«Ah oui, les retraites ne seront plus assurées…»

Le «modèle allemand» prend un sacré coup - Angela Merkel vient d‘annoncer que d‘ici peu, les retraites ne seront plus assurées. Message : «Débrouillez-vous…».

Le «modèle allemand» prend un sacré coup - Angela Merkel vient d‘annoncer que d‘ici peu, les retraites ne seront plus assurées. Message : «Débrouillez-vous…».

Maman Merkel... © Moritz Kosinsky / Wiki Commons Maman Merkel... © Moritz Kosinsky / Wiki Commons

(KL) - Le choix de l‘endroit, de l‘occasion et du contenu du message d‘Angela Merkel peut surprendre. Lors des festivités à l‘occasion du 125e anniversaire de l‘Assurance Sociale allemande, la chancelière a annoncé qu‘à l‘avenir, le niveau des retraites ne pouvait plus être assuré - changement démographique oblige. Comme si cette évolution n‘était pas à prévoir.

Le discours d‘Angela Merkel était remarquable. «Je suis convaincue qu‘à l‘avenir, seul un mélange entre la prévoyance d‘état, des entreprises et individuelle pourra garantir un niveau de vie correct aux retraités», a-t-elle déclaré. «Nous sommes appelés à prévenir la pauvreté des personnes âgées et de développer les solutions adéquates». Nous ? Prévenir ? La chancelière se moque du monde !

Après avoir crée le «nouveau précariat» par le biais des «mini-jobs» permettant au plus démunis de gagner 400 pauvres euros par mois, tout en les empêchant d‘accéder au marché de l‘emploi primaire, mais en embellissant les statistiques du chômage en Allemagne, l‘appel à l‘épargne et la prévoyance individuelle constitue un cynisme insupportable.

Comment veut la chancelière que les millions de «Hartz IV» (ceux qui touchent l‘aide sociale), les salaires minimas ou les familles puissent organiser leur retraite à leur niveau ? Pendant longtemps, les gens ont cotisé, juste pour constater qu‘ils ne toucheront qu‘une misère une fois arrivé à l‘âge de la retraite.

Ce qu‘Angela Merkel n‘a pas dit, c‘est que son constat représente l‘aveu de l‘échec de toute sa politique sociale. Dans une société vieillissante, ne plus être en mesure d‘assurer les retraites, c‘est au moins aussi grave que la relation entre le Président français et le chômage.

La politique allemande a donc échoué. Elle n‘aura servi qu‘aux grandes entreprises, aux actionnaires et aux banques - les braves gens ayant bossé dur toute la vie, peuvent se préparer à une vieillesse dans la pauvreté.

Son appel de trouver des solutions est également étrange. Elle s‘adresse à qui ? A vous ? A moi ? A son gouvernement ? A elle-même ? Actuellement, le gouvernement est la seule institution qui serait en mesure de changer les choses. Mais il ne fait pas grande chose, sauf annoncer que dans un avenir proche, les cotisations pour les retraites augmenteront, pendant que les prestations baisseront. Jolie perspective !

Le «modèle allemand» n‘est pas un modèle à suivre - au contraire. Il crée des inégalités sociales gravissimes et ce, non seulement en Allemagne, mais partout en Europe. Le seul moyen d‘éviter que la caste des politiques nationaux continue à ruiner nos pays et sociétés, ce serait effectivement la mise en œuvre des «Etats-Unis de l‘Europe», avec un seul gouvernement qui mène une politique dans l‘intérêt des peuples européens. Car ceux, qui aujourd‘hui sont responsables de ce froid social en Europe, sont aussi ceux qui se fichent pas mal du niveau de vie des retraités. Eux, ils n‘auront pas de souci à se faire, ils se la couleront douce sur les plages des plus belles destinations touristiques du monde. Comme toujours, ce seront les moins fortunés qui payeront. De leur personne.

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