Les multiples marches des Algériens

Les jeunes ont appris l’histoire écrite sous l’influence des anti démocrates, celle du parti unique, de la pensée unique avec l’ouverture « démocratique » du temps de Chadli avec les islamistes que Bouteflika développera jusqu’à amnistier les assassins.

Les images* de l’une d’elle intitulée "La marche des démocrates" visible sur YouTube, organisée par des partis politiques le jeudi 10.05.1990 s'dresse aujourd'hui à ceux et celle qui veulent faire table rase de notre passé. Ils ne le font que pour cacher leur véritable intention criminelle qui est l'instauration d'un Etat théocratique à l'Iranienne, à la Turque ou à la Saoudienne. Ils dénigrent le passé sans distinction non pas pour aller à la démocratie mais bien au contraire pour annihiler son vent qui souffle depuis le 22 février et qui risque d'emporter tous les anti démocrates de l'intérieur et de l'extérieur du pouvoir, ceux nichés dans l'économie informelle, à l'intérieur et à l'extérieur du pays. La démocratie est une revendication portée depuis des lustres, car elle permet de cheminer vers la dignité qui ne peut s’épanouir que dans l’égalité entre les hommes et les femmes. C'est cette égalité qui caractérise la Révolution surnommée la Silmiya. Le journaliste Mustapha Benfodil nous apprend que les jeunes étudiants ce mardi 18.06.19 brandissaient en tête du peloton, des bannières à l'effigie de Ben M’hidi (1920-1957) et Ben Badis (1889-1940) ainsi que la banderole ou est inscrit « badissiste-novembristes. Cet amalgame entre des culturalistes et des indépendantistes n’est pas nouveau et on a des traces dans le livre consacré à Larbi Ben M’hidi par son compagnon El-Hachmi Trodi ou il relève ce rapprochement mensonger des deux hommes. Il dénonce cette imposture dans le journal El-Moudjahed du 16.11.1981.Pour le prouver Il nous informe que Ben M’hidi avait fréquenté le regretté cheikh El-Abed Smati. « Ce dernier eut une influence spirituelle déterminante sur lui ». Il faut savoir que cet enseignant a été rejeté de l’association des Oulamas fondée par Ibn Badis,à cause de ses idées indépendantiste. Cet illustre professeur « fut arrêté au Djebel Aria de Constantine et conduit en prison où il connut les pires tortures » contrairement aux « badissistes » qui ne rejoignirent les « novembristes » (ceux qui déclenchèrent la lutte de libération nationale du 1er Novembre 1954), que contraints et forcés.

Les jeunes d’aujourd’hui ont appris l’histoire écrite sous l’influence des antidémocrates, celle du parti unique, de la pensée unique avec l’ouverture « démocratique » du temps de Chadli avec les islamistes que Bouteflika développera jusqu’à amnistier les assassins pour élaborer une« Réconciliation » à s’acheter une paix à l’ombre des islamistes et fera du sanguinaire chef de l’AIS une personnalité nationale.

 Les jeunes  doivent savoir que ces antidémocrates pour garder le pouvoir préfèrent s’allier aux islamistes qu’aux démocrates. C’est la marque du système depuis l’indépendance. Cette simple équation est embrouillée par ceux qui préconisent l’Etat de droit sans jamais préciser de quel droit ? Est-ce celui  du code de la famille en vigueur ou celui qui pénalisera l’inégalité entre l’homme et la femme, le racisme, l’utilisation de la religion dans la sphère politique...celui qui déclarera que le colonialisme est un crime contre l’humanité. Oui c’est le système qui privilégie l’islamisme à la démocratie qui doit partir pour que nous puissions cheminer vers les libertés

Ceux qui comparent la « Badissiâ » à l’extrême droite européenne énoncent ce qui caractérise cette dernière mais omettent de préciser ce qui caractérise la « Badissiâ ». Si en Europe les extrémistes ont de la haine de l’étranger et particulièrement africain les nôtres l’ont envers les libertés individuelles et particulièrement celle des femmes. Saadeddine Kouidri

*Youtube.com ou YOUTUBE dz  La marche des démocrates en 1990 0001 d’une durée de 2’53

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.