L'usine Areva-Malvési à Narbonne au centre des débats

Ils demandent la fermeture de Malvési, l'usine de fabrication de carburant nucléaire située dans l'agglomération de Narbonne. Et proposent aux pouvoirs publics des solutions alternatives sur le site. Des élus PCF, PG, EELV et des personnalités de la société civile interpellent le gouvernement, Areva et EDF, mais aussi toutes et tous les candidat-es aux élections régionales pour qu’ils et elles s’approprient ce débat et expriment publiquement leur avis dans le cadre de cette campagne.

Ils demandent la fermeture de Malvési, l'usine de fabrication de carburant nucléaire située dans l'agglomération de Narbonne. Et proposent aux pouvoirs publics des solutions alternatives sur le site. Des élus PCF, PG, EELV et des personnalités de la société civile interpellent le gouvernement, Areva et EDF, mais aussi toutes et tous les candidat-es aux élections régionales pour qu’ils et elles s’approprient ce débat et expriment publiquement leur avis dans le cadre de cette campagne.

 


 

Chacun le sait, la filière nucléaire est en grave crise. EDF est en passe de prendre le contrôle des activités « réacteurs » d’Areva, dont le déficit dépasse les 5 milliards d’euros. Si elle lui en laisse une part minoritaire, Areva conserverait toutefois la fourniture et le retraitement du combustible nucléaire.

 

Cette restructuration ne peut se mettre en place sans que ne soit analysée la situation qui a conduit à cette crise. Rien n’est dû à la conjoncture mais à des choix stratégiques, à l’affirmation de certitudes insensées et à l’ensemble d’erreurs que cela a entraîné.

 

Faut-il citer l’hérésie du choix du tout nucléaire, la sous-estimation de la concurrence internationale, le risque géostratégique d’extraction du minerai, la sous-évaluation de l’accident nucléaire ? Faut-il également  citer l’insuffisance des normes de sécurité qui ont dû être réévaluées, l’absence de maîtrise de la gestion des déchets, l’absence d’évaluation financière et l’incapacité à assumer le démantèlement des centrales ?

 

Les conséquences des accidents de Tchernobyl puis de Fukushima ont amené nombre de pays à stopper ou suspendre la production d’électricité nucléaire. Avec l’EPR, Areva a poursuivi sa fuite en avant, aggravant encore la crise économique, financière et la perte de confiance qui la frappe.

 

Quelles que soient nos réflexions pour une sortie plus ou moins rapide du nucléaire, force est de constater que la production d’uranium, d’électricité par les centrales nucléaires, de production de déchets nucléaires ne cesseront pas au cours de la prochaine mandature régionale.

 

Les régions, et donc la nôtre, doivent pour autant encore accélérer une politique d’économie d’énergie, que ce soit dans le domaine du logement, des transports, de l’industrie ou de l’agriculture.

 

L’autre priorité est la production des énergies renouvelables. Et pour cela, les régions peuvent s’impliquer  par des appels à projet  pour produire localement  de l’énergie propre, photovoltaïque, géothermique ou éolienne, avec les intercommunalités et leurs habitant-es, permettant ainsi le développement de ces énergies qui constituent autant de ressources pour la région et ces collectivités, et qui permettent d’assurer le contrôle public de ces productions.

 

Mais il y a une décision qui doit être prise par l’Etat et que doit demander la région : celle d’organiser la fermeture d’une usine de fabrication de carburant nucléaire à partir de minerais d’uranium extraits au Niger ou ailleurs, une usine installée aux portes de Narbonne, à deux kilomètres des tours de la cathédrale : c’est le site de Malvési. Sans parler des trains remplis de roches riches en uranium traversant le Grand Narbonne à partir de la gare.

 

L’Etat et AREVA doivent entendre qu’il est impensable de conserver un tel site en pleine agglomération, et la restructuration d’Areva doit permettre que cesse cette aberration, ce scandale économico-sanitaire.

 

Ils doivent agir immédiatement pour en soustraire toutes les activités de type SEVESO en garantissant les règles de sécurité optimales, ainsi que les moyens humains et financiers à la hauteur de ces enjeux.

 

Mais cela ne peut suffire à prévenir tous les risques humains, sociaux et environnementaux liés au scandale d’une installation d’une telle usine d’uranium en pleine concentration urbaine.

 

Il est indispensable d’aborder « l’après Malvési » sans tabous ni préjugés, mais dans le respect absolu de ses salarié-es.  C’est pourquoi nous saisissons l’actualité de la restructuration d’Areva et du débat public lors des élections régionales pour interpeller le gouvernement, la direction d’Areva et celle de son partenaire EDF, pour exiger la mise en place des conditions de fermeture du site de Malvési, et pour permettre la relocalisation de la part de production de carburant nucléaire encore incompressible sur une zone à faible densité de population.

 

Le site de Malvési, impropre à la culture et à l’habitat, peut, à moyen terme, un lieu propice à la production d’énergie renouvelable, par exemple en y installant un parc photovoltaïque, à proximité de celui existant.

 

Par la relocalisation de la fabrication, le maintien d’emplois nécessaires au démantèlement et à la réhabilitation du site, les emplois créés par de nouvelles activités, les salarié-es, eux-mêmes en pleine interrogation, devront, dans le cadre d’une pleine concertation, pouvoir bénéficier prioritairement de ces emplois et ne pas être les victimes des choix aléatoires et des logiques financières de leur groupe.

 

Notre conviction est que ce débat est essentiel et qu’il appelle un choix exemplaire qui conjugue les dimensions d’écologie, d’emplois, de justice sociale et de démocratie.

 

Avec cette tribune, nous interpellons le gouvernement, Areva et EDF, pour qu’ils ne puissent jamais dire : «  nous n’avions pas été alertés. »

 

Nous interpellons aussi toutes et tous les candidat-es aux élections régionales pour qu’ils et elles s’approprient ce débat et expriment publiquement leur avis dans le cadre de cette campagne.

 

LES SIGNATAIRES :

Manuel BOMPARD, secrétaire national du Parti de Gauche

Françoise FITER, Vice-présidente du Conseil départemental des Pyrénées Orientales, membre du bureau national du PCF

Sabine FLAUTRE, conseillère municipale EELV de Narbonne

Jean-Luc GIBELIN, co-chef de file du PCF aux régionales, membre de l’exécutif du PCF

Manon LE BRETTON, secrétaire départementale de l’Aude du PG 

Stéphane LINOU, ancien Conseiller général EELV de l’Aude, Conseiller Municipal de Castelnaudary

Dominique LIOT, Monteur branchements à la retraite, syndicaliste EDF

Myriam MARTIN, porte-parole nationale d’Ensemble

Patric ROUX, secrétaire fédéral du Partit Occitan

Thierry SALOMON, énergéticien

Jean-François SAUVAGET, co-créateur et porte-parole du CEDRA, co-créateur du Réseau Sortir du Nucléaire et ancien Président du Collectif de l’Aude

François SIMON, Vice-président EELV de Midi-Pyrénées

 

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