Banc public

Un banc en bois baigné d'une douce lumière, la vie.

 Banc public

Il s'est assis sur un banc public, tranquillement.
Les après-midis ensoleillés, il venait parfois s'y réchauffer la carcasse.

Des passants passaient, de rares cumulus mediocris, tout aussi indifférents, se prélassaient. 

Ses connaissances lui prêtaient un caractère indépendant.
Moultes occasions de se divertir se présentaient : l'entêtant parfum du chèvrefeuille courant sur la grille, l'observation patiente de laborieux pyrrhocores qui cheminaient sous le banc, une chanson de Brassens s'échappant d'une fenêtre voisine, le passage d'un couple d'odonates insouciants. 

Les voyages de l'âme ne lui suffisaient pas.

Il ne pouvait s'empêcher de penser à elle, à sa vivacité, à la beauté de son chant, à sa créativité, aux épreuves qu'elles avaient su traverser, à ces moments magiques partagés, lorsqu'elle se posa à l'autre extrémité du banc.

La mésange pouvait s'envoler à tout instant mais savait que le chartreux jamais ne la trahirait. 

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