L'objectif était d'approfondir l'étude et la réflexion autour de la violence politique au XXe siècle dans différents contextes, tout en considérant les perspectives comparées, liées et transnationales, ainsi que de consolider et d'accroître les espaces d'échange et de débat sur la problématique, en favorisant les liens et échanges constitués en projets, associations et réseaux internationaux. Plusieurs panels ont été pour la première fois consacrés à la violence révolutionnaire et aux luttes armées. 

Panel "Lutte armée en Amérique Latine. Expériences historiques et débats actuels":

Lors de ce colloque, l'historienne argentine Luciana Seminara de l'Université Nationale de Rosario, membre du Centre Latinoaméricain de Recherches en Histoire Orale et Sociale (CLIHOS), et auteure de l'ouvrage Bajo la sombra del ombú. Montoneros Sabino Navarro. Historia de una disidencia (Imago Mundi, Buenos Aires, 2015), a organisé et commenté le panel "Lutte armée en Amérique Latine" avec quatre participants.

Panel "Lucha Armada en América Latina. Experiencias históricas y debates actuales" avec (de gauche à droite) Luciana Seminara (Argentine), Rolando Álvarez Vallejos (Chili), Isabel Priscila Pimentel da Silva (Brésil), Mora González Canosa (Argentine) et Anouk Guiné (France). Panel "Lucha Armada en América Latina. Experiencias históricas y debates actuales" avec (de gauche à droite) Luciana Seminara (Argentine), Rolando Álvarez Vallejos (Chili), Isabel Priscila Pimentel da Silva (Brésil), Mora González Canosa (Argentine) et Anouk Guiné (France).

Sont intervenus:

Mora González Canosa (CONICET-IdIHSC-Universidad Nacional de La Plata, Argentine): "Peronismo, izquierda y lucha armada. Balance bibliográfico y perspectivas analíticas sobre las organizaciones armadas del peronismo revolucionario en clave comparada". Cette présentation se propose de réaliser une analyse comparative des principales organisations armées du péronisme révolutionnaire (PR): FAP, FAR, Descamisados y Montoneros, un spectre hétérogène qui ne peut se réduire à cette dernière malgré l'hégémonie acquise sur la période donnée. Néanmoins, cela a été la tendance de la bibliographie jusque tout récemment, ce qui a invisibilisé le PR. En effet, un ensemble de clivages ont dinamité les débats en son sein, avec des divisions entre "movimientistas", "tendencistas" et "alternativistas" autour d'aspects centraux tels que le caractère du mouvement péroniste, ses secteurs internes et le rôle de son leader, la forme de penser la contradiction principale, l'objectif final du processus révolutionnaire et la stratégie pour l'impulser. Ces positions ont produit de forts débats entre les différentes organisations du PR et à l'intérieur des Montoneros, étant donné les groupes qui y ont convergé et les scissions connues par la suite. A partir de ces clivages et au moyen d'une stratégie méthodologique qualitative basée sur une révision bibliographique et des sources écrites, nous cherchons à réaliser non seulement une analyse comparée des organisations mentionnées, mais aussi un bilan de la production académique sur elles, en soulignant les apports et les défis pour un agenda de recherche sur le thème. 

Rolando Álvarez Vallejos (Universidad de Santiago de Chile): “Rebelión Popular de Masas: La tesis insurreccional del Partido Comunista de Chile contra la dictadura pinochetista (1973-1986)”. Il s'agit ici de tenter d'expliquer l'origine et les caractéristiques de la mise en place de la politique militaire du PC du Chili pendant la lutte contre la dictature de Pinochet. L'intervention d'acteurs internationaux a été décisive dans cette lutte, sans que celle-ci n'ait connu de consensus dans sa gestion communiste. De plus, son application pratique, à travers la création d'un "bras armé", a créé les germes d'une division postérieure. Depuis la perspective de cette présentation, les origines et les résultats de la dénommée politique de Rebelión Popular de Masas du PC du Chili doivent être compris par rapport à la triple problématique qu'a impliqué l'influence internationale, les divergences internes dans la direction de la collectivité et la tendance autonomiste innée de son appareil militaire. Les principaux résultats de ces dynamiques ont été non seulement des opérations militaires d'une haute complexité qui ont secoué la dictature, mais aussi l'échec de la perspective insurrectionnelle pour essayer de renverser Pinochet. 

Izabel Priscilla Pimentel da Silva (Universidade Federal Fluminense, Brésil): "De estudantes a guerrilheiros: a Dissidência Comunista da Guanabara-Movimento Revolucionário 8 de Outubro e a luta armada no Brasil". L'objectif principal de cet article est d'analyser la trajectoire de l'une des organisations révolutionnaires apparues au Brésil après le coup civico-militaire de 1964: a Dissidência Comunista da Guanabara (DI-GB). Créée en 1966 à partir de la rupture avec le Partido Comunista Brasileiro (PCB), la DI-GB se consolida en tant qu'organisation autonome et, insérée dans le contexte d'effervescence du mouvement étudiant brésilien qui atteint son apogée en 1968, exerça son leadership incontesté parmi les étudiants de Rio de Janeiro, tout en élargissant son expression au niveau national. Avec le recul du mouvement étudiant à la fin du premier semestre 1968 et la répression exacerbée, la DI-GB passa, au-delà des frontières universitaires, à la militance politique, se tournant vers les actions armées et abandonnant de manière progressive le mouvement étudiant. L'organisation devint célèbre suite à la conception et mise en oeuvre de la capture de l'ambassadeur des Etats-Unis en septembre 1969. Ce fut au cours de cette action révolutionnaire que les dissidentes de Rio de Janeiro adoptèrent le nom de Movimento Revolucionário 8 de Outubro (MR-8), organisation qui assuma un rôle d'importance dans les actions armées réalisées contre la dictature civico-militaire brésilienne, de la fin des années 1960 au début des années 1970. 

Anouk Guiné (GRIC-Université Le Havre Normandie, France): Augusta La Torre - co-dirigeante du Partido Comunista del Perú-Sendero Luminoso (PCP-SL) formé en 1970 avec Abimael Guzmán - construisit dans les années 1960 les fondations du Movimiento Femenino Popular (MFP), organisme généré du parti maoïste (comme résultat de "travail de masses") en vue de la "guerre populaire" (paysanne) initiée dans les Andes en 1980, dont l'objectif était de créer un "Etat nouveau". Cet important mouvement de femmes (ouvrières, paysannes, étudiantes, intellectuelles) marque le début d'un type de "féminisme prolétaire" indigène inspiré de Marx, Engels, Lenin et Mao, mais principalement de José Carlos Mariátegui. Dans la mesure où "les femmes luttent contre la hausse constante du coût de vie qui affecte l'intégrité physique de la classe et du peuple", il s'agit de les mobiliser et de les éduquer pour leur émancipation dans le cadre de la "lutte des classes" et "contre les thèses bourgeoises de la libération de la femme". Le Movimiento Femenino Popular est radicalement différent des autres mouvements populaires de femmes de l'époque. Nous verrons pourquoi le PCP-SL a attiré tant de femmes et examinerons le rôle du MFP et de Augusta La Torre pendant la "lutte armée" contre l'Etat péruvien, en mettant l'accent sur les divisions internes à la direction du parti. Ce travail de recherche opère une rupture épistémologique dans le but d'un entendement contre-hégémonique de l'histoire des femmes du PCP-SL.

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Le programme complet du colloque est disponible ici: 

Programme du colloque (pdf, 1.1 MB)

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