Management - Néolibéralisme, mise à mort du travail social !

Marchandisation, logiques managériales, mutation des conflits sociaux, souffrance au travail... Devant ces nouvelles difficultés, les travailleurs sociaux tirent la sonnette d'alarme. Alors que choisir : l'inertie du désespoir ou l'optimisme du militantisme ?

 Avant propos :

Dans un premier billet (ici), la question de la dé-politisation du travail social a été ouverte sous différentes dimensions : le remplacement du politique par le culturel, l'individualisation néolibérale de l'action culturelle, l'omniprésence du projet, l'instrumentalisation de la citoyenneté, et la question de l'éthique par la financiarisation des questions sociales.

Le deuxième billet (ici), a critiqué la construction et le développement de la marchandisation du travail social à travers plusieurs prismes : les appels à projets mettant en compétition les associations les unes contre les autres sous le modèle de l'entreprise. Une tarification à l'activité imposant subversivement l'austérité budgétaire. Pour terminer, le financement à impact social métamorphosant le travail dit "social" en travail rentable, par la transformation d'un sujet humain (la personne accompagnée) en objet de rentabilité pour le capitalisme.

Ce troisième billet va traiter de la souffrance au travail. Bien que les deux premiers articles peuvent expliquer une part de l'amertume grandissante chez les travailleurs sociaux, celui-ci va réprouver d'une part l'instabilité professionnelle engendrée par le néolibéralisme, et d'autre part la dangereuse généralisation des logiques de gestion managériales au sein de l'organisation du travail social.

 

Introduction :

Le travailleur social : un accompagnateur de sujets, un passeur de chemin, un travailleur (a)politique, un dresseur de pauvres, un pacificateur des inégalités et des conflits sociaux, un valet des politiques ? Quelle en serait la représentation adéquate ? Selon la définition Internationale du Travail Social qui a été approuvée par l'assemblée générale de IASSW (Association internationale des écoles de travail social ) le 10 Juillet 2014 à Melbourne, le travail social est : « une pratique professionnelle et une discipline. Il promeut le changement et le développement social, la cohésion sociale, le développement du pouvoir d’agir et la libération des personnes. Les principes de justice sociale, de droit de la personne, de responsabilité sociale collective et de respect des diversités sont au cœur du travail social. Étayé par les théories du travail social, les sciences sociales, les sciences humaines et des connaissances autochtones, le travail social encourage les personnes et les structures à relever les défis de la vie et agit pour améliorer le bien-être de tous. ». Jamais la définition du travail social n'a été aussi loin dans sa détermination d’accompagner les personnes à travers des processus d'émancipation. Cependant qu'en est-il réellement ? 

En 50 ans, le contexte d'intervention des travailleurs sociaux a évolué. Dans les années 60-70, le travail social avait vocation à éliminer les dernières poches de la pauvreté dans une société de croissance et d'euphorie économique plus facilement intégratrice pour les individus. Puis au milieu des années 70 s’achève le passage de l’assistance à l’aide sociale notamment dans les lois de juin 1975, portant sur le statut des personnes handicapées et sur les institutions sociales et médico-sociales. Cependant, la crise économique des années 70, qui serait plutôt une modification du rapport de force entre les puissances sociales avec comme dénouement, la prise de pouvoir actionnarial et de la finance sur l'économie dans sa tendance néolibérale, de nouvelles problématiques sont apparues. L'action sociale doit prendre en charge des publics bien plus diversifiés dans un accompagnement plus individualisé, même contractualisé.

Ce changement de contexte sociétal est important : la fin des ''30 glorieuses'' où l'intégration professionnelle était une passerelle habituel ; où l'insertion socio-familiale était plus stable avec des structures familiales plus traditionnelles ; où la démocratisation culturelle gagnait l'ensemble de la société en faisant certes miroiter l'heureuse illusion de l'égalisation des classes ; où la société était créatrice de liens sociaux interdépendants que ce soit dans le champ de production ou social ; où le tissu militant et syndical intégrait les individus dans des dynamiques de solidarité ; où la stabilité du contrat de travail des professionnels du social permettait de travailler sans l'inquiétude du changement permanent ; où des subventions correctes permettaient aux associations de disposer d'une vision profonde pour travailler sur le long terme avec les individus.

Aujourd’hui, de nouvelles contradictions et difficultés sont apparues. Les travailleurs sociaux sont maintenant pris dans une nouvelle complexité : dans des procédures paradoxantes (contradictoires et paralysantes) liées aux logiques de gestion managériales ; dans un désengagement de l'Etat laissant progressivement le secteur marchand s'approprier le financement les missions sociales ; dans une transformation des modes de financement des structures recherchant désormais la rentabilité économique ; dans des mutations de la société engendrant de nouvelles difficultés tel que l'individualisme – la désaffiliation – les mouvements de réfugiés – l'explosion des sans-abris – la délinquance et la stigmatisation des quartiers appelés « sensibles » depuis les premières émeutes urbaines à Vaulx-en-Velin en 1979 ; pour terminer une nouvelle souffrance psychique liée au travail engendrant des burn out/dépressions, une perte de sens de leurs savoirs, de leurs connaissances et du travail en lui-même.

Ces nouvelles contradictions ne veulent en aucun cas émettre l'idée fausse que le travail social aurait été mieux auparavant, plus simple, sans contradictions et souffrances pour les travailleurs sociaux. Ce billet analyse seulement quelques transformations du travail social qui empêchent les salariés de pouvoir travailler correctement selon leurs valeurs, engendrant chez eux de nouvelles tensions psychiques.

En définitif, à partir de la fin du 20ème siècle, le monde tel que nous le connaissons est rentré dans une nouvelle phase de son développement qui défait nos certitudes. En effet, pour la première fois dans l'histoire des civilisations, nous vivons dans une société qui par essence, crée de la dissociation du lien social. C'est ce que Jacques Généreux appelle « la dissociété ». Cette société ne serait plus créatrice de liens sociaux, de passerelle entre les différents champs de la société. Il y a une sorte d'autonomisation extrême de tous les champs (champ social – champ de production – champ socio-familial - champ scolaire) qui ne semble plus se lier les uns avec les autres. Les passerelles passant d'un champ à l'autre semblent s'effondrer jours après jours. Le travailleur social, qui par essence est un passeur de champs se retrouve donc aujourd'hui dans de nouvelles difficultés et contradictions dont il ne peut parfois trouver les solutions adéquates. 

 

   1.   Les logiques néolibérales de gestion


Le néolibéralisme, entre culpabilisation et précarisation

Les nouveaux modes de financement et la fonte des subventions sont bien sûr des symptômes expliquant la souffrance des professionnels du social. Les politiques économiques néolibérales étranglent financièrement les associations provoquant des répercussions sur le travail réel. Combien de travailleurs sociaux se retrouvent seuls, isolés, et démunis lorsqu'ils doivent expliquer à des sans-abris qu'ils doivent dormir dehors car il n'y a pas de logements-hébergements disponibles. Comment expliquer à un exilé soudanais victime de la dictature Omar El Béchir, de l'héritage des guerres civiles et de l’extrême pauvreté qu'il va devoir retourner dans l'enfer du Darfour. Quelle culpabilisation dans le travail d'insertion en sachant pertinemment que le jeune ne trouvera pas de travail du fait du chômage de masse, mais que l'on doit pourtant travailler avec lui sa non-insertion, consistant à lui faire porter le seul poids de la responsabilité en déculpabilisant par ce fait le marché du travail, ou l'impuissance des politiques publiques.

Le néolibéralisme, comme nouvelle organisation sociale et économique promeut les idées d'efficience, de résultat, d’efficacité, et d'individualisme. Cette vision se propage dans social lui faisant perdre son sens en soudoyant ses valeurs. Cette nouvelle culture idéalise également l'immédiateté, le changement permanent appelé cyniquement « mobilité » ou « employabilité ». C'est pourquoi, le néolibéralisme impose aux instances politiques la flexibilisation du marché, avec des CDD qui ont doublé entre 1982 et 2012, et le temps partiel qui lui aussi a doublé en 30 ans. Tout comme les personnes qu'ils accompagnent, certains travailleurs sociaux semblent eux-mêmes condamné à vivre dans l'instabilité permanente, dans un espace titillant la zone de vulnérabilité en s'adaptant au marché, en acceptant des emplois précaires, à prendre des postes dont ils sont sur-qualifié, en acceptant des surcharges de travail, en se soumettant à la variabilité des horaires de travail, à consentir à des missions qui ne sont pas sociales...

Cependant, la tension permanente, l'anxiété, les maux de tête, le stress, les insomnies, la fatigue, le burn-out, la dépression est symptomatique également d'une autre donnée : la gestion managériale. En effet, venant tout droit des multinationales pour se rependre dans les entreprises marchandes, puis dans le service public, nous pouvons constater que ces dynamiques de management commencent à se propager dans le travail dit ''social'' bientôt devenu ''rentable''. Le management, enfant de la nouvelle organisation économique et sociale appelée néolibérale, promeut lui aussi ces idées d'efficience, de résultat, d’efficacité, d'individualisme...

 

   2.   Les contradictions et paradoxes de la gestion managériale

L'organisation managériale du travail demande des compétences transversales pour s’adapter à chaque nouveaux besoins. Cependant, ces compétences sont souvent une source de tension psychique. En effet, on demande au salarié non plus de réels savoirs, mais d'être flexible, souple, disponible, inter-changeable, malléable, docile, mobile... On passe donc de l'avoir (savoir) à l'être (compétence) ce qui est une source d'aliénation très subversive. Car sous prétexte de donner de la liberté d’initiale, de créativité, d’autonomie... on contrôle le salarié non pas par une mobilisation matérielle, mais par des mobilisations psychiques pouvant rencontrer des contradictions au sein de son travail concret.

Premier exemple : on demande aux travailleurs sociaux de travailler de manière qualitative sur l'ensemble de leur accompagnement. Cependant sur le terrain, les besoins augmentent. Le travail devient quantitatif. La contradiction est telle que les travailleurs rentrent dans une culpabilité vis-à-vis de leur travail, de leur capacité ou plutôt incapacité à le faire correctement. Combien d'éducateurs ou d’assistantes sociales sont contraints de recevoir en CHRS qu'une fois par mois les personnes qu'ils accompagnement à cause de la surcharge de dossiers à traiter ? De plus, comment travailler de manière qualitative si le souci de rentabilité et efficience est promu comme qualité première ?

Deuxième exemple : on demande aux salariés d'en faire toujours plus dans leur accompagnement mais toujours avec autant voire moins de moyens. Logiquement, à un moment donné ça casse...

Troisième exemple : « Soyez toujours positifs, nous refusons la négativité. Ici, il n'y a pas de problème mais que des solutions ! » Cette injonction est appelée ''approche solution''. Cependant les salariés ont rarement des instances de médiation nécessaires pour analyser les problèmes, et trouver une solution objective dans l’intérêt de tous. Alors ils se taisent, ne disent rien car ceux qui exposent des problèmes sont désignés comme des agitateurs de conflits. On doit révéler un problème seulement si on détient la solution.

Le management fait donc passer la mobilisation des corps demandé par le Fordisme (travail à la chaîne) à la mobilisation psychique. Cette nouvelle forme d'aliénation permet de mettre en tension permanente le salarié et de constituer par là une nouvelle forme d'aliénation. Car non, le management n'a pas libéré les salariés des anciennes chaînes du fordisme-taylorisme. Il a donné aux salariés une forme d’autonomie mais qui est contrôlée. En effet, les contradictions non-exhaustives citées plus haut amènent le salarié dans une pression permanente pouvant l'empêcher de bien faire son travail. On lui propose de la responsabilité par l'idéalisation de ces compétences. Cependant, ça soutient l'idée que les échecs et difficultés lui seront inhérents. Le manque de budgets-moyens, la malchance, autrui, le marché ou toute autre facteurs seront dédouanés de toute culpabilité. La responsabilité managériale, c'est l’intériorisation de la défaite comme intrinsèque à mon moi, comme seul coupable de la situation.

 

  3.  Le travail social et hospitalier en première ligne de la souffrance au travail

Que ce soit le néolibéralisme qui modifie les formes de financement du travail social selon son idéologie : rentabilité – austérité – marchandisation. Ou encore des logiques managériales qui atténuent des contradictions entre ce qu'on demande de faire au salarié et sa réelle possibilité sur le terrain, les travailleurs sociaux se retrouvent dans une situation nouvelle, créatrice de souffrance. La conséquence malheureuse est un rapport singulier à la culpabilité, une perte de sens de son travail et une tension permanente. Le travailleur doit donc prendre en charge toutes les maladresses de sa structure, du diktat du marché, de l'impuissance/abandon de l’État et des contradictions de l'organisation du travail : « Comment faire plus avec moins ? » ; « Comment être à deux endroits à la fois ? » ; « Comment travailler avec tout le monde quand le réseau s'agrandit de jours en jours ? », « Quand on arrive à dégager du temps, paradoxalement on en a moins ! » Toute cette tension produit cette conséquence malheureuse que les travailleurs sociaux sont en première ligne des affections psychiques : dépression et burn-out. De plus, le secteur de la santé et de l’action sociale présentait le taux de mortalité par suicide le plus élevé (34,3/ pour 100 000) durant la période de 1976 et 2002. Cette période est d'ailleurs le début de la révolution managériale et l'application des politiques économiques néolibérales (années 80 pour la France). Nous ne pouvons pas spéculer aujourd'hui pour savoir si ce taux s'est maintenu depuis 2002, mais à la vue de toutes les transformations qui dégradent le secteur hospitalier et social, nous pouvons plus généralement émettre l'hypothèse que la souffrance au travail dans ces secteurs n'a pas diminuée.

 

  4.  Un excès d’intelligence collective domestiqué

Pour terminer, je soutiens une thèse dont nous ne sommes pas beaucoup à défendre sauf dans le champ de l'éducation populaire politique : l’excès de culture. En effet, nous partons du principe qu'il y a trop d'intelligence collective dans le champ de production. Les savoirs des salariés dépassent ce qui est demandé par les ingénieurs-prescripteurs des procédures de travail. Chaque travailleur par ses expériences, ses expérimentations, ses habilités, ses introspections, et la mise en réflexivité de toutes ces données à travers des collectifs de travail peut réussir à organiser lui-même son travail en accord avec des valeurs individuelles et collectives.

Ce qui est souvent oublié, c'est que le travailleur social est également un travailleur politique. En effet, chaque mission émane d'une décision politique. Chaque salarié est capable par toutes les données qu'il a intériorisé dans son travail d'analyser une situation de manière critique. Ainsi, il peut comprendre en profondeur des contradictions l'empêchant de travailler : « Faites plus avec moins ! », « Travailler de manière qualitative alors que les besoins augmentent »... Cependant, donner le droit professionnel-politique aux salariés de mettre en réflexion l'organisation du travail et l'analyse politique et critique des contradictions est le plus grand danger pour la prédation économique. Car le savoir est du pouvoir. Il doit seulement être détenu par une minorité de personnes, se servant de la force sociale de tous pour leurs intérêts privés. C'est pourquoi le savoir politique est toujours mis sous silence. En d'autres termes, les contradictions de la gestion managériale provoquant une impossibilité de travailler pour les travailleurs sociaux selon des normes et valeurs communes, ajouté à cela la mise en place de politiques inadéquates selon les besoins constatés sur le terrain, ne peuvent se régler qu'avec l'inscription des associations et des acteurs locaux dans des instances de délibération afin de peser sur l'arbitrage politique. En clair, permettre la libération de cette intelligence - culture collective présente en chacun des salariés, domestiquée par l’asservissement managérial et l’obéissance politique (le cas de l'aide soignante licenciée pour avoir dénoncé des conditions de travail est un bon exemple).

Le travail social ne peut donc pas se réaliser avec cette division du travail aussi verticale qui sépare l'action d'accompagnement et l'organisation du travail. Le travailleur social ne peut pas faire de la réparation sociale dans une qualité de neutralité. Confronté aux conséquences des rapports de prédation et de domination capitaliste, on lui demande de denier la cause, en d'autres termes d'invisibiliser le problème en son cœur. Comment ne pas plonger dans la folie ? « La folie, c'est se comporter de la même manière et s'attendre à un résultat différent » disait Einstein. Cette séparation du politique, de l'organisation et du social conditionne le travailleur social à faire le pompier partout pour éteindre l'incendie mais sans jamais lui demander de regarder les causes de son déclenchement. De la réparation et non de l'émancipation, voilà le déplacement qui s'est opéré dans les années 80. C'est pourquoi certaines coopératives d'éducation populaire interviennent dans des structures pour libérer cette parole. L'idée est simple : faire délibérer les travailleurs sociaux sur leurs conditions de travail, comment ils vivent leurs métiers, et par ces simples activités collectives vous faites "péter une assemblée générale avec cela" (Franck Lepage).

 

En conclusion

Ainsi, l'organisation de la gestion nous condamne à la médiocratie, c'est à dire un métier sans avoir de possibles ouvertures pour discuter en profondeur le fondement de notre travail. Cette médiocratie est «  l'ordre en fonction duquel les métiers cèdent la place à des fonctions, les pratiques à des techniques, la compétence à de l'exécution. » (Alain Denault – La médiocratie – Edition Lux - page 26). Laissons juste parler le ''spécialiste'' ingénieur-politique qui ne met jamais les pieds sur le terrain pour nous dire ce que l'on doit faire et comment le faire. Le travailleur social se retrouve aliéné par l'intériorisation de formes, de procédures de travail définies sans lui mais selon des termes de vérité, de légitimé et d'impartialité, mais qui en fin de compte rend invisibles les rapports de domination, de pouvoir. Sous couvert de demander de la réflexion sur son travail, les logiques de gestion domestiquent l’intelligence collective des travailleurs sociaux en réduisant la légitimé de la pensée aux seules fonctions de rentabilité, d’efficacité et d'efficience. En d'autres termes, selon les critères respectueux du système institué. Rarement le fondement du travail et de son organisation n'est discuté, en cela, le travailleur social est aliéné. Son savoir est morcelé par la dépolitisation des questions sociales et organisationnelles de son travail, pour des intérêts de pacification sociale. En d'autre termes, la loi fondamentale de la logique de gestion, c'est l'indiscutabilité du travail et de la souffrance qui en découle.

 

La force d'une domination n'émane pas réellement de sa puissance financière ou de son nombre démographique, mais de son organisation collective. Et nous, travailleurs ''souciaux'', quand serons nous organisés ? - A quand l'écriture d'un manifeste commun du travail social ?

ts


PS : Nous récoltons des témoignages de travailleurs sociaux sur les conditions de travail et les contradictions dont ils sont victimes. Les récits sont mis en ligne ici, sur l'édition ''Ecrire pour exister'' (anonymat garanti). Envoyer à l'adresse v.astier51@laposte.net.

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