Il n'y a pas d'autre alternative que de construire en commun

La démocratie peut reprendre vie. Des exemples le prouvent, à Grenoble, en Grèce, en Espagne, etc. Gérard Poujade, Guilhem Serieys et François Simon, conseillers régionaux de Midi-Pyrénées de trois groupes politiques différents (Socialiste, Front de Gauche, Europe Ecologie Les Verts) veulent contribuer à un sursaut démocratique qui rétablira le citoyen comme acteur politique tout au long de la mandature.

La démocratie peut reprendre vie. Des exemples le prouvent, à Grenoble, en Grèce, en Espagne, etc. Gérard Poujade, Guilhem Serieys et François Simon, conseillers régionaux de Midi-Pyrénées de trois groupes politiques différents (Socialiste, Front de Gauche, Europe Ecologie Les Verts) veulent contribuer à un sursaut démocratique qui rétablira le citoyen comme acteur politique tout au long de la mandature.



Les prochaines élections régionales de décembre s’inscrivent dans un contexte difficile. Notre pays, frappé par les crises, ne croit plus au pouvoir en place. Par sentiment d'abandon, beaucoup se réfugient dans l’abstention ou dans un vote de colère sans en percevoir le danger. Dans le même temps, la réforme territoriale et la fusion forcée des régions accentuent le sentiment d’une fin d’époque. Aborder ce moment selon les recettes du passé ne fera que renforcer le rejet du politique et la perspective de voir l’extrême-droite en profiter.

 

Elus régionaux de Midi-Pyrénées, nous avons des parcours différents. Durant ce mandat, nous faisions partie de trois groupes politiques différents (Europe Ecologie Les Verts, Front de Gauche, Socialiste). Nous avons parfois eu des désaccords mais nous dressons aujourd'hui un constat en commun : nous ne devons plus réenclencher la même ritournelle, liste de partis, éparpillement de premier tour, alliance de second tour pour sauver les meubles, oubli des engagements, promesses non tenues et citoyen-ne-s toujours plus éloignés des lieux de décision.

 

Nous voulons œuvrer à une alternative crédible et majoritaire, autonome d’un gouvernement dont les choix frappent aussi nos régions. Ainsi, les restrictions budgétaires s’amplifient, année après année, et les assemblées régionales, pliant sous la pression, les répercutent sur les habitants, en fragilisant par exemple un monde associatif et culturel essentiel à la cohésion sociale et à l'équilibre des territoires. Ainsi, les marges de manœuvre politiques sont réduites à néant quand la privatisation de l'aéroport de Toulouse-Blagnac est acceptée malgré l’opposition d’une grande partie de la population, d’un large collectif citoyen, du Comité d'Entreprise et même du conseil économique et social. Les élus socialistes s’opposaient aussi dans les couloirs mais se sont soumis en Assemblée. Cette forme d’autisme politique a vécu.

 

Nous voulons contribuer à un sursaut démocratique qui rétablira le citoyen comme acteur politique, décideur des orientations proposées et conservant son pouvoir de contrôle et de proposition tout au long de la mandature. Cela impose des règles éthiques politiques claires et respectées, le non cumul des mandats et de nouveaux outils démocratiques. A trois reprises, dans des circonstances différentes, cette même réponse a permis d’ouvrir une perspective d’espoir. La démocratie reprend vie, la population se réinvestit quand la politique s’ouvre aux citoyens. Cela a été le cas à Grenoble, en Grèce et encore aujourd'hui à Barcelone ou à Madrid. « On a compris qu'il ne suffisait plus d'occuper les rues mais qu'il fallait occuper les institutions » déclare l'un des acteurs de la liste « Barcelona en comu ». En permettant l’implication citoyenne, en gagnant dans les urnes, nous pouvons ouvrir une autre voie !

 

Il existe des solutions nouvelles face aux défis de notre temps que représentent le dérèglement climatique, l’augmentation du chômage et de la précarité. Nous croyons à l’économie de demain, créatrice d’emplois, basée sur la proximité, l'économie sociale et solidaire, respectueuse de ses salariés et de l'environnement. Nous défendons une politique qui redonne de l'espoir par la solidarité entre les territoires, la mobilité, le maintien des services publics et biens communs. Nous nous battons pour une agriculture recentrée sur l'économie locale, soucieuse de la santé des agriculteurs et des consommateurs, sans pesticides ni OGM, respectueuse de la planète. Nous ne voulons plus des grands projets dispendieux et inutiles. Nous croyons que seule la mise en place d'une véritable démocratie citoyenne peut répondre aux grands dangers qui nous entourent.

                                                                     

Dans nos régions, il existe une occasion de dépasser un système politique vermoulu qui perd le sens de l’intérêt général. Il n'y en aura sans doute plus beaucoup. C‘est pourquoi nous nous engageons dans ce sens, aux côtés de l’appel pour un rassemblement citoyen et politique en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Nous invitons les citoyens à s’y investir pour reprendre leurs affaires en main et les forces politiques qui partagent ces objectifs à converger.

 

Car il n'y a pas d'autre alternative que de construire en commun et de se rassembler.

 

Signataires :

 

Gérard Poujade, Vice-président du Conseil régional Midi-Pyrénées, démissionnaire du Parti socialiste; Guilhem Serieys, Conseiller régional de Midi-Pyrénées, membre du Parti de Gauche; François Simon,Vice-président du Conseil régional de Midi-Pyrénées, membre d’Europe Ecologie Les Verts

 

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