« Un interlocuteur légitime »

Le Ministère de la Justice désigne l'association Aide Entreprise - OSDEI comme son interlocuteur dans la démarche visant à améliorer les dysfonctionnements dans les procédures collectives.

Le groupe d'experts OSDEI à l'entrée du ministère - Brigitte Vitale, Philippe Pardié, Daniel Ricordel, Nicolas Bartko et Patrick Follain. © Eurojournalist(e) / CC-BY-SA 4.0int Le groupe d'experts OSDEI à l'entrée du ministère - Brigitte Vitale, Philippe Pardié, Daniel Ricordel, Nicolas Bartko et Patrick Follain. © Eurojournalist(e) / CC-BY-SA 4.0int
(KL) – Les échanges entre le Ministère de la Justice et l’association « Aide Entreprise » entrent dans une nouvelle phase. Après une réunion entre le ministère et le groupe d’expert de l’association le 14 septembre dernier, les prochaines étapes ont déjà commencé. Ainsi, fort d’un soutien politique qui dépasse les frontières des sensibilités partisanes, les experts de l’association soumettront prochainement des propositions concrètes au ministère qui lui, affiche une attitude constructive et ouverte au dialogue. Même si certains tentent d’en abuser.

Ainsi, le 14 septembre dernier, un groupe incluant entre autres, le porte-parole d’un « parti » nommé « Conseil National de la Transition français », s’est infiltré au ministère, instrumentalisant la relation de confiance de l'un des membres de ce groupe avec le député PS Dominique Potier qui lui avait ouvert, en toute bonne foi, la voie vers le ministère. Sur place, le chef du projet Naïl Bouricha a opté pour la courtoisie en recevant ce groupe dont il ignorait également la composition. Interrogés par Eurojournalist(e), les intéressés ont confirmé ne pas avoir été informés quant à la nature de ce groupe qui lui, déclare sur son site Internet être « la seule autorité légitime de France ». Rien que ça. Mais même ces tentatives de « récupération » de cette démarche unique entre la société civile, le gouvernement et les partis politiques, ne pourront plus stopper ces échanges qui visent le changement des procédures collectives et des dysfonctionnements dans ces procédures qui causent tous les ans, des centaines de suicides, des milliers de maladies et de dizaines de milliers de pertes d’emplois.

« Il ne faut pas que l’association Aide Entreprise se fasse du souci que cet incident puisse entacher notre coopération », explique Naïl Bouricha, qui dirige ce remarquable projet au niveau du Ministère de la Justice, « cette association est notre interlocuteur légitime et l’importance du travail de cette association pour combattre la pauvreté et la détresse des personnes concernées n’est plus à démontrer ! ». Même son de cloche chez le député PS Dominique Potier : « Ce n’est pas parce qu’il y a des groupes qui essayent de s’immiscer dans ces échanges importants, qu’on envisage de ne plus soutenir cette démarche d'Aide Entreprise-OSDEI qui se déroule dans l’intérêt de tous les citoyens et citoyennes français ! ».

Le soutien pour cette démarche initiée par une association qui œuvre depuis 10 ans sur le terrain pour venir en aide aux personnes lésées dans des procédures aux délais déraisonnables et souvent marquées par des injustices commises par ceux dont le rôle est d’appliquer la loi et non pas de se remplir les poches, dépasse maintenant les sensibilités politiques. Ainsi, l’équipe du vice-président de l’Assemblée Nationale Sylvain Waserman était aux avant-postes pour soutenir le travail du groupe d’experts Aide Entreprise – OSDEI et portera, déjà ces prochaines semaines, le dossier devant l’Assemblée Nationale.

Cette évolution est unique et attendue par de milliers d’(ex-)entrepreneurs et indépendants depuis des dizaines d'années. Les échanges entre tous les acteurs de la société visant à rendre ces procédures collectives plus humaines, à empêcher la paupérisation et même la clochardisation de toute une frange de la population, tout en essayant de sauver d’innombrables emplois en France, constituent une toute nouvelle gouvernance de la France qui pourrait devenir un cas d’école pour les futures relations entre la société civile et l’état.

Les étapes suivantes ? L’association Aide Entreprise – OSDEI, le Ministère de la Justice et le monde politique se pencheront sérieusement sur les propositions que l’association soumettra. Puisque aucune autre organisation ne dispose d’autant d’expérience sur le terrain de ces procédures, les retours et propositions que fera cette association constituent une véritable plus-value pour l’ensemble des acteurs de ce dossier. A ce stade, il convient de souligner l’attitude exemplaire des intervenants, en première ligne du Ministère de la Justice qui affiche une ouverture constructive, des soutiens politiques qui s’engagent personnellement de manière républicaine et surtout, de l’association Aide Entreprise – OSDEI qui, malgré les difficultés que connaît toute association œuvrant pour le bien de la société, n’a pas baissé les bras depuis 10 ans. Dans cette configuration et avec cette expertise présente autour d’une seule et même table, tous les espoirs sont désormais permis. Ou, comme nous l’a confié Naïl Bouricha, « si nous parvenons à mener ce processus vers un vrai résultat, nous aurons tous fait un travail exceptionnel au service des citoyens et citoyennes français ! ». Et là, il a parfaitement raison.

Eurojournalist(e) continuera, bien entendu, sa couverture de cette démarche exemplaire qui donne aujourd'hui l'exemple de ce que pourrait être la politique du pays demain.

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