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L'Amérique du blues -- Beale Street à Memphis

James Baldwin a écrit Si Beale Street pouvait parler. Aujourd'hui, Beale Street parle, chante, bouge.
  1. Du blues dans les salles et en plein air, nuit et jour. Une musique puissante, vibrante, brute qui met à nu les souffrances et les espérances de la population afro-américaine. Une musique héritée de l'époque esclavagiste qui fut suivie de l'époque ségrégationniste dans le "Deep South" ou Sud Profond, née pendant les longues journées de labeur sur les plantations de cotton, entre "can see" et "can't see", entre la première lueur du jour qui permettait de voir et la tombée de la nuit ne permettant plus de voir.

  2. De l'animation à toute heure. Magasins, musées, terrasses de café. Les touristes déambulent, s'émerveillent, consomment. Beale Street vaque à ses affaires en lignes droites ou en diagonales. 

  3. Une façade et rien d'autre dans laquelle se nichent quelques commerces. Au son du blues qui émerge deçà delà, découpe une tranche d'Histoire contre le vrombissement des véhicules.

  4. "Du sarcasme. Servi désormais sans interruption." Une vieille plaque publicitaire (des années 1950?) pour le renouveau de Beale Street? Une touche d'irrévérence au pays des Baptistes, Méthodistes et de moult églises.

  5. Le B. B. King Boulevard pour honorer Riley B. King qui, un jour de 1948, monta à bord d'un bus Greyhound pour débarquer à Memphis. "The blues, dit B. B. King, are the Three L's -- living, loving and, hopefully, laughing." ("Le blues, c'est les Trois V -- vivre, vibrer d'amour, et espérons-le, vibrer de rire.") 

  6. Calèches pour le charme désuet, si toutefois on a envie de se rappeler le Sud de Blanche Dubois dans Un tramway nommé désir de Tennessee Williams.

  7. La statue de W. C. Handy, le "Père du blues", qui compila les chants de la tradition orale et composa Beale Street Blues (1917). Beale Street dont il fit son havre : "I'd rather be here than any place I know" ("Je préfère être ici que dans n'importe quel autre endroit.")

  8. Le Handy Park sur Beale Street, le blues est bien vivant, attire la foule de tout horizon géographique, de toute classe sociale, de toute couleur de peau.

  9. Curtis (au centre) qui danse avec grâce et cause quand il ne danse pas. A quitté la Californie pour élire domicile à Beale Street. Créateur d'ambiance, charmeur invétéré, peut-être sdf à ses heures. Le blues dans l'âme, le coeur, le corps.

  10. Sons et couleurs sur Beale Street. 

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