Message reçu Dany, parlons-en

Dans une tribune à Mediapart, les responsables du pôle écologique du PS disent leur crainte de «la résurgence de la thèse de la répartition des tâches, aux socialistes le social, aux verts l’écologie». Entendant l'appel de Daniel Cohn-Bendit à l'ouverture d'Europe-Ecologie, ils l'invitent à venir débattre à leur université d'été fin août.

Dans une tribune à Mediapart, les responsables du pôle écologique du PS disent leur crainte de «la résurgence de la thèse de la répartition des tâches, aux socialistes le social, aux verts l’écologie». Entendant l'appel de Daniel Cohn-Bendit à l'ouverture d'Europe-Ecologie, ils l'invitent à venir débattre à leur université d'été fin août.

 

Daniel Cohn-Bendit vient de proposer que l’ensemble des écologistes opposés à la politique de Sarkozy se rassemblent et travaillent ensemble. Nous avons été à l’origine de la création du pôle écologique du PS dont les idées sont partagées par bon nombre de socialistes, mises en œuvre par la plupart de ses élu(e)s locaux, mais dont le poids trop faible dans le parti n’est que le fruit d’un congrès marqué par des batailles de personnes plutôt que des choix de ligne politique.

 

Aujourd’hui, la direction du Parti socialiste semble ne pas prendre pleinement en compte la double priorité sociale et écologique. Les dernières déclarations de notre première secrétaire en témoignent. Non, chère Martine, le principal risque aujourd’hui n’est pas celui d’un «néo-naturalisme qui refuserait l’innovation, la création (…) et qui se replierait sur des tribus, des communautés»[cf. son interview dans Le Monde]. Il est celui d’une sous-estimation qui serait dramatique de l’impact, en particulier social, du changement climatique et des atteintes à l’environnement.

 

A l’heure où les scientifiques du GIEC, dans une mise à jour intermédiaire de leur 4ème rapport, indiquent que «les émissions de GES et de nombreux aspects du climat s'approchent de la limite supérieure des projections», notre parti doit prendre pleinement en compte l’écologie dans la promesse émancipatrice des socialistes des origines.


Nous craignons la résurgence de la thèse de la répartition des tâches, aux socialistes le social, aux verts l’écologie, dont la logique a montré ses évidentes limites en particulier lors de la période de la Gauche plurielle. Chacun peut le constater, la Gauche souffre, pour toutes ses composantes, de l’existence d’appareils politiques repliés sur eux-mêmes et sclérosés, qui ne laissent aux militants, sympathisants et citoyens que la perspective de nouvelles défaites cruelles. La question posée par nos concitoyens est celle du dépassement de ces appareils dans une nouvelle dynamique à gauche.


A l’issue des élections européennes, nous avons proposé, avec d’autres, des états-généraux du renouveau de toute la gauche, qui permettent enfin à tous ceux qui le souhaitent de contribuer à définir sur le fond une alternative à la politique actuelle, avec, dans la foulée, des primaires ouvertes et populaires pour désigner le candidat de la gauche à l'élection présidentielle.


C’est pourquoi nous répondons à Dany que nous avons entendu son appel à l’ouverture. Oui, l’avenir de la gauche passe par de nouvelles formes démocratiques et une ligne sociale et écologique cohérente ; oui, le rassemblement sur ces bases est nécessaire tout en permettant à chacun de conserver son identité propre ; oui, les initiatives doivent se multiplier pour avancer sur cette voie : nous organisons ainsi des rencontres d’été les 27 et 28 août à Saint-Ciers sur Gironde consacrées aux «réponses de gauche au défi climatique», Dany, nous t’y invitons, tu y es le bienvenu! Le dialogue est plus que jamais la condition pour que la gauche retrouve ce qu’elle n’aurait jamais du perdre, sa capacité à incarner le mouvement, le progrès social et écologique, l’espoir d’une vie meilleure.


Christophe Caresche
, député de Paris, Géraud Guibert, porte-parole du pôle écologique, Jean Launay, député du Lot, Eric Loiselet, secrétaire national adjoint du PS, Michel Mousel, Philippe Plisson, député de la Gironde, Maurice Ronai, Benoît Thieulin, secrétaire de la section numérique du PS, Philippe Tourtelier, député d’Ille-et-Vilaine

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