C’est parti !

Les « tables rondes » entre le Ministère de la Justice et l’Association « Aide Entreprise – OSDEI » commencent la semaine prochaine.

C'est ici que la relation entre le pouvoir et la société civile pourra être rétablie. © Guilhem Vellut from Paris, France / Wikimedia Commons / CC-BY 2.0 C'est ici que la relation entre le pouvoir et la société civile pourra être rétablie. © Guilhem Vellut from Paris, France / Wikimedia Commons / CC-BY 2.0
(KL) – La rentrée 2018 aura été prometteuse – la semaine prochaine, le 14 septembre, les « tables rondes » entre le Ministère de la Justice et les experts de l’association « Aide Entreprise – OSDEI » commenceront à Paris. Depuis une première rencontre le 17 mai dernier, ces « tables rondes » ont été préparées, redonnant un vrai espoir à de milliers de « petits patrons », professions libérales, artisans, agriculteurs et autres « petits » entrepreneurs grossissant tous les ans les rangs des pauvres en France (et ailleurs), suite à des problèmes dans le cadre de procédures de liquidation judiciaire, phénomène beaucoup plus répandu qu’on ne le pense : 27% des pauvres en France sont issus de cette population. Les échanges entre le ministère et ce groupe d’experts connaissant les réalités sur le terrain, permettront d’identifier d’éventuelles zones où des changements pourraient rendre ces procédures moins dévastatrices pour les personnes concernées qu’aujourd’hui.

Naïl Bouricha, Conseiller chargé de la prospective et de l’attractivité du droit auprès du cabinet de la Garde des Sceaux, accueillera donc vendredi prochain la direction de l’association qui elle, œuvre depuis 10 ans sur le terrain et dont les experts dans les différents domaines touchés par ce phénomène, dont juristes, médecins, psychiatres, magistrats, experts en finances, comptabilité, gestion d’entreprise et entrepreneurs pourront partager leurs expériences quotidiennes. Lors d’un point presse après la première rencontre, Naïl Bouricha avait souligné que l’intérêt de ces rencontres résidait justement dans l’approche systématique de l’association, une approche cherchant à solutionner les causes des problèmes dans ces procédures au lieu de se limiter à tenter de résoudre des dossiers individuels (comme le fait l’association « Aide Entreprise – OSDEI » depuis dix ans).

Pour cette association, la présidente Brigitte Vitale a expliqué les attentes. « L'aboutissement de ce travail sera un rapport officiel co-rédigé par tous les intervenants experts et donc rendu public. Il sera le point de départ d’une mission de l'Etat, nous l'espérons, en vue de nous permettre de recueillir les données manquantes et obtenir les moyens de mettre en place les solutions que nous préconiserons. »

D’autres organismes concernés seront également invités à participer à ces échanges, comme l’URSSAF qui lui, est à l’origine d’environ 80% des procédures collectives, ou le CNAJMJ (Conseil National des Administrateurs Judiciaires et Mandataires Judiciaires) – il s’agit donc d’un échange triangulaire entre le ministère, les institutions de l’état et la société civile et une quatrième dimension s’y ajoutera certainement, plusieurs élus ayant manifesté leur intérêt dans ce dossier.

« La politique autrement » ? L’ouverture de cet échange est surprenante et pourrait devenir exemplaire. Si tous les piliers de la société utilisaient leurs compétences, savoir-faire et expérience en commun, le résultat pourrait se traduire par l'amélioration d’une situation qui cause maladie, morts, drames personnels et familiaux.

Lors de la première « table ronde », les participants se concerteront sur un agenda pour les rencontres avec les différents experts. Voilà une démarche qui mérite d’être couronnée de succès. A suivre.

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