Europe sociale, réforme financière, sortie du nucléaire: Francine Bavay (EELV), Marie Noëlle Lienemann (PS) et Stéphane Peu (Front de gauche) font confiance à la maire de Lille pour rassembler la gauche en 2012 autour de sa vision de l'Union.

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puceinvite.jpgIl y a six ans déjà, nous avons, comme la majorité de l'électorat de gauche, dit «non» au traité constitutionnel européen. Ce «non» de gauche n'était en rien un refus de l'Europe. Au contraire, face à la mondialisation libérale, nous avons besoin d'Europe. Mais celle qui se construisait hier, celle qui stagne et échoue aujourd'hui, n'est pas l'Europe dont nous avons besoin.
La victoire de Nicolas Sarkozy n'a évidemment pas permis d'initier l'indispensable réorientation de la construction communautaire. Pourtant, la crise financière a mis en évidence l'urgence d'un sursaut au niveau continental.
Soutien à la Grèce, émission d'eurobonds pour mutualiser la dette, nouvelle solidarité fiscale et budgétaire, convergence sociale sur le principe de la clause du plus favorable, précaution écologique et sortie du nucléaire le plus vite possible: il est grand temps de relancer et de réorienter l'Union pour redonner aux Européens une perspective et un avenir et instaurer une transformation soutenable du système de production et de consommation vers la sobriété et le partage égal des ressources.
En 2012, la gauche ne doit pas laisser passer cette opportunité: pour rompre avec l'inaction et les atermoiements des dirigeants libéraux et conservateurs européens, il faut une présidente qui ait une vision, une volonté et s'engage à tenir les promesses qu'elle est en train de faire.
Nous sommes socialistes, écologistes, communistes. Au premier tour de la présidentielle, nous ne voterons pas pour le (la) même candidat(e). Mais nous nous rassemblerons au deuxième. Et si, c'est un(e) candidat(e) issu(e) de la primaire du Parti socialiste qui a l'honneur de représenter la gauche, nous voulons non seulement qu'il batte Sarkozy mais aussi s'attaque aux défis qui taraudent notre société et mettent en danger l'avenir même de l'humanité et la planète où elle vit. Les primaires nous donnent à toutes et à tous l'occasion de choisir: nous voulons ensemble saisir cette chance de dire notre volonté politique.
Dans les circonstances actuelles, après le dernier débat de la primaire, le vote en faveur de Martine Aubry s'impose. Nous partageons ses analyses sur la crise du modèle européen. Nous faisons nôtres ses propositions en faveur de régulations exigeantes, de la réforme profonde du système financier, de la création d'une Communauté européenne des énergies pour développer les énergies renouvelables qui libéreront l'Europe du danger nucléaire. Nous savons enfin qu'elle saura tenir bon, dès mai 2012, pour imposer un rapport de forces favorable aux travailleurs et aux citoyens européens pour créer une Europe sociale qui ne soit pas qu'un concept vide qui laisse passer toutes les attaques à nos protections sociales et à la précarisation galopante.
L'heure est à la refondation de l'Union. Parce qu'elle défend une Europe à la fois protectrice et solidaire, parce qu'elle porte la volonté d'un changement véritable, parce qu'elle est la plus à même de rassembler la gauche, nous voterons Martine Aubry le 16 octobre et ferons tout pour que la dynamique à gauche, addition de nos volontés défendues au premier tour, démontre leur complémentarité au second tour.
Francine Bavay, conseillère régionale d'Ile-de-France (Europe Ecologie les Verts)
Marie Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris (Parti socialiste)
Stéphane Peu, adjoint au maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), président de Plaine Commune Habitat (Front de gauche)

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Tous les commentaires

La participation comme les résultats du premier tour ont constitué une mauvaise surprise pour la droite, qu'elle soit nationale, centriste ou socialiste.

 

La semaine suivante a été consacrée à des opérations de colmatage. Le "tous contre Aubry" des autres candidats, des médias (très majoritairement) et des instituts de sondage exprime la mobilisation désespérée des partisans du statu quo et de ceux du changement minimal. Les deux arguments agités (Aubry copie conforme de Hollande -aussi à droite, menteuse, corrompue, voire plus si le public s'y prête-, nécessité de donner à l'élu une forte marge pour le "légitimer") battent des records de sottise, de désinformation et de contradiction : si les deux candidats se valent, comment se pourrait-il qu'un faible écart entre eux soit gros de catrastrophes ?

 

Il faut redire que l'élection au suffrage universel du principal dirigeant politique, unique en Europe, est aux antipodes de la démocratie puisqu'elle transforme le débat sur les réformes nécessaires en une cotation des personnalités par des gens à peu près aussi bien renseignés sur elles que les participants du tiercé sur la condition physique des chevaux de course. Or le contrôle des banques et celui de la mondialisation, deux nécessités déjà clairement urgentes en 2007 et totalement absentes du duel Sarkozy-Royal, ont dominé le débat du premier tour de cette primaire... ce qu'eût empêché sans doute la présence de Dominique Strauss-Kahn s'il avait continué de caracoler en tête des sondages sur la personnalité la mieux à même de battre Sarkozy. Le courage d'une femme de chambre portant plainte contre un notable ne fournit pas seulement un argument de plus contre notre système électoral : il révèle la fragilité de notre guérison. La victoire de Hollande refermerait cette parenthèse, et ce d'autant plus qu'elle serait plus large !

 

Alors faisons en sorte qu'elle soit courte. Et si nous arrivons à faire revenir in extremis Martine Aubry de l'enfer dans lequel elle s'est, il est vrai, largement jetée elle-même, faisons-lui comprendre d'ici le mois de mai -comme à Hollande dans le cas contraire- que le résultat de la présidentielle n'a d'intérêt que s'il procède d'une volonté de rompre vraiment avec la politique catastrophique suivie depuis 2007.