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Gens de Lisbonne à leur métier

En voyage ou pas, j’aime regarder les gens travailler. J’aime photographier les gens sur leur lieu de travail. Souvent, c’est à leur insu ; quelquefois, avec leur accord. Voici quelques clichés pris à Lisbonne en septembre 2015.
  1. En voyage ou pas, j’aime regarder les gens travailler. J’aime photographier les gens sur leur lieu de travail. Souvent, c’est à leur insu ; quelquefois, avec leur accord. J’aime aussi les filmer. C’est plus rare. 2016 : Grégory, vendeur-animateur de liqueurs sur le marché de Noël à Arras se prête au jeu, décrit non pas la saveur des liqueurs mais le savoir-faire du maître verrier qui a produit les bouteilles, de vraies merveilles. J’aime observer les gens dans leur quotidien. En pleine activité, lorsqu’ils donnent le meilleur ou le pire d’eux-mêmes. En banlieue parisienne, une gérante d’un salon de coiffure franchisé qui réprimande et humilie sa stagiaire : ça m’est insupportable. Je l’imagine en Tante Fétide débarquant chez la Famille Addams. Un chauffeur de taxi jovial et sûr de sa mission dans Paris intra-muros qui dit ne pas craindre les chiens, contrairement à ses confrères, dit ne rien craindre du tout vu tout ce qu’il a vu sur terre, et comme preuve son penchant pour les films gore, les corps démembrés, le sang qui gicle. Euh, Chauffeur, déposez-moi plutôt à la gare de King’s Cross pour le Poudlard Express.

    Il m’arrive d’observer sans photographier. L’écrivain faisant des dédicaces dans le salon de son éditeur. L’institutrice comptant ses élèves sur un quai de métro. Le vieux vendeur de journaux debout derrière son chariot à la gare du Nord. La caissière du supermarché qui n’a pas envie de sourire ce jour-là. Le cadre quarantenaire de la banque qui plaisante avec une des employées. La doctoresse de la clinique qui se plaint des dysfonctionnements du système. L’accordéoniste de rue qui interprète pour la millième fois « Otchi Tchornye » (Les yeux noirs). Par quels chemins, quels détours, quelles ambitions ou passions, quels accidents de la vie en vient-on à exercer tel ou tel métier ? Les gens sont-ils heureux, malheureux ? Pour les uns, combien de factures à payer, de projets avortés, de douleurs tues ? Au programme des semaines et années à venir : rester digne, se procurer quelques menus plaisirs – malgré tout. Pour les autres, combien de séjours au ski, de villégiatures en Vendée, de week-ends-shopping à Londres ? Mais aussi : combien de rêves brisés ou de tragédies endurées, l’argent ne fait pas le bonheur, dit-on. Quoi qu’il en soit, aux quatre coins du monde, le travail reste une nécessité. Cause d’aliénation et de déshumanisation ou source d’enrichissement et d’épanouissement. Une réalité et une quête universellement partagées, par-delà les frontières et les langues.

    Voici quelques images de Lisboètes dans l'exercice de leur métier.

    No 1: Libraire itinérante dans un parc de Lisbonne.

    No 2 : Couturière animant un stand dans un parc de Lisbonne.

    No 3 : Deux serveurs de restaurant passant commande à la fenêtre.

    No 4 : Porteuse de petits pains ronds dans une rue de Lisbonne.

    No 5 : Femme de ménage à l'entrée de la galerie commerçante EmbaiXada.

    No 6 : Cireur de chaussures au centre-ville de Lisbonne.

    No 7 : Jeune cuisinière s'appliquant à garnir des pommes de terre avec une farce à la morue. Une vieille recette de la Casa Portuguesa, Rua Augusta.

    No 8 : Jeune vendeur de patates à la morue.

    No 9 : Garde nationale portugaise. Jour de manifestation. On ne rigole pas.

    No 10 : Garde républicaine devant le palais présidentiel à Belèm.

    No 11 : Mariana, conductrice de tuk-tuk à Lisbonne, aime son tuk-tuk plus que tout.

    No 12 : Vendeuse en uniforme jaune de la compagnie Yellow Boat (Bateau Jaune). Sur les rives du Tage.

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