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Lisbonne, la banquette du bonheur

  1. Lisbonne, la banquette du bonheur, 2015

    À Lisbonne, au bord du Tage, entre la Praça do Comercio et le Ministère de la Marine, cette banquette monobloc montée sur un socle discret (une tombe à l’endroit une tombe à l’envers ?) et cette silhouette d’homme en haut relief. Homme mûr en bermuda bleu ardoise, couché à plat-dos, bras et jambes écartés, torse dénudé. Fi de la chemisette bleu azur, pour l’heure une guirlande en forme de huit posée sur le béton blanc. Lui, un gisant païen et bien vivant, de chair brunie et de poils blanchis par le temps, qui profite du soleil à son zénith. Touriste ou autochtone, il se célèbre lui-même. Mon corps est à moi comme le Chant de moi-même est à Walt Whitman. Song of Myself. Je marie mon corps au bloc de béton armé ou préfabriqué. Je m’offre au vent, aux vagues et aux mouettes. Je suis le senior des temps modernes, le crâne un peu rose. Je n’ai cure des malédictions comme des passants. À Lisbonne en ce lundi de septembre, j’écris l’hymne à la vie sur la banquette du bonheur. 

  2. Lisbonne, le Tage de Fernando Pessoa

  3. Lisbonne, les passants de l'Avenida da Ribeira das Naus

  4. Lisbonne, le Ministère de la Marine en ses reflets

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