État de santé d’Assange : WikiLeaks sonne l’alarme

Le transfert d'un Julian Assange très amaigri à l’infirmerie de la prison Belmarsh, est un signe patent de son incapacité physique à se défendre face aux juges. La “justice“ refuse pourtant de reporter l’audience du 3 Juin. Arrêté à Londres en 1998, le vieillissant dictateur Pinochet avait eu droit, lui, à une “justice“. WikiLeaks demande d'agir « pour éviter cette honte ». Message ici traduit.

Avant notre traduction de la dernière déclaration de WikiLeaks, rappelons que l’ONU a condamné l’arbitraire de l’arrestation de Julian Assange. Toutes les “démocraties“ “représentatives“ occidentales sont restées sourdes aux condamnations de l’ONU relatives à ces violations du Droit International. Nous autres petites gens n’avons plus que nos petites mains pour faire valoir ses droits, avant que les nôtres ne soient totalement, inexorablement, définitivement piétinés.

Une PÉTITION EUROPÉENNE se prépare pour DEMANDER LA RESTAURATION DE L' ÉTAT DE DROIT en Grande Bretagne, en Suède, en France, en Espagne... et en Europe. En commençant par les droits de Julian Assange. Merci de rester attentifs. Nous tous avons la fourche sous la gorge.

Torture à "la fourche". Pratique inquisitoire moyenageuse. © Non identifiable. Torture à "la fourche". Pratique inquisitoire moyenageuse. © Non identifiable.

 

« WikiLeaks souhaite exprimer de graves inquiétudes quant à l’état de santé de notre éditeur, Julian Assange, transféré à l’infirmerie de la prison de Belmarsh. La santé de M. Assange était déjà détériorée de façon significative après sept années dans l’ambassade d’Équateur, dans des conditions incompatibles avec les droits humains fondamentaux. Par deux fois, les Nations-Unies ont déclaré qu’il était détenu arbitrairement et ont appelé le Royaume-Uni à honorer ses engagements en Droit international en lui rendant sa liberté. Le refus du Royaume-Uni de se plier à la décision des Nations-Unies, et son traitement de M. Assange depuis son arrestation, pose la question du statut de ce pays en tant que nation respectueuse des droits humains.

Au cours de sa dernière année à l’ambassade, pendant que les États-Unis finalisaient leurs projets d’extradition, Julian Assange a été, à la demande des autorités étasuniennes, totalement isolé et bâillonné, une situation conçue pour rendre sa vie aussi pénible que possible.

Au cours de ces sept semaines à la prison de Belmarsh, sa santé a continué à se détériorer et il a perdu beaucoup de poids. La décision de l’administration de la prison de le transférer à l’infirmerie confirme la gravité de son état.

Nous sommes indignés par le refus du tribunal suédois de reporter l’audience du 3 juin en raison de l’état de santé de M. Assange. Per Samuelson, l’avocat de M. Assange, a déclaré que l’état de santé de Julian Assange vendredi dernier était tel « qu’il n’était pas possible de conduire un entretien normal avec lui ».

Une audience formelle se tiendra demain, le 30 mai, à la Cour de Westminster, sur la demande d’extradition de l’administration de M. Trump. La semaine dernière, un nouvel acte d’accusation, remplaçant le premier, a étendu le mandat d’origine des États-Unis en révélant 17 accusations supplémentaires et amenant la condamnation éventuelle à 175 années d’emprisonnement et potentiellement la peine de mort au titre de l’Espionage Act. Ces accusations ont été largement condamnées par les entreprises de la presse libre qui y voient l’attaque la plus grave des temps modernes contre leurs activités. En essence, l’administration Trump criminalise le journalisme. Pour la première fois de l’histoire, et dans une escalade sans précédent dans la guerre de l’administration Trump contre la presse libre, l’accusation s’appuie sur un texte archaïque, l’Espionage Act de 1917, pour mettre en accusation un éditeur.

Le message de Kristinn Hrafnsson, rédacteur en chef de Wikileaks :

« L’affaire de Julian a une portée historique immense. On s’en souviendra comme de la pire attaque de notre temps contre la liberté de la presse. Les peuples doivent élever la voix pour la condamner : ce sont leurs politiciens, leurs tribunaux, leurs polices et leurs prisons dont on abuse pour laisser cette tache dans l’histoire. Nous vous demandons d’agir maintenant pour éviter cette honte. »

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