Qui veut la mort de Françoise Lillié-Fetet ?

Dans un acharnement aveugle, les administrations sont en train de bafouer les droits fondamentaux d’une personne susceptible de mourir à la fin de la procédure en cours.

Françoise Lillié-Fetet risque de se faire expulser dans le cadre d'une procédure plus que douteuse. © Eurojournalist(e) Françoise Lillié-Fetet risque de se faire expulser dans le cadre d'une procédure plus que douteuse. © Eurojournalist(e)
   (KL) – Il se passe de drôles de choses à Saint-Dié-des-Vosges. Tribunaux et administrations de la petite ville semblent décidés à expulser Françoise Lillié-Fetet de sa maison le 1er avril prochain. Mais, à croire une attestation médicale (copie en possession de la rédaction), Françoise Lillié-Fetet ne se laissera pas déloger de la maison qui lui appartient – elle risque de mettre fin à ses jours. Pourtant, dans cette procédure, rien n’a été fait dans les règles de l’art.

L’ordre de quitter sa maison a été prononcé par un Juge des Affaires Familiales (JAF), ce qui ne semble pas déranger ceux qui sont en charge d’exécuter cette expulsion. Pourtant, un JAF, selon le service juridique de l’association « Aide Entreprise » présidée par Brigitte Vitale qui suit cette affaire depuis plus de deux ans, n’a pas la compétence matérielle pour ordonner une telle expulsion. Cet état de choses avait bel et bien été signifié à l’ensemble des acteurs de ce dossier, mais étonnamment, au lieu de dénoncer la gravité de cette décision invraisemblable et refuser de participer à toute expulsion insensée, les hauts responsables se présentent comme de simples exécutants.

Tous continuent en bon petits soldats à s’acharner sur Françoise Lillié-Fetet. Donc, déjà au départ, un jugement d’expulsion par un JAF, rendu sans même que la principale concernée ne soit informée, aurait dû interpeller et motiver les exécutants de cette procédure à invalider cette expulsion.

En France, la protection du droit de propriété se fonde sur les articles 2 et 17 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Le droit de propriété a donc valeur constitutionnelle. Ce point ne peut être méprisé par les autorités locales. Et pourtant…

Dans une situation où même le fond de cette procédure d’expulsion est plus que douteux, il est difficile de comprendre pourquoi les autorités continuent à défendre l’indéfendable. Lundi, lors d’une réunion avec l’ensemble des acteurs administratifs de cette procédure, il apparaissait clairement que personne ne pensait pouvoir ou vouloir stopper la machinerie infernale – et cette attitude de la part des autorités est inquiétante.

C’est le monde à l’envers. Les autorités, qui ont la charge de maintenir l’ordre public, ont l’obligation de protéger la sécurité des administrés, donc également celle de Françoise Lillié-Fetet. Toutefois, elles risquent de perturber cet ordre public en exécutant un ordre d’expulsion dont la légalité est plus que douteuse.

Personne, à Saint-Dié-des-Vosges, ne pourra dire qu’il n’aura pas été au courant. Si Françoise Lillié-Fetet devrait mettre fin à ses jours, comme elle l’a annoncé, la question des responsabilités personnelles ne pourra plus être évitée. Et cette responsabilité portera des noms – les noms de ceux qui face à un jugement incroyablement anormal n’auront pas alerté l’Etat, ceux qui n’auront pas respecté les droits fondamentaux d’une femme qui subit les déchaînements de violence d’un mari dont les demandes les plus folles ont été acceptées par la voie de la justice. La vie et la survie de Françoise Lillié-Fetet dépendront d’un changement d’attitude des acteurs de ce dossier. A suivre.

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