Portfolio

Tout ce(ux) que vous avez toujours voulu connaître chez Mediapart

En février dernier, j'ai passé une semaine de stage à Mediapart. J'ai pu être au coeur de ce journal en pleine activité et rencontrer de nombreuses personnes qui réalisent le journal. Certaines se sont placées devant mon objectif et je les remercie pour cela. J'ai tenté d'écrire leur portrait en rassemblant mes notes et mes impressions.
  1. Olivier Grange-Labat, est le directeur du service technique. C'est la première personne que nous interrogeons et il nous accueille très souriant et chaleureusement. Il fait à l'époque des études d'informatique mais lorsqu'il découvre Internet à son commencement en 1993, il s'y intéresse beaucoup, et il se rend compte que c'est ce qu'il a envie de faire. Il décide donc de poursuivre ses études dans le développement. Il commence sa carrière au Monde où il travaille pendant plus de quinze ans, mais ayant envie d'un peu de changement, il va à Mediapart où il travaille au sein du service technique depuis maintenant plus d'un an. Il nous dit que, par exemple, ce qu'il apprécie chez Mediapart c'est le fait que la conférence de rédaction, qui a lieu chaque matin, invite toutes les personnes de Mediapart, c'est-à-dire la rédaction (donc les journalistes), le marketing ou encore le service technique. Pour le service abonné celui-ci est à Poitiers et un autre service est à Montpellier. Cependant, ils peuvent quand même y participer par vidéo grâce à la webcam qui est mise en place à l'endroit où a lieu la conférence de rédaction.

  2. Géraldine Delacroix est journaliste depuis plus de vingt-cinq ans. Lorsqu'elle s'exprime, elle est très réfléchie. Elle obtient son bac scientifique puis décide de faire des études d'ingénieure mais finalement s'aperçoit que ce n'est pas ce qu'elle a envie de faire et fait des études d'économie. Tout en parlant, elle reste bien attentive à ce que nous comprenions bien tout ce qu'elle nous explique. Elle s'intéresse plus particulièrement à la filière « information et communication » et tente le concours de l'école de journalisme à Strasbourg, elle l'obtient. Une fois son cursus terminé, elle travaille comme pigiste ou en CDD pour Le Monde et les Echos durant deux ans. Après elle est embauchée par Libération et y travaille pendant dix-huit ans. Les deux années suivantes, elle dirige la rédaction de la mairie de Paris. A la fin de l'année 2009 elle devient journaliste chez Mediapart et commence par s'occuper de la rubrique du club, ensuite elle crée sa rubrique : « Internet et le numérique ».

  3. Karl Laske est un journaliste d'investigation. Quand nous commençons à discuter il semble calme et pensif. A sa sortie du bac, il fait des études de sciences économiques et souhaite faire du journalisme car il est très intéressé par les enquêtes d'un journaliste investigateur allemand. Il commence son parcours de journaliste en écrivant des piges pour le Canard enchaîné et en faisant presque toujours des enquêtes. Il travaille ensuite à Libération jusqu'en 2011. Cette année-là, il rejoint Mediapart. Il fait plusieurs livres où il raconte ses enquêtes et les investigations qu'il a menées. Ces derniers temps, il fait un reportage sur les gilets jaunes, notamment par rapport aux violences avec les forces de l'ordre.

  4. Thomas Cantaloube est journaliste. Il a l'air d'être une personne assurée. Lorsqu’il est au lycée, il aime beaucoup écrire et s'informer sur l'actualité. Lorsqu'il souhaite devenir journaliste, il va au forum de l'étudiant avec ses parents et décide de faire Science-Po, qu'il obtient. Cela lui apporte beaucoup et à sa sortie il fait une école de journalisme. En 2008, il rejoint Mediapart à ses débuts. A l'époque il travaille un peu dans tous les domaines mais depuis deux ans il se concentre essentiellement sur l'international et particulièrement sur le Moyen-Orient. Il fait partie des personnes ayant travaillé sur l'affaire Laurent Gbagbo. Il va à l'étranger quatre à cinq fois par an. Lorsqu'il travaille, il préfère toujours se rendre sur place pour mieux comprendre et éclaircir son enquête. Il nous dit que pour devenir journaliste il faut être curieux et que ce qu'il aime dans son métier c'est qu'il apprend sans cesse de nouvelles choses. Lorsqu'il commence une enquête, la première chose qu'il fait, c'est se documenter et ensuite vérifier, vérifier et vérifier.

  5. Edwy Plenel est le directeur de Mediapart. Il a souvent un petit sourire sous sa moustache. Jeune, il s'engage à l’extrême gauche, durant la période de Mai 68. Il se met alors à écrire des articles dans une presse engagée : le journal Rouge. Il fait ensuite son service militaire et cela lui permet de connaître beaucoup de personnes différentes. L'année suivante il devient pigiste et écrit des articles par rapport à l'éducation. Il est repéré par Le Monde et embauché. Il s'occupe là-bas pendant dix ans de la rubrique police, et sort ses premiers grands articles et scoops. Lorsqu'il crée Mediapart en 2008, c'est pour différentes raisons. Pour commencer, c'est la révolution numérique. Internet commence à se faire connaître, et de grandes innovations techniques sont créées. Il nous explique aussi que le journal papier à un coût élevé (le papier, l'imprimerie, les machines, …), et que Internet permet donc de faire des économies. C'est ce qui lui donne envie de faire son journal exclusivement en ligne. Ensuite, c'est à cette époque que de grands journaux se font racheter et perdent leur autonomie. Il souhaite donc créer un journal indépendant économiquement et participatif mais qui aurait tout de même des informations utiles, des scoops et une qualité professionnelle. Mediapart est officiellement créé le 16 mars 2008. Aujourd'hui, Edwy Plenel a encore des projets pour Mediapart comme rendre son contenu encore plus riche, consolider son indépendance et maîtriser sa croissance car depuis sa création, le nombre d'abonnés à énormément augmenté. Ce qui fait que le nombre de personne à Mediapart est, lui aussi, beaucoup plus élevé. Il faut donc adapter ses locaux pour qu'il y ait assez de place pour tout le monde. Il nous dit que pour devenir journaliste il faut avoir un vrai savoir-faire, une grande culture générale (histoire, sociologie, géopolitique, ...) et une “curiosité généreuse” qui est une vraie qualité pour un journaliste. En sortant de notre entretien, je retiens particulièrement une phrase qu'il nous a dite avec un grand sourire bienveillant : “Il n'y a pas de mauvaises questions, il n'y a que des mauvaises réponses.”

  6. Antoine Perraud est un journaliste culturel. Derrière ses lunettes rondes, il nous raconte son histoire avec quelques petites touches d'humour. Au début il veut être professeur d'histoire. Mais vers la fin de ses études, sa mère lui dit qu'elle lui paie encore ses deux dernières années menant à l'agrégation. Ne souhaitant pas continuer, et conseillé par un ami, il tente le concours d'une école de journaliste, le CFJ (centre de formation des journalistes). Il le réussit. Après ses années d'études au CFJ, il désire travailler à Télérama, un journal qu'il apprécie beaucoup et dont il lit les articles depuis qu'il est adolescent. Il écrit une lettre à ce journal pour se faire embaucher mais on lui dit qu'il n'y a pas de place disponible. Une de ses amies qui travaille à Télérama lui propose de parler au directeur. Grâce à elle, il est embauché à l'essai. Il reste à Télérama dix-huit ans. Vers 2006, il quitte Télérama et c'est durant cette année d'entre-deux qu'il va écrire son seul et unique livre : La barbarie journalistique. Ce livre parle de trois faits divers différents datant de 2003, qui, à l'époque avaient provoqué un grand emballement journalistique et qui, finalement, étaient calomnieux et infondés. En décembre 2007, il fait partie du groupe de journalistes qu’Edwy Plenel réunit. Il est resté à Mediapart depuis. Il nous dit que ce qu'il préfère chez Mediapart c'est le fait qu'il y ait une grande liberté. C'est un journal qui n'appartient pas à de grands groupes, comme dans le cas de Libération ou du Monde, c'est un journal indépendant. Une des formes de liberté qu'il trouve à Mediapart, par exemple, c'est le fait qu'il n'y ait pas de restriction du nombre de feuillets, ce qui n'est pas le cas pour les journaux sous format papier. Pour conclure, il nous dit que Télérama lui a donné envie d'être journaliste et que Mediapart lui a donné envie de le rester.

  7. Ludovic Lamant est un journaliste qui travaille sur l'international, plus précisément par rapport à l'Europe. Il est sympathique et fait très sérieux. Il souhaite être journaliste depuis qu'il est petit et, à l'époque, il souhaitait plutôt écrire sur le cinéma. C'est lorsqu'il grandit qu'il découvre aussi l'aspect de pouvoir voyager, ce qu'il lui plaît beaucoup. Pendant ses études, il passe deux ans en Argentine. Ensuite, il est correspondant en Belgique pendant six ans. Avant de se concentrer sur l'Europe, il couvrait toute l'actualité internationale. C'est en 2008 qu'il rejoint l'équipe de journalistes de Mediapart. En ce moment, il est très occupé par le Brexit, la prochaine élection législative en Espagne et les élections européennes de mai.

  8. Estelle Coulon nous accueille dans la pièce dédiée au marketing. Elle est très détendue et nous met tout de suite à l'aise. C'est la directrice du marketing et de la communication de Mediapart. Elle fait des études de « service et réseaux de communication » et elle obtient son diplôme d’études approfondies. Elle rentre à Mediapart en 2011, où son rôle est de faire connaître le journal et de mettre en place plusieurs moyens pour que les clients restent abonnés à Mediapart. Pour cela, elle utilise ce qu'elle appelle l'autopromotion. Au fur et à mesure des années, le service s'est agrandi et plusieurs personnes l'ont rejointe. Elle nous explique que c'est un métier qui demande beaucoup d'organisation au quotidien.

  9. Faïza Zerouala est une journaliste spécialisée dans le domaine de l'éducation. C'est une personne vive et dynamique. Elle est arrivée il y a trois ans à Mediapart. Elle a fait des études d'histoire et apprécie beaucoup la sociologie. Elle nous explique assez clairement la réforme du bac, en nous disant ce qu'elle en pense, après avoir interrogé de nombreuses personnes concernées par cette réforme. Avant d'arriver à Mediapart elle a travaillé à Clique, un média culturel.

  10. Jade Lindgaard est journaliste à la rubrique écologie. Elle est à Mediapart depuis 2008, et a beaucoup travaillé sur le climat. Maintenant, depuis qu'un autre journaliste l'a rejointe, elle s'occupe davantage de travailler sur des enquêtes qui révèlent les conséquences de la pollution et des produits toxiques sur notre environnement. Je remarque qu'elle porte un chemisier vert assorti à la couleur de ses yeux et de sa rubrique. Elle nous parle des enquêtes qu'elle a déjà effectuées, de celles qu'elle fait en ce moment et de comment elle s'y prend pour enquêter. Après son bac, Jade est allée à Science-Po Paris. Elle continue ses études au CFJ, et après, elle passe une année à New York à l'université N.Y.U. Elle nous dit, un sourire aux lèvres, que c'est la partie qu'elle a préféré de ses études. A cette époque, elle est plutôt intéressée par la culture, l'art et le cinéma. Cependant, lorsqu'elle commence sa carrière aux Inrockuptibles, elle s'occupe de la rubrique politique pendant dix ans. C'est en 2009 qu'elle quitte Les Inrockuptibles pour aller à Mediapart. C'est à partir de là qu'elle prend en charge les articles sur l'écologie. Elle a l'air d'être très déterminée et persévérante.

  11. Dan Israel est un journaliste qui travaille sur le social. Il se dégage de sa personne une grande simplicité et beaucoup de sincérité. Lorsqu'il est étudiant à Science-Po, il souhaite plutôt faire de la communication et du marketing mais il découvre que ce n'est pas ça qui l'intéresse le plus. Il passe une année d'étude à Montréal et participe au journal de son établissement. Il apprécie beaucoup cette expérience. C'est une de ses professeures qui finalement lui conseille de devenir journaliste. A sa sortie de Science-Po, il réussit à intégrer une école de journalisme. Plus tard, il travaille pendant cinq ans sur le site Arrêt sur image. C'est en 2012, lorsque Mediapart cherche quelqu'un pour sa rubrique économie qu'il postule, ayant envie d'un peu de changement. Il est embauché. Ce qu'il aime chez Mediapart c'est qu'il y a beaucoup de liberté pour écrire (pas de nombre de feuillets imposé). Il nous dit aussi qu'il apprécie le fait de pouvoir prendre du temps, lorsque qu'un sujet est complexe, afin de l'éclaircir au mieux pour les lecteurs.

  12. Lorraine Melin est la gestionnaire administrative de Mediapart. C'est notre tutrice de stage (ici le billet de Heather Guede, l'autre stagiaire). Elle est attentive, et veille à ce que nous fassions toujours quelque chose. Elle est très sympathique, bienveillante et chaleureuse. C'est grâce à elle que nous avons pu rencontrer de si nombreuses personnes différentes au sein de Mediapart, car elle connaît tout le monde. Son rôle à Mediapart est de s'occuper de l'accueil (télévision, radio, …), des stagiaires (comme nous !), des personnes qui déposent des dossiers pour les journalistes, de l'intendance des lives, des achats (comme les cahiers, stylos, papiers ou autre matériaux), de la gestion du bâtiment et de s'occuper des pigistes (leur contrat, les régler, ...). Elle est née au Maroc et y a passé toute son enfance. Durant sa vie, elle a vécu et travaillé dans de nombreux pays étrangers, comme l’Inde, Hong-Kong ou le Zimbabwe. Elle a toujours aimé la photographie et a fait beaucoup de reportages. Elle a particulièrement travaillé sur les portraits. Elle a aussi fait des études d'anthropologie ce qui l'a grandement intéressée. Pendant sept ans elle a travaillé dans les prisons. Elle a aussi été dans l'édition. C'est il y a cinq ans et demi que Mediapart cherche une gestionnaire et qu'elle postule pour le poste. Elle est prise. En conclusion et face à ce parcours très riche, nous lui demandons dans quel pays elle voudrait retourner. Elle nous répond que c'est le Maroc pour pouvoir respirer l'air de son enfance

  13. Mathilde Goanec est une journaliste qui travaille dans le domaine du social et un peu sur la santé. Elle a une attitude calme, posée. Lorsqu’elle est étudiante, elle va dans un I.U.T (institut universitaire technologique) et elle obtient son D.U.T (diplôme universitaire technologique). Ensuite elle part une année au Québec et décroche sa licence professionnelle. Elle devient ensuite pigiste pendant dix ans. Durant ces années, elle passe quatre ans à l'étranger (en Asie centrale et en Ukraine) et cinq ans à Paris. Elle se fait embaucher à Mediapart il y a quatre ans et en ce moment, elle enquête beaucoup sur les violences sexuelles.

  14. Marine Sentin est la directrice du service abonné qui est situé à Poitiers. Elle vient une fois par semaine à Médiapart à Paris. Son rôle est de s'occuper des abonnés et de trier toutes leurs demandes avant de les transférer aux journalistes. Leur service reçoit aux alentours de quinze mille mails par mois, nous dit-elle. En voyant notre expression, elle ne peut s'empêcher de rire, et oui, quinze mille mails ! Parmi tous ces mails, il y a huit mille à neuf mille demandes sérieuses. Ces mails permettent de faire remonter les problèmes techniques, les propositions pour améliorer le site web, l'application mobile ou encore les demandes des abonnés. Marine Sentin a toujours été dans le domaine de la culture, auparavant elle travaillait au festival de la Rochelle et c'est en 2009 qu'elle rejoint Médiapart en tant que personne qui gère les contacts avec les abonnés et qui organise les évènements pour que le journal se fasse connaître.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.