BONNEAU Alain
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Billet de blog 30 mars 2020

N’abandonnons pas notre dignité dans une attestation de circulation

N’abandonnons pas notre dignité dans une attestation de circulation, Parce que notre parole a autant de valeur que notre stylo ; parce que nous imposer à chaque contrôle …; parce que… ; parce que… ; parce que… et, en pratique :

BONNEAU Alain
Je suis attentif à la défense de la dignité et de son expression, par la démocratie, le dialogue et la paix et tente de comprendre les ressorts profonds qui meuvent les événements.
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

N’abandonnons pas notre dignité dans une attestation de circulation

Parce que notre parole a autant de valeur que notre stylo ;

parce que nous imposer à chaque contrôle de présenter un papier qui ne dit rien d’autre que ce que nous pouvons déclarer oralement ;

parce que ce contrôle tatillon nie notre responsabilité et notre sens de l’intérêt commun ;

parce que la rédaction quotidienne, ou presque, de cette attestation normalise à terme un contrôle permanent ;

parce que présenter systématiquement ce document aux forces de l’ordre nous fait in-corporer ce geste, tend à en faire une habitude ;

parce que l’absence, l’oubli de ce document ne peut pas faire de nous un délinquant (la ministre de la justice ne voulait-elle pas que la non-présentation de l’attestation soit justement un délit ?)  * note 1 ;

parce que stigmatiser une partie des citoyens, c’est instaurer la suspicion généralisée ;

parce que créer des boucs-émissaires, mauvais Français qui sortent sans raison, c’est détourner des vraies responsabilités, des manquements du gouvernement dans cette crise ;

parce que cette obligation va à l’encontre des demandes de plus de transparence, de démocratie qui montent dans la société ;

parce qu’instaurer un État policier n’incite pas à la responsabilisation mais à l’évitement, au « jeu » du chat et de la souris, aux réactions mesquines et individualistes ;

parce que la normalité de demain qui nous est proposée, et imposée désormais – un monde policier et de contrôle encore plus quotidien – n’est pas celle que nous espérons;

parce qu’accepter de se soumettre, c’est cautionner un autoritarisme aveugle, et les dérives usurpant nos codes de valeurs ;

parce que c’est une manière de dire que nous refusons la soumission, la servitude volontaire, et de le dire en acte, de prendre conscience et refuser d’être la grenouille dans l’eau qui chauffe ;

parce que ce refus participe à l’ébauche d’une autre normalité demain, une normalité d’après la crise ;

parce qu’aussi il y a aujourd’hui de nombreuses personnes, notamment parmi les populations les plus en difficulté déjà, qui sont devenues des délinquantes pour rien ;

parce que refuser de présenter une attestation n’est pas refuser un confinement responsable ;

Refusons en nombre, au moins une fois, de présenter l’attestation de circulation.

Contestons l’amende et nous défendrons notre position devant les tribunaux.

Plus nous serons nombreux, plus notre démarche sera entendue, et plus nous regagnerons notre dignité.

Renaud de Bellefon, Alain Bonneau, Anne de Brouwer

__________________________

En pratique :

Toutes celles et tous ceux qui, en Haute-Bigorre et dans les Hautes-Pyrénées, ont été ou se feront verbaliser, n’hésitez pas à nous contacter, pour voir ensemble les suites à donner, pour bénéficier des conseils d’un avocat, à l’adresse suivante : coronattestationrenaud@gmail.com

ou par tél ± SMS au : 07 66 75 36 24

Si vous êtes interpellé·e :

1) essayer de faire prendre en compte le maximum de précisions, notamment sur votre sortie. Plus elle est légitime et légitimée, plus la suite sera facile.

2) ne pas payer

3) décrire la situation le plus précisément possible (heure, lieu, personnes présentes, pourquoi je sortais, qu'est-ce que j’avais qui pouvait justifier ma sortie, oubli ou marre du papier, ou refus, manière dont elle a été traitée : les propos tenus de part et d’autre, éventuellement enregistrement audio ou vidéo, si possible le n° d’identification de l’infraction par la police ou la gendarmerie, nom, prénom, date et signature

4) suivre la procédure inscrite pour la contestation, tout en nous adressant copie que nous transmettrons à un·e avocat·e

5) On donnera après le contact avec l'avocat·e.

Par ailleurs, nous sommes prêts à recueillir tout témoignage permettant de mettre à jour des abus de pouvoir, de la délation (induite par les procédures et les propos du gouvernant) ainsi que la peur du virus. N’hésitez pas à nous contacter.

__________________________

1 * Première amende 150€ ; 2° 1500 € ; 3° 3750€ et 6 mois de prison pour ce « délit » !!!

https://www.mediapart.fr/journal/france/230320/au-parlement-confine-la-bataille-sanitaire-est-aussi-une-bataille-democratique

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