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Marseille, les aventuriers des bords de mer (1)

Quoi de plus réjouissant qu’une ville dans laquelle on marche pour marcher. Et si la ville a poussé au bord de l’eau, on voudrait voguer sur les vagues. L’appel du large, le navire blanc a levé l’ancre. Mais il paraît que le rivage a de quoi nous éblouir encore. Lieu de retour ? Lieu de départ ? L’espérance, quoiqu’il en soit. Presque un luxe en ces temps de tristes voyages.
  1. Marseille – les aventuriers des bords de mer (1)

     

    Quoi de plus réjouissant qu’une ville dans laquelle on marche pour marcher. Et si la ville a poussé au bord de l’eau, on voudrait voguer sur les vagues. L’appel du large, le navire blanc a levé l’ancre. Mais il paraît que le rivage a de quoi nous éblouir encore. Lieu de retour ? Lieu de départ ? L’espérance, quoiqu’il en soit. Presque un luxe en ces temps de tristes voyages autour de la Méditerranée.

    Sur le Vieux Port, les bateaux de pêche ont livré leurs prises. L’effervescence du matin n’est plus. Les mulets patiemment évidés alignés dans les bacs voudraient en finir avec leur épopée. Après la mort du mulet, point de salut. Court bouillon ou barbecue. À l’intention des lève-tard qui flânent devant les étals en faisant la moue, la grande roue promet une vue imprenable à 50m de hauteur.

    Pour ce qui est de la vue imprenable, la concurrence est rude. Marseille a déjà son arsenal frappe-l’œil –  le Fort Saint-Jean depuis le XVIIème siècle, les galeries du MuCEM (Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) depuis 2013, et bien sûr la Basilique Notre Dame de la Garde, « la Bonne Mère » qui veille, qui veille.

     Dès l’entrée dans la gare Saint-Charles, et partout dans les arrondissements du centre, le Sud est là avec ses étendoirs à linge. Aux fenêtres et aux balcons. Draps, serviettes, vêtements flottent au vent sur des kilomètres de fils. Le soleil donne l’hospitalité sans rechigner. Marseille est Istanbul, Athènes, Lisbonne – la fraîcheur du linge toujours d’actualité.

    Pour faire diversion : au Cours Belsunce, des parapluies ajourés, de fer dentelé tiennent à un fil. Entre les arbres et les immeubles. Les pigeons n’ont qu’à bien se tenir. Sinon viser juste leur fiente verdâtre. Avis aux passants étourdis : le parapluie ne fait pas l’abri. De mémoire de Marseillais, on n’a vu d’aussi jolis parapluies.

    La grande rue de la République, elle, s’est dotée d’un diadème de fil métallique. Pour crier haut et fort son nom. Des lettres cursives au-dessus de tout soupçon. À l’adresse de ceux qui n’ont pas de boussole. Qui pourraient se perdre entre le Vieux Port, la mer et la terre ferme.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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