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Le Club de Mediapart lun. 8 févr. 2016 8/2/2016 Dernière édition

Liberté de la presse, saisies et agencements. Pourquoi ?

Cette édition est une saisie, un lieu migratoire. Suite aux deux “soirées” organisées par Médiapart et RSF dans le cadre de ce qui est appelé “États généraux de la presse” Off et In et à l’annonce de ce qui est nommé un “rassemblement citoyen”. C’est une saisie de cette annonce, un lieu où la question de la liberté de la presse pourrait être déplacée et questionnée en dehors de tout programme, de toute hiérarchie, de tout exercice de pouvoir, de toute corporation.

Cette édition est une saisie, un lieu migratoire. Suite aux deux “soirées” organisées par Médiapart et RSF dans le cadre de ce qui est appelé “États généraux de la presse” Off et In et à l’annonce de ce qui est nommé un “rassemblement citoyen”. C’est une saisie de cette annonce, un lieu où la question de la liberté de la presse pourrait être déplacée et questionnée en dehors de tout programme, de toute hiérarchie, de tout exercice de pouvoir, de toute corporation.

 

La démarche de Médiapart et de RSF, annonçait depuis le départ un débat. Il n’a toujours pas eu lieu. Plusieurs témoignages sur place, à la suite des deux soirées, certains billets et certains commentaires du Club, suite au rendez-vous au théâtre du Rond-Point, l’ont confirmé.

 

Il se pose alors la question du lieu de cette interrogation. Le risque d’un enfermement corporatiste dans le jeu même du pouvoir. Il ne s’agit pas de prêter à Médiapart et RSF de mauvaises intentions. Il faudrait en avoir et la capacité et l’intuition, ce qui n’est pas le cas. Il s’agit plutôt de relever les inquiétudes à ce propos comme symptôme, non pas d’un manque, mais d’un désir de saisie de la question dans le lieu du politique, entendu ici non pas d’un programme ou d’une profession, mais le lieu-même où s’agence une question publique qui concerne l’espace de la liberté d’expression des pensées et des opinions dans celui de notre condition du vivre-ensemble, autrement appelé la cité ou la société.

 

Dans ce vivre-ensemble, sur une question précise le mettant en jeu, chaque citoyen apporte sa voix avec sa nature et sa qualité. Si une nature ou une qualité en tant que telle tend à dépasser la question en jeu et le vivre-ensemble, pour s’y substituer, on entre alors dans une pratique du jeu de pouvoir et non des agencements sur la question. Le vivre-ensemble est entendu ici comme un devenir d’une multitude préservant la multiplicité et non comme principe d’une communauté dont la multiplicité serait soustraite à celui d’une unité devant réduire sa forme multiple à un caractère unique. Multiple et unique sont ensemble dans ce devenir. Ce dernier ne conçoit pas les natures et les qualités de chaque citoyen comme principe hiérarchique, mais comme énergie dont l’intensité propre apporte une qualité certaine à l’agencement autour de la question en jeu mais pas à son appropriation, afin que chacun puisse être libre d’y agir en terme critique.

 

Une autre appréciation du programme de ces “États généraux” Off est la qualité symbolique et spectaculaire de sa mise en forme, de sa visibilité. Dans ce même esprit libre et multiple du vivre-ensemble, la symbolique de la marque du journal, la réappropriation des symboles de l’histoire sans nouvelle qualité pour les déplacer dans l’actuel, mais simplement associées au logo du journal très présent lors des soirées, cette articulation peut être considérée comme une forme d’appropriation de la question en jeu au profit de la marque. En effet, si, en réponse au In, le Off s’autorise une appropriation criant au rassemblement citoyen tout en usant de symboliques historiques et tout en associant systématiquement sa marque à cette promotion de la liberté, il est “mécaniquement” prouvé que l’idée restera liée à la marque comme promoteur de cette liberté. C’est un principe de base du marketing événementiel. On en revient ici à la problématique du dépassement sur la question en jeu, à l’appropriation de l’espace du vivre-ensemble. Une réserve de ce point de vue ne doit pas être considérée comme une entrave à la liberté, une pierre jetée aux impératifs marketing du journal, mais l’occasion d’un autre agencement afin que chacun y trouve sa place, sans pour cela s’embarrasser de symboliques dont le caractère axiomatique ne va pas de soi. Nous ne sommes pas tous obligé de nous y reconnaître. Cela peut même être pour certains une raison légitime de ne pas participer. Nous ne sommes pas égaux devant les symboles. La liberté n’appartient à personne, elle est considérée ici comme le fait d’un agir-ensemble et non l’adhésion à des symboles, à une cause, à une corporation ou à un pouvoir. Il existe toujours le risque que l’expression symbolique associée aux enjeux marketing vampirise l’agir de la question au profit du contexte de son élaboration.

 

Enfin, le soutien ou le non soutien à une question mettant en jeu une liberté ne peut rester en faveur de la démarche ou de l’initiateur de la démarche. Il ne leur revient pas le fruit du soutien ou du non soutien, c’est bien la question en jeu qu’il faut soutenir ou non, et la qualité de cette soutenance est en faveur de l’agir. La démarche et les personnes sont les passeurs et ne remplacent pas la question, afin que chacun puisse s’en saisir à nouveau et à sa manière sans jamais oublier que c’est la question de la liberté de la presse qui est en jeu ici dans le lieu du vivre-ensemble.

L’édition présente souhaite ouvrir un espace de cette saisie citoyenne, sans symbolique, sans appropriation, au-delà du raisonnement personnel du départ, que le caractère subjectif ne reste pas à la porté du “je”, que l’importance de cette question même ne se pose plus, pour dire autrement, que ça subjectivise, là, ensemble !

 

Elle n’est pas une concurrence à celle du Off. Déplacements, croisements sont possibles. Elle est une ouverture, une autre manière d’agir, de penser, d’agencer et nous espérons que les deux puissent avoir l’occasion de se retrouver dans les lieux de l’échange et du débat, sans qualités prédéterminées du type “organisateur”, “invité”, “public”.

 

Il n’est imposé aucune qualité aux personnes qui participent à cette édition, le format “coordonnateur”, “rédacteur” est la contrainte formelle du Club, l’édition est libre et ouverte, le coordonnateur peut changer si cela est proposé, coordonnateur et initiateur ne sont pas à confondre. La qualité d’initiateur n’est pas pérenne, et la faveur du faire de cette édition ne lui reviendra pas, le souhait est que le faire soit la saisie même du sujet de cette édition par l’agencement de la multiplicité des propositions.

 

L’image en tête de l’édition est un rectangle noir composé de micro-formes. Le noir est composé quant à lui à partir de plusieurs couleurs. Chacun verra une légère dominante colorée, différente suivant la qualité de son écran et sa capacité subjective à interpréter les couleurs, cette forme n’existe donc pas seulement en soi, elle est le fait aussi de sa réception. Elle évoluera au fur et à mesure des contributions comme une humeur, un espace sensible.

 

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Tous les commentaires
AH! voilà qui commence à etre intéressant, vous attaquez enfin la réflexion sur un mode non catégoriel, selon une théorie bien connue, celle de la complexité. Ceux qui suivent y sont arrivés avant nous, pas des moindres: Albert Einstein •Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. •La valeur morale ne peut pas être remplacée par la valeur intelligence et j'ajouterai : Dieu merci Mahatma Ghandi L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit. Tout compromis repose sur des concessions mutuelles, mais il ne saurait y avoir de concessions mutuelles lorsqu'il s'agit de principes fondamentaux.L'homme est soumis à l'obligation de se laisser guider dans toutes ses actions par des considérations morales Je m'oppose à la violence parce que lorsqu'elle semble produire le bien, le bien qui en résulte n'est que transitoire, tandis que le mal produit est permanent. Nul homme qui aime son pays ne peut l'aider à progresser s'il ose négliger le moindre de ses compatriotes DALAI LAMA, discours au parlement européen Je crois que pour relever les défis de notre temps, les êtres humains auront à développer un sens accru de responsabilité universelle. Chacun de nous doit apprendre à travailler non pas uniquement pour lui ou pour elle, sa famille ou son pays, mais au bénéfice de toute l’humanité. La responsabilité universelle est la clef véritable de la survie humaine. C'est le meilleur fondement de la paix mondiale, de l'utilisation équitable des ressources naturelles et, dans le souci des générations à venir, du soin approprié à prendre de l'environnement. Depuis un certain temps, j'ai réfléchi à la façon d'accroître notre sens de responsabilité mutuelle, ainsi que la motivation altruiste dont il dérive. […] Nous ne pouvons plus évoquer les barrières nationales, raciales ou idéologiques qui nous séparent sans répercussions destructrices. Dans ce contexte de nouvelle interdépendance, prendre en compte les intérêts des autres est à l'évidence la meilleure manière de servir nos propres intérêts. […] Federico Mayor, président UNESCO http://www.unesco.org/courier/1998_10/fr/edito/txt1.htm De la non-ingérence à la responsabilité universelle EDUCATION AUX DROITS DE L'HOMME •Les hommes ne naissent pas libres et égaux. •La liberté et l'égalité dont ils peuvent jouir dépendent concrètement du sérieux avec lequel les autorités et les particuliers prennent le message des droits de l'homme. •En d'autres termes, les droits de l'homme ne sont pas simplement donnés, il faut les acquérir. http://www.aidh.org/edu/index-ingerence.html discours de Vaclav Havel en 1999 à lire absolument Il n'est vraiment pas indispensable de vénérer des veaux d'or, de tout subordonner au diktat de la publicité et des médias, de se laisser piéger par toutes les innovations des biens de consommation qui ont pour seul effet durable le pillage des ressources naturelles et la pollution atmosphérique. Il n'y a aucune raison de voir le sens de toute action humaine dans la croissance continue du produit intérieur brut ! (…)." Le problème, aujourd'hui, n'est plus notre méconnaissance des risques menaçant le monde et des moyens d'y faire face, mais notre incapacité à réagir. Beaucoup trop préoccupés par nos intérêts immédiats, nous avons perdu la capacité de voir les choses dans l'optique de l'éternité, de l'histoire de l'être et de sa mémoire. http://www.globenet.org/transversales/generique/56/ecl2.html Et il finit en citant ce magnifique enseignement du philosophe EMMANUEL LEVINAS C'est au moment où nous regardons le visage de l'autre que naît le sentiment de responsabilité de ce monde Le responsabilité pour autrui n’est pas une responsabilité que je prends à son égard. Elle se situe en deçà de toute liberté.Je fais l’épreuve de cette responsabilité avant d’avoir pu la décider, elle s’impose à moi. Là est l’expérience de la présence d’autrui. Edgar Morin Effectivement, ça n'a pas de sens de pardonner à un gang qui a commis des crimes et qui va en commettre de nouveaux. Le vrai problème se pose ensuite, non plus tellement en termes de pardon, mais de justice. Je crois qu'il faut résister au talion, résister à l'implacabilité, résister à l'incompréhension, ne pas céder à la propagation du mal en nous-mêmes. Les humiliés, les victimes, les haïs ne devraient pas se transformer en humiliants, en haïssants et en oppresseurs, comme cela arrive trop souvent et encore aujourd'hui (..) L'éthique, qui pour moi est résistance à la cruauté du monde, de la vie, de la société, de l'être humain ne peut se passer de compréhension, de magnanimité, de clémence et, si possible, de pardon. FAITES NOUS PASSER A LA CULTURE HUMAINE POUR UNE FRANCE 2.0 Pensons ensemble et oublions le catégoriel..... BONNE CHANCE..ET MERCI D AVANCE....