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Le Club de Mediapart jeu. 25 août 2016 25/8/2016 Dernière édition

Côte-d'Or/François Sauvadet : "J’ai tari la source pour voir les réactions des médias"

Certes, les liaisons n'ont jamais été très dangereuses entre dijOnscOpe et le conseil général de Côte-d'Or, votre journal n'ayant guère hésité à mettre ses pieds numériques dans quelques-uns des plats concoctés par l'institution

Certes, les liaisons n'ont jamais été très dangereuses entre dijOnscOpe et le conseil général de Côte-d'Or, votre journal n'ayant guère hésité à mettre ses pieds numériques dans quelques-uns des plats concoctés par l'institution (Lire ici et ici nos articles).

Pourtant, il nous semblait qu'à défaut de proximité, le respect était de mise et les rôles de chacun clairement déterminés. A lui, la communication des initiatives départementales via communiqués, dossiers et invitations presse ; à nous, le décryptage de ces éléments pour vous informer le plus objectivement possible.

Apparemment, nous avions tort : le conseil général de Côte-d'Or pense encore que les médias se doivent d'être de fidèles extensions de son service Communication. Preuve en est : depuis janvier 2012, le conseil général a choisi - arbitrairement - d'écarter les médias qui ne suivent pas sa ligne et ses intérêts. Et le pire, c'est qu'il l'assume haut et fort...

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Le silence, une forme de censure ?

Vendredi 30 mars 2012, 9h53. Merci Twitter.

Via le réseau - plus exactement un tweet de Laurent Grandguillaume, adjoint au maire de Dijon et conseiller général PS de Côte-d'Or -, dijOnscOpe apprend que se tient une session du conseil... à laquelle nous n'avons pas été invités. Voilà deux fois que nous sommes écartés de l'événement, que nous avons pourtant toujours suivi, au même titre que les sessions du conseil régional de Bourgogne ou celles de la mairie de Dijon.

Jeudi 2 février 2012, lors de la précédente session, nous avions déjà contacté le service Communication pour comprendre les raisons de cet "oubli". Réponse : "Nous avons changé de méthodes, nous n'envoyons plus les invitations directement. Vous pouvez les retrouver sur notre site". Même scénario pour la visite presse quelques jours avant l'inauguration officielle du Muséoparc d'Alésia, jeudi 22 mars : dijOnscOpe n'a pas été invité. Réponse du conseil général : "Ce n'est pas nous qui nous occupons des invitations".

Or, nous savons que tout comme nous, certains confrères journalistes ne reçoivent plus rien. Pendant ce temps, d'autres reçoivent simplement l'invitation pour assister aux sessions ou événements. D'autres enfin reçoivent un lien leur permettant de télécharger tous les documents afin de bien préparer leur article. Une institution, trois vitesses - au minimum.

Quelle logique derrière cette façon de procéder totalement arbitraire ? dijOnscOpe n'en sait rien. Aussi nous appelons immédiatement Renaud Busenhard, chargé des relations presse du conseil général de Côte-d'Or, afin de tirer une fois pour toute cette histoire au clair. 30 minutes plus tard, la situation est claire. Extraits.

"Vous vous démerdez, je ne suis pas là pour faire le boulot à votre place"

Sabine Torres / dijOnscOpe (DS) :
"- Pourquoi n'avons-nous pas été invités à la session du conseil général ?
Renaud Busenhard / conseil général de Côte-d'Or (CG) :
- Vous pouvez toujours venir, ce n'est pas encore terminé...
DS : Est-ce une blague ? Vous nous écartez volontairement depuis un moment. Pourquoi sommes-nous absents de votre listing presse ?
CG : Pourquoi pas ?
DS : Je ne vais pas me contenter de ce genre de réponse. Quel est le problème ?
CG : Nous avons décidé de ne plus communiquer en direction de votre média. Vous n’êtes pas au courant de la session car nous ne vous avons pas envoyé l’info et nous ne vous en enverrons plus.
DS : Pour quel motif ? Cela a-t-il un lien avec notre ligne éditoriale ? Vous n'avez pas aimé nos derniers articles et vous nous censurez ?
CG : Pas du tout, vous mélangez tout. C'est juste que votre média n’est pas pour nous un média utile, pratique ou pertinent ; nous nous intéressons aux médias qui ont de l’audience.
DS : Que connaissez-vous de notre audience ? Nous étions suffisamment "biens" pendant deux ans et maintenant, nous ne sommes plus intéressants ? Nous sommes reconnus comme un média par le gouvernement, nous disposons d’un agrément "Presse politique et générale", et vous, vous estimez que notre journal n’est pas utile ou pertinent ? Quel est le véritable problème ?
CG : Nous attendons des médias qu’ils soient plus réactifs, qu’ils fassent l’effort de s’intéresser à nous, qu’ils viennent nous voir.
DS : Nous avons assisté à toutes les sessions du conseil depuis la création de dijOnscOpe ! Comment pouvez-vous dire qu’on ne s’intéresse pas à vous ?
CG : La presse est libre, vous faites ce que vous voulez. Nous de notre côté, on lit et on accompagne qui on veut. Nous avons une obligation de transparence si vous nous posez des questions mais aucune obligation de communication vers vous.
ST : Quels médias considérez-vous comme inutiles et non pertinents au même titre que dijOnscOpe ?
CG : Voo TV parce que c’est une fausse télé, TV Net, les radios locales qui ont zéro plage d’infos... De toute façon, quelqu’un qui ne s’intéresse pas à moi depuis trois mois, moi je ne m’intéresse pas à lui.
DS : Qu’est-ce que ça veut dire ?
CG : Je suis en contact dans le 21 avec un certain nombre de médias qui relaient nos informations et d’autres qui ne la relaient pas. Je n’envoie pas d’infos à certains car les retours ne sont pas suffisants, ne correspondent pas à ce que j’attends. Vous êtes un vecteur qui, en l’état, ne m’intéresse pas.
DS : Vous êtes une institution de service public, pas une entreprise qui peut prendre ce genre de décision arbitraire !
CG : Je ne vous dois pas soumission. dijOnscOpe ne s’est pas intéressé à nous depuis trois mois...
DS : Il y a trois mois, j’étais pourtant en contact avec vous dans le cadre d’un article sur le budget du CG (Lire ici). J’ai repoussé sa publication d’une semaine pour attendre votre réponse et celle de François Sauvadet (ndlr : président du conseil général de Côte-d'Or), que je n’ai jamais reçue. De quoi parlez-vous ? C’est vous qui ne nous envoyez plus rien !
CG : Parce qu’il faut arrêter de penser que tout est acquis. Les relations presse ne sont pas un long fleuve tranquille. Penser que l'info tombera toujours, ce n’est pas ma conception. De temps en temps, il faut remettre les choses à plat. Je fais en sorte que les relations presse se situent d’égal à égal. J’ai tari la source pour voir les réactions des médias.
DS : En clair, vous nous avez testé !
CG : Et alors ? Je préfère travailler avec 4 médias qui s'intéressent vraiment à moi plutôt qu'avec vous. C'est mon choix.
DS : Je n'ai jamais vu ça, c'est incroyable !
CG : Belle ouverture d'esprit en tout cas ! Vous n'avez jamais vu ça, donc ça ne peut pas exister !
DS : Je suis choquée oui, par votre attitude et le rapport de force que vous instaurez, testant les médias, nous empêchant indirectement d'accéder à l'info.
CG : Vous vous démerdez, je ne suis pas là pour faire le boulot à votre place. Vous vous intéressez à moi, je m’intéresse à vous.
DS : On verra ce qu'en pensent les lecteurs, le public, les confrères.
CG : Vous êtes libre, les lecteurs sont libres, je suis libre. De toute façon, je sais que vous allez utiliser votre média contre moi parce que vous êtes vexée ; ça me confirmera juste ce que je pense de vous."

Se soumettre ou se démettre ? Le choix est vite tranché pour dijOnscOpe : ni l'un ni l'autre. Nous avons immédiatement contacté le club de la presse Bourgogne et avons informé nos confrères cités de la situation. Comportement isolé d'un chargé de la com' ou caution même du président Sauvadet ? La question reste encore en suspens.

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Tous les commentaires

"nous avons une obligation de transparence", donc de publication... là est la république... 

mais rien n'oblige à communiquer vers un media particulier, privé qui plus est. toutefois la chose est dangereuse politiquement, ou mediatiquement... mais puisque l'opposition reste toujours l'opposition, faites bien ou mal, vous aurez toujours tort.

et tant que toute décision de cette collectivité territoriale reste accéssible, et que la presse peux se présenter là ou elle le veux... la république n'a rien à y redire...  

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Mediapart a noué un partenariat avec le site d'information dijOnscOpe. Créé début septembre par plusieurs journalistes, ce quotidien en ligne tente de renouveler l'information régionale à Dijon et en Bourgogne. Voilà comment Sabine Torres présente dijOnscOpe : « Certes, notre échelle peut vous paraître bien modeste : ici à Dijon, se doter d'une charte des journalistes en ligne, privilégier la qualité plutôt que la quantité, suivre nos choix éditoriaux et pas seulement le calendrier des temps forts institutionnels... Et pourtant, notre mission n'en est pas moins fondamentale : vous transmettre une information rigoureuse et indépendante, rédigée et filtrée par des journalistes et correspondants de presse dont l'honnêteté intellectuelle est sans compromis».