L'Etat français doit soutenir la santé publique en Afrique

Le forum de Davos fêtera cette semaine les 15 ans de Gavi, une organisation qui facilite la vaccination dans les pays du Sud. Quatrième Etat contributeur du système, la France doit maintenir l'effort, estiment onze élus locaux engagés dans les projets de coopération décentralisée, à quelques jours de la conférence sur le financement de Gavi, le 27 janvier en Allemagne.

Le forum de Davos fêtera cette semaine les 15 ans de Gavi, une organisation qui facilite la vaccination dans les pays du Sud. Quatrième Etat contributeur du système, la France doit maintenir l'effort, estiment onze élus locaux engagés dans les projets de coopération décentralisée, à quelques jours de la conférence sur le financement de Gavi, le 27 janvier en Allemagne.



Forts des liens d’amitié et d’intérêts partagés, nos villes, département et régions établissent depuis des années des jumelages et des collaborations avec des collectivités locales dans les pays du Sud. Nous avons beaucoup à apprendre de ces démarches de coopération décentralisée, autant que nos partenaires ont à apprendre de nous.

Outre une volonté de partage et de solidarité, ces partenariats locaux contribuent également à l’internationalisation et au rayonnement des entreprises de nos territoires dans un monde de plus en plus mondialisé.

Etant donné la force et le nombre de nos coopérations en Afrique d'une part, et le taux de croissance économique du continent qui sera de 4,6% en 2015 d'autre part, nous sommes particulièrement attentifs à cette région du monde en pleine expansion.

Nos collectivités territoriales coopèrent avec nos homologues africaines sur la gestion des déchets, l'agriculture, l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, ou l'éducation, mais nos efforts resteront sans lendemain si des politiques de santé publique d'envergure ne sont pas mises en œuvre.  

Nos expériences témoignent de la difficulté de créer des projets pérennes dans des pays où persistent de nombreuses maladies qui invalident et tuent encore des millions d'adultes et d'enfants. Si l'épidémie de fièvre Ebola a déjà fait des milliers de victimes, la rougeole est 18 fois plus contagieuse et a tué 122 000 personnes en 2012 en Afrique où elle est en pleine résurgence. Quant à la pneumonie, elle tue plus d'un million d'enfants chaque année.

Or la rougeole, la pneumonie, la diphtérie ou la poliomyélite peuvent être évitées facilement grâce à la vaccination. 

Gavi, l’Alliance du vaccin, est une initiative mondiale qui rassemble des pays donateurs, des pays bénéficiaires, des entreprises, des organisations internationales et des ONG avec pour objectif de faire baisser les prix des vaccins et de les acheter pour plus de 70 pays parmi les plus pauvres. Depuis sa création en 2000, Gavi a favorisé l'immunisation de plus de 400 millions d'enfants.

Une fois les vaccins disponibles, les agents de santé peuvent vacciner, les mères peuvent envoyer leurs enfants à l’école et ainsi permettre à toute une génération de devenir adulte et de prendre part au développement démocratique, économique et social de son pays.

Le 27 janvier prochain, dans le cadre de sa présidence du G7, l’Allemagne accueillera la conférence de reconstitution des ressources de Gavi pour la période 2016-2020 avec l'objectif de collecter les financements nécessaires pour immuniser plus de 300 millions d’enfants et ainsi éviter la morts de 6 millions d’entre eux, dont une grande partie au sein des pays prioritaires de la coopération française.

De nombreux pays donateurs ont déjà annoncé leur contribution additionnelle : au moins 500 millions d’euros pour l’Allemagne, 1 milliard de livres pour le Royaume-Uni, et 500 millions de dollars pour le Canada.

La France est depuis 2011 le quatrième contributeur souverain de Gavi. Elle a apporté une contribution directe de 100 millions d’euros entre 2011 et 2015 et une contribution complémentaire via l’IFFIm (International Finance Facility for Immunisation). Grâce à ce soutien constant à Gavi, la France a participé aux avancées mondiales en termes de santé infantile : ainsi a été faite la preuve de l’efficacité de la dépense publique dédiée. Nous pouvons donc être fiers de cette politique conjointe.

Aujourd’hui, nous devons continuer ce processus parce qu’il est porteur de sens et d’avenir. Les collectivités territoriales, fortement engagées dans les programmes de coopération décentralisée, se placent donc dans cette dynamique et souhaitent que l’Etat s’engage en faveur de la santé publique de ce continent comme il a su le faire avec succès, jusque-là.

Signataires

Pierre-Marie Blanquet, vice-président du Conseil général de l’Aveyron délégué aux relations internationales 
Denis Brunet, vice-président du Conseil général de la Vienne, Coopération internationale
Jean-Claude Gayssot, vice-président du Conseil régional du Languedoc Roussillon, Relations internationales, Europe, Francophonie
Roberto Romero, vice-président du Conseil régional de l’Île-de-France, chargé des affaires internationales et européennes.
Josiane Madelaine, vice-présidente du Conseil régional de Lorraine en charge de la Coopération Décentralisée et des Relations Internationales
Majdouline Sbaï, vice-présidente du Conseil régional Nord-Pas de Calais, Citoyenneté, Coopération décentralisée et Relations internationales
Bernard Soulage, vice-président du Conseil régional de Rhône-Alpes délégué à l'Europe et aux relations internationales 
Clothilde Tascon-Mennetrier, vice-président du Conseil général de l’Ille-et-Vilaine en charge des affaires européennes et internationales.
André Viola, président du Conseil général de l’Aude, vice-président de l'Assemblée des Départements de France
Bruno Joncour, maire de Saint-Brieuc, président de Saint-Brieuc Agglomération
Martine Vassal, 2ème Adjointe au Maire en charge des relations internationales et européennes de la Ville de Marseille 

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