La pauvreté n’est ni de droite, ni de gauche

L’Association Aide Entreprise – OSDEI a déclenché en début de cette année, des échanges avec le Ministère de la Justice à Paris. L’intérêt que porte le monde politique à ce dossier nécessite quelques précisions.

La précarité devrait intéresser TOUS les partis... © Roman Bonnefoy / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 3.0 La précarité devrait intéresser TOUS les partis... © Roman Bonnefoy / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 3.0
(KL) – Cela fait dix ans que l’association mulhousienne « Aide Entreprise - OSDEI » interpelle les services de l’état sur la précarité occasionnée dans le cadre des environ 60 000 procédures de redressement et liquidation judiciaires qui elles, sont tous les ans la cause de centaines de suicides, de milliers de cas de maladies et de dizaines de milliers d’emplois perdus en France. Suite à une première réunion avec le Ministère de la Justice à Paris, l’association a coordonné et proposé un groupe d’experts comme interlocuteurs pour les tables rondes prévues et a multiplié ses actions de sensibilisation sur un sujet qui concerne 27% des pauvres en France qui sont des anciens « petits » patrons, indépendants, commerçants, artisans ou agriculteurs. Puisque le sujet de la pauvreté n’est ni de « droite », ni de « gauche », l’association vient d’interpeller l’ensemble des partis politiques en France en demandant le soutien du monde politique dans l’intérêt des citoyens et citoyennes français.

Soulignant qu’elle ne représente aucune sensibilité politique, l’association vient de lancer une coopération avec des homologues en Italie où le sujet est déjà beaucoup plus présent dans le débat public. C’est en Italie qu’on a défini les suicides pour des raisons économiques par le terme « suicide d’état » pour décrire le sort qui, souvent, met une fin brutale à de telles procédures. Ensemble, les associations françaises et italiennes porteront ce sujet à l’échelle européenne, car la précarité est un sujet qui préoccupe l’ensemble des peuples européens.

Comme l’indiquent déjà trois rapports parlementaires (1998, 2001 et 2014), de nombreux dysfonctionnements caractérisent bon nombre de ces procédures et il est grand temps que ces procédures deviennent plus humaines, plus transparentes et plus justes. Pour y arriver, l’association Aide Entreprise – OSDEI demande aux partis politiques de pouvoir présenter le dossier aux commission des affaires sociales et d’ouvrir un dialogue multipartite pouvant déboucher à l’identification des zones à problème où le législateur ou encore les services de l’état pourront intervenir pour sauver non seulement de dizaines de milliers d’emplois, mais surtout, des centaines de vies chaque année.

En vue de l’ampleur de ce dossier, il semble clair que seul un effort commun de tous les acteurs impliqués dans ces procédures pourra conduire à un changement fondamental du déroulement de ces procédures qui souvent, durent plusieurs décennies, engageant de fait et légalement la responsabilité de l'état, et qui détruisent la vie des personnes concernées, de leur familles, de leurs salariés et des familles des salariés.

Aux partis politiques de prouver leur attachement aux intérêts des Français et des Françaises. Combattre la pauvreté, sauver des vies, éviter des maladies, sauver des emplois, tout cela devrait s’inscrire dans l’action des partis politiques. Comme dit, la précarité n’est ni un sujet de « droite » ou de « gauche », il s’agit d’un fléau à combattre. Comme le fait l’association « Aide Entreprise ».

Vous pourrez télécharger et lire cette « Lettre Ouverte » dans son intégralité, si vous CLIQUEZ ICI (pdf, 1 B)

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