Pouvoir, révolte et football en Egypte

Demain, le club cairote d’Al-Ahly pourrait remporter sa neuvième Ligue des Champions de la CAF. Ce club, le plus grand du pays, est intimement lié à l’histoire politique de l’Egypte. Une histoire faite de pouvoirs autoritaires, souhaitant utiliser le football dans une société ou les libertés sont restreintes. Mais dans le football, l'endoctrinement fait face à la révolte.

Le Al-Ahly S.C. est incontestablement l'un des plus grands clubs d'Afrique. Celui-ci affronte dans un match aller-retour l'Espérance Sportive de Tunis (Match remporté 3-1 par les Egyptiens à l'aller) pour tenter de gagner sa neuvième Ligue des Champions de la CAF (Confédération Africaine de Football - La compétition regroupant les meilleurs clubs africains). Cette victoire permettrait au club cairote de participer au prochain Mondial des Clubs, la compétition réunissant les vainqueurs des compétitions reines de chaque fédération continentale (par exemple le Real Madrid vainqueur de la dernière Ligue des Champions européenne).

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L'histoire politique qui entoure le club d'Al-Ahly et les péripéties du football égyptien dans son ensemble sont important à retracer. Cet article fait suite à un premier papier traitant de l'arrivée du football dans le pays, de ses balbutiements et de son lien intime avec le pouvoir et le peuple. Des liens très forts, comme nous allons le voir ici (La non-lecture du premier article n'empêche pas la compréhension de celui-ci).


En 2005, lors de l’élection présidentielle, Moubarak au plus fort de son pouvoir, visite le centre d’entraînement d’Al-Ahly devant les caméras des chaînes officielles. Il accueille aussi les joueurs à l’aéroport après leur victoire en Ligue des champions de la CAF (victoire en finale contre l’Etoile Sportive du Sahel, le 12 Novembre 2005). Le pouvoir utilise le grand club cairote comme vitrine politique et comme outil de l’exaltation nationale.

Al-Ahly et l’ « éducation politique »

L’intrusion de la politique dans les affaires du football et de celles d' Al-Ahly remonte au début du XXème siècle. En effet dès 1909, Saad Zaghloul Pacha devient le président de l’assemblée du club. Cet homme est un des leaders historiques du Parti Wafd. Ce parti, est au départ une délégation. Une délégation qui devait se rendre à Paris au lendemain de la Première Guerre mondiale pour évoquer l’indépendance de l’Egypte (Amira Nowaira, Azza El Kholy & Moha Ennaji, Des femmes écrivent l'Afrique : L'Afrique du Nord, Éditions Karthala, 2013). Face au refus du pouvoir colonial de laisser librement se déplacer la délégation, celle-ci se constitue en parti indépendantiste sous l’impulsion du même Saad Zaghloul. Après un exil et la Révolution égyptienne de 1919, il devient le Premier ministre du jeune état indépendant en 1924. Au cours des années 1920, le parti perd en popularité, il est par la suite écarté du pouvoir par le roi Farouk Ier (1936-1952). Plus tard, il finira par être interdit par le nouvel arrivant au pouvoir, Gamal Abdel Nasser, en 1952.

Gamal Abdel Nasser arrive au pouvoir par le biais du Mouvement des officiers libres. Cette organisation militaire clandestine renverse le roi Farouk Ier, mettant fin à la monarchie en Egypte via un coup d'Etat dans la nuit du 22 Juillet 1952. Le nouveau président de la République égyptienne qui occupera ce poste jusqu’à sa mort en 1970 utilise le football comme outil de contrôle de la population et comprend bien les forts symboles du club d’Al-Ahly. Un club qui est l'incarnation de l’anticolonialisme et par extension, de l’opposition à l’impérialisme. Il en devient son président d’honneur. A partir de là, le club sert les intérêts du pouvoir et du panarabisme.

Gamal Abdel Nasser, second président de la République d'Egypte de 1956 à 1970 Gamal Abdel Nasser, second président de la République d'Egypte de 1956 à 1970

En 1964, Nasser devient le secrétaire général du Mouvement des non-alignés (organisation politique d'états qui se disent ni hostiles ni alliés à aucune grande puissance mondiale). Cela coïncide avec une période de vaches maigres pour Al-Ahly. Une situation qui ne peut durer, en conséquence, le général et ami du président, Abdul Hohsen Kamel Murtaja prend la tête du club pour tenter d’en améliorer les résultats sportifs (Razan Baker, Egypt, Sport and NasserismMiddle East and North Africa entries edited by Mahfoud Amara, Sport around the World). L'objectif ? Ne donner aucune raison au peuple de se détourner du nassérisme.

Cette « éducation civique » du peuple via le football se révèle un peu plus en 1967. C’est l’année de la Guerre des Six Jours. Une guerre entre l’état d’Israël et trois pays frontaliers : la Jordanie, la Syrie et l’Egypte. Lors du sixième jour, les armées égyptienne, jordanienne et syrienne sont défaites. L’Egypte, à la sortie du conflit est amputée de la bande de Gaza et du Sinaï. Le pays et le pouvoir en place sont humiliés et Nasser cherche des réponses symboliques à cette défaite violente. Il suspend donc pendant un temps toutes les compétitions de football, y voyant une distraction néfaste pour les capacités militaires de l’Egypte.

De la mise sous tutelle à la Révolution

Le football et le club d'Al-Ahly continuent leur rôle politico-civique sous le successeur de Nasser, Anouar el-Sadate. Celui qui fut le vice-président du leader du Mouvement des officiers libres va occuper les fonctions suprêmes de Président de la République de 1970 jusqu'à son assassinat en 1981 par le Jihad islamique égyptien. Ce meurtre est motivé par la normalisation des relations entre l'Egypte et l'Etat d'Israël, Sadate étant le signataire des Accords de Camp David. Ces accords sont le préambule du premier traité de paix entre un pays arabe (l'Egypte) et Israël en 1979.

Avant son assassinat, Anouar el-Sadate tenta de justifier cette politique auprès du peuple égyptien par divers moyens, notamment footballistiques. Tout d'abord il se déclara bien souvent comme sympathisant du club d'Al-Ahly. Il encouragea aussi le recrutement de joueurs palestiniens provenant des territoires occupés par le club cairote. Une manière de démontrer que la paix avec Israël ne signifiait pas l'abandon de la cause palestinienne. Un joueur est à lui seul un symbole de cette situation ; Marwan Kanafani. Cet homme fut le gardien de but d'Al-Ahly mais aussi un conseiller de Yasser Arafat. Néanmoins, après Nasser et Sadate, un nouvel homme utilisa encore un peu plus le football : Hosni Moubarak. L'Homme qui prend le pouvoir après la mort d'el-Sadate pour ne le laisser que trente ans plus tard. Prendre le pouvoir politique, signifie également de le prendre dans le domaine du football.

Hosni Moubarak et Anouar el-Sadate, le jour de l'assassinat de ce dernier (6 Octobre 1981) Hosni Moubarak et Anouar el-Sadate, le jour de l'assassinat de ce dernier (6 Octobre 1981)

Au cours des années 1980, le clan Moubarak fait main basse sur le football égyptien. Des proches du clan et du Parti National démocratique, fondé par Anouar el-Sadate et dirigé par Moubarak à partir de 1981, sont à la tête de différents clubs et chaînes sportives. Le club d'Al-Ahly est bien sûr l'une des vitrines du régime en temps de crise mais le Raïs (« chef » en arabe, surnom de Moubarak) utilise une autre donnée importante du football, et non des moindres, l'équipe nationale égyptienne de football, celle que l'on surnomme l'équipe « des Pharaons ». Un épisode mémorable de son histoire est celui de l'élimination de l'Egypte en match de barrage qualificatif pour la Coupe du Monde 2010 face à l'Algérie. Alors que la contestation politique et que l'agitation sociale croissent, Moubarak exalte le chauvinisme à travers cette défaite (Mickaël Slackman, « This time, Egyptian riot over soccer, not bread », The New York Times, 20 Novembre 2009).

Cependant, deux ans plus tard, le Printemps Arabe déferle sur l'Egypte. Le 11 Février 2011, Hosni Moubarak est « contraint à la démission ». La Révolution égyptienne vient d'avoir lieu et le football y a tenu sa place avec l'aide d'un nouvel acteur, le mouvement « Ultra ». Ce mouvement vieux de quarante années en Europe, a fait son apparition au cours des années 2000 en Afrique du Nord.

L'Ultra, le nouveau révolutionnaire

Il est tout d'abord important de définir le mot « ultra ». Il caractérise des groupes de supporters auto-financés et indépendants du club qu'ils soutiennent. Leur but est l'animation des tribunes et le soutien radical à leur équipe de football favorite. Ce mot est issu du latin et signifie aller « plus loin que ».

Les deux groupes ultras d'Al-Ahly et du Zamalek S.C (l'autre grand club égyptien et cairote) sont créés la même année, en 2007. Les premiers se nomment les Ultras Ahlawy (UA-07) et les seconds les Ultras White Knights (UWK ou Zamalkawy). Ces différents groupes vont faire émerger une nouvelle identité pour la jeunesse, à contre-courant du carcan religieux et sociétal. De plus, dans un pays où les liberté d'association et de manifestation sont interdites, ces groupes permettent de rassembler des milliers de personnes. Les UA par exemple se massent souvent dans le stade derrière deux bannières : « Together For ever » pour symboliser la solidarité entre les membres ou « We are Egypt » pour signifier la diversité sociale des supporters qui composent le groupe en question (Mickaël Correia, Une histoire populaire du football, La Découverte, 2018).

L'auto-financement, de son côté, permet d'affirmer une indépendance non pas seulement vis-à-vis du club supporté mais aussi auprès de n'importe quel parti politique ou mouvement idéologique. En 2012 un des leaders Ahlawy déclarait la chose suivante : « Les deux plus grands partis politiques d'Egypte, ce sont Al-Ahly et Zamalek » (James Montague, « Egypt's politicised football hooligans », Aljazeera English, 2 Février 2012). Pour les autorités, les ultras sont devenus en quelques années un problème majeur de sécurité publique (et politique).

Un membre des Ultras Ahlawy lors des manifestations antigouvernementales de 2011 Un membre des Ultras Ahlawy lors des manifestations antigouvernementales de 2011

Le 25 Janvier 2011 a lieu la première grande manifestation de la Révolution Egyptienne, « Jour de colère ». La veille, les pages Facebook des deux grands groupes ultras cairotes annoncent que leurs membres sont libres de rejoindre les cortèges de manifestants. Dans les faits, la présence des ultras est détonnante et déterminante. Ils sont les seuls, depuis de nombreuses années à affronter physiquement les forces de l'ordre et donc les seuls dans la société, à savoir comment se comporter dans des situations d'émeutes et de confrontation directe.

A la fin de cette première grande manifestation la Place Tahrir n'est occupée qu'une seule nuit. Trois jours plus tard a lieu une nouvelle manifestation d'envergure, le « Vendredi de la colère ». La Place est reprise par les contestataires et celle-ci devient l'épicentre de la Révolution. Les ultras endossent alors le rôle de service d'ordre, protégeant les manifestants contre l'Armée qui menace d'intervenir mais aussi contre les pro-Moubarak formés en milices (les baltageya). La culture Ultra s'intègre dans celle des manifestants comme à l'instar des chants antigouvernementaux s'inspirant des rythmes et paroles entendus dans les stades égyptiens. Les ultras démontrent qu'il est possible d'organiser une réponse aux forces de sécurité. D'autant que pour les ultras égyptiens, la Révolution et la confrontation violente avec les forces de sécurité ne s'arrêtent pas au départ de Moubarak.

Une poche de résistance violente et symbolique

Le 12 Février 2011, au lendemain de la fuite de Moubarak, l'Armée égyptienne via le Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA) assure l'intérim. Le président de ce conseil, Mohamed Tantawi devient de facto le nouveau chef de l'Etat égyptien, mais aussi la nouvelle cible des manifestants et des ultras. Ces ultras qui affrontèrent les forces de sécurités voient ces mêmes forces arriver au pouvoir. Les émeutes et les manifestations reprennent, la répression aussi. A la fin du mois de Février 2011 on dénombre plus de 50 morts dans les violences. La rue Mohamed Mahmoud (rue menant à la Place Tahrir) est le théâtre de combats sanglants. La contestation se met en place aussi de manière symbolique dans les stades par des chants et des banderoles, comme celle représentant le maréchal Tantawi en vampire (Mickaël Correia, Une histoire populaire du football, La Découverte, 2018).

Dans l'affrontement qui oppose l'Armée et les ultras, un point de non-retour dans l'horreur est atteint le 1er Février 2012. Un an après l'une des journées les plus importantes de la Révolution égyptienne a lieu un match dans la ville de Port-Saïd opposant l'équipe locale, Al Masry, au Al-Ahly S.C. Après la victoire 3-1 de leur équipe, les ultras locaux, les Green Angels, envahissent le terrain pour affronter leurs homologues cairotes. Le bilan est désastreux : 74 morts et plus de 200 blessés. Mohamed Aboutrika, joueur d'Ah-Ahly (2004-2013), crie sur la chaîne de son club son désespoir via son téléphone mobile : « Ce n'est pas du football, c'est une guerre, les gens meurent sous nos yeux ». Le rôle des forces de sécurité est trouble. Les témoignages et différentes vidéos montrent des policiers et militaires impassibles face à la violence. Aboutrika l'atteste également formellement : « Les forces de sécurité nous ont abandonnés. Elles ne nous ont pas protégés. Un de nos supporters est mort juste sous nos yeux ». Suite au traumatisme, le joueur annoncera sa retraite avant de revenir sur sa décision. 

Commémorations des événements de Port-Saïd par les ultras d'Al-Ahly, le 2 Février 2016 Commémorations des événements de Port-Saïd par les ultras d'Al-Ahly, le 2 Février 2016

Pour les ultras d'Al-Ahly, cela ne fait aucun doute, ce qu'il vient de se passer est une vengeance des Forces Armées et du maréchal Tantawi dirigée contre eux. Une vengeance qui relève de la contre-révolution. Durant le procès traitant des événements de Port-Saïd (entre Janvier et Mars 2013) les Ahlawy n'auront de cesse de réclamer la mise en accusation des militaires et non des seuls supporters d'Al Masry. Les hommages sont nombreux et les ultras entretiennent la mémoire de leurs défunts camarades. Tout d'abord par les chants, dont l'un en particulier, « Oh, Conseil des salauds ! » qui évoque le CSFA et le drame vécu (lien YouTube). Mais aussi visuellement, comme le 2 Février 2016. Ce jour là, quatre ans après le drame, les ultras rendent hommage aux disparus dans leur propre stade (Mokhtar El-Tetsh Stadium). Ceux-ci utilisent leur tribune pour mettre en place une chorégraphie accompagnée des portraits des martyrs de Port Saïd derrière une banderole ou il est sobrement inscrit « Never Forget ». Port-Saïd reste comme une des plus grandes catastrophes de l'histoire du football.

Les ultras délaissent le terrain politique au cours des années qui suivent la Révolution. Entre temps, Mohamed Morsi, candidat du Parti Justice et Liberté (vitrine politique des Frères musulmans) a été élu président de la République égyptienne le 30 Juin 2012. Il est le premier civil dans l'histoire de l'Egypte a atteindre cette fonction. Un vaste mouvement de protestations populaires lors de l'été 2013 pousse l'armée à le renverser le 3 Juillet 2013. Retour à la case départ, les militaires sont de nouveau au pouvoir. Abdel Fattah al-Sissi, commandant en chef des Forces Armées égyptiennes fait abroger la Constitution de 2012 avant de se présenter à l'élection présidentielle du 28 Mai 2014. Une élection qu'il gagnera « haut la main » avec 97% des voix, avant d'être réélu quatre ans plus tard, toujours avec 97% des voix.

Le football du peuple, par le peuple et pour le peuple

Le Régime d'al-Sissi est peut-être encore plus autoritaire et violent que celui de Moubarak. Les ultras préfèrent se concentrer sur leur seul identité footballistique comme témoigne l'un d'eux : « J'ai perdu dix de mes amis proches à Port-Saïd (...) c'est un traumatisme énorme. Et vous perdez espoir. Vous arrêtez de vous souciez de qui prendra le pouvoir ». (Patrick Kingsley, « The long révolution of the Ultras Ahlawy », Roads & Kingdoms, Novembre 2013) D'autant que dans le sillage de la répression tournée vers les Frères Musulmans, les ultras peuvent alors êtres qualifiés de terroristes et jugés comme tels.

Mohamed Salah (à gauche) et Mohamed Aboutrika Mohamed Salah (à gauche) et Mohamed Aboutrika
L'exemple le plus détonnant est celui de Mohamed Aboutrika (104 sélections en équipe nationale égyptienne), le joueur témoin des horreurs de Port-Saïd. Il fut placé sur la liste des terroristes recherchés par le pouvoir à la suite d'une décision pénale d'une cour du Caire en 2017. Cette décision était motivé par le fait que le joueur aurait financé les Frères Musulmans.

Mais le plus significatif, est la privation d'une fenêtre d'expression qu'est le stade. En effet, au lendemain du drame de Port-Saïd, la présence de supporters lors des matchs officiels de la Ligue égyptienne fut interdite.

Une interdiction levée, seulement, en Septembre 2018. Le football se déplaça alors dans les urnes. Lors de la réélection d'al-Sissi en Mars 2018, Mohamed Salah, star égyptienne de l'équipe du Liverpool F.C aurait obtenu plus d'un million de voix. Ce qui aurait valu au joueur près de 5% des suffrages exprimés s'il disposait d'une candidature officielle.

Malheureusement, les médias occidentaux analysèrent souvent cette information sur le ton de l'humour, la considérant comme une simple anecdote footballistique. Alors qu'au contraire l'histoire du football égyptien donne un sens bien plus profond et réfléchi à cet acte. Ce joueur de football désigné dans l'isoloir fut considéré comme une solution alternative pour certains. Un joueur considéré comme appartenant au peuple, tout comme Aboutrika. Salah, de plus, n'hésita pas à critiquer sa fédération. L'institution disposant d'une autorité sur lui. Il critiqua cette dernière pour avoir établit le camp de base de l'équipe égyptienne en Tchétchénie durant la Coupe du Monde 2018 se déroulant en Russie. Laissant ainsi l'image du joueur être utilisée par Ramzan Kadyrov

La popularité de Mohamed Salah n'est pas seulement basée sur ses prouesses sportives. L'homme a par exemple soutenu une campagne de l'ONU promouvant le droit des femmes et l'égalité des sexes en Egypte. La dimension politique de son image rappelle les réactions qui eurent lieu à l'annonce de l'inscription de Mohamed Aboutrika sur les fichiers terroristes de la Justice égyptienne. Certains proches d'al-Sissi rappelèrent le passé glorieux du joueur en sélection nationale.

Ces prises de position en faveur d'Aboutrika montrèrent la puissance du football, sa capacité à dépasser les clivages politiques et les allégeances. Des députés s'empressèrent de déposer une motion pour faire retirer son nom de ladite liste. Plus significatif encore, un supporter déclarait au journal Le Monde que si le joueur devait subir le même sort que les centaines d'ultras arrêtés en début d'année 2017, on « assisterait à une nouvelle Révolution... ». Cet avertissement montre que le football est un domaine difficile à museler, peut-être plus encore en Egypte qu'ailleurs.

 

Mise à jour : Cet article fut publié la veille de la finale retour de la Ligue des Champions de la CAF opposant l'Espérance Sportive de Tunis au Sporting Club d'Al-Ahly.

Lors de cette finale retour, les Tunisiens, battus 3-1 à l'aller en Egypte, ont complètement renversés la tendance pour s'imposer 3-0 à domicile et remporter leur troisième Ligue des Champions. Cette victoire leur permet de devenir le représentant africain du prochain Mondial des Clubs.

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