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L'islam et l'Occident

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Billet de blog 20 novembre 2016

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L'APPORT DE LA CIVILISATION MUSULMANE AUX SCIENCES

Au nom de Dieu le Tout Miséricorde, le Miséricordieux 1- Lis ! au nom de ton Seigneur qui créa 2- créa l'homme d'une adhérence 3- Lis ! Ton Seigneur le Très-Généreux 4- qui enseigna par le Calame 5-enseigna à l'homme ce qu'il ne savait. Tout l'islam des Lumières est orfévré dans cet IQRÂ' ! Première sourate descendue sur le Prophète dans la grotte de Hirâ. (A)

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Quand au milieu du VII ème siècle, les Arabes commencèrent leurs conquêtes, deux grandes civilisations en déclin, celles de Byzance et de la Perse.

Dès que l'ère des invasions et des expéditions lointaines fut close, ils n'eurent pas de souci plus pressant que de se mettre à l'étude des sciences, des lettres et des arts (...).

Nous avons vu avec quel enthousiasme les khalifes abassides mirent leur immense pouvoir et leurs richesses au service des sciences.

Les circonstances les servirent bien.

À l'époque des la conquête musulmane, les connaissances de l'antiquité gréco-romaine, de plus en plus persécutées, avaient émigré en Mésopotamie et en Perse. 

Dès l'an 431, les Nestorient avaient fondé à Edesse leur célèbre école.

Jusqu'en 489 elle fut un foyer lumineux, d'où le savoir grec se répandait en Orient.

Lorsque Zénon l'Izaurien détruisit cette école, les moines nestoriens d'Edesse et de Nisibie, poursuivis pour crime d'hérésie, se réfugièrent en Perse.

Ils t trouvèrent l'accueil bienveillant et la protection des Sassanides.

Les philosophes de la non moins célèbre école platonicienne d'Athène et des écoles d'Alexandrie, fermées par Justinien, vinrent plus tard les y rejoindre.

Ces savant traduisirent les écrits d'Aristote, de Gallien, de Plolémée et d'autres auteurs grecs en langues orientales : syriaque, chaldéen, etc.

C'est grâce à l'œuvre patient de ces réfugiés que les Arabes purent trouver, lors de la conquête de la Syrie et de la Perse, une partie des trésors de la science gréco-latine, pourchassée et détruite sur toute l'étendue de l'Empire romain d'Orient parvle fanatisme de basiléis bigots et ignorants.

Ils firent traduire les versions syriaques et chaldéennes en arabe.

Les œuvres philosophiques et scientifiques des auteurs grecs qui n'existaient pas encore en versions orient et qu'on our soustraire à temps de la rage destructrice des agents de Théodose et de Justinien, furent traduites avec le plus grand soin.

C'est au khalife al-Mansûr que revient l'honneur d'avoir donné la première impulsion à la traduction et à l'étude des auteurs grecs.

Les khalifes Mohammed al-Mahdi, Harûn al-Rachid et al-Mamûn (a) suivirent son exemple avec zèle Et persévérance.

Sous l'égide de ces souverains remarquables, on enseignait, dans les écoles de l'Empire, à côté du texte et des commentaires du Coran, les œuvres d'Aristote, de Gallien, d'Hippocrate, d'Archimède, d'Euclide, de Ptolémée, d'Apollonius, etc.

Le savoir gréco-romain, ainsi préservé, se répandit à partir de l'Euphrate jusqu'à l'Afrique du Nord et au Guadalquivir (b) et passa en France et en Italie.

"Les Arabes étaient admirablement disposés pour jouer le rôle de médiateurs.

Ils possédaient une activité sans exemple, qui marque une époque distincte dans l'histoire du monde; une tendance opposée à l'esprit intolérant des Israélites, qui les portaient à se fondre avec les peuples vaincus, sans abjurer toutefois, en dépit de ce perpétuel échange de contrées, leur caractère national et les souvenirs traditionnels de leur patrie." (1) 

Si la civilisation musulmane ne s'était bornée qu'à sauver les connaissances antiques, en constituer un précieux dépôt et le transmettre intact aux générations futures, le service rendu à l'humanité eût été déjà inestimable. 

Mais tel ne fut pas le cas.

Doués d'une imagination fértile, poussés par une curiosité intellectuelle insatiable, les musulmans ne se contentèrent pas de simple gardiens du savoir gréco-romain.

Le stade de l'apprentissage et d'accumulation des connaissances vite franchi, les disciples zélés devinrent maîtres à leur tour.

L'école de Bagdad reprit la tradition de la civilisation hellénique, rompue par la destruction des illustres écoles d'Alexandrie et d'Athènes.

La pensée de l'antiquité fut enrichie et approfondie par des apports nouveaux et originaux.

Des découvertes importantes dans tous les domaines des sciences assurèrent la continuité et le progrès de la civilisation.

Sans le travail immense accompli par les savants musulmans pour perpétuer et développer le savoir gréco-romain, la Renaissance eût été impossible.

Voici dabs quels termes Sedillot rend hommage à l'action civilisatrice des Arabes :

"Les Arabes sont, au Moyen-âge, les seuls représentants de la civilisation; ils font reculer la barbarie qui s'était étendue en Europe, ébranlée par les invasions des peuples du Nord." (2)

"Le glorieux sillon que les savants de l'école d'Alexandrie ont tracé au milieu decla décadence et de l'agonie de Rome s'arrête au sixième siècle de notre ère, et la lumière ne se rallume en Europe que huit cents ans plus tard.

Ce long intervalle a-t-il été pour le monde entier une période d'ign et de barbarie ?

"C'est alors que les Arabes apparaissent (...)

Après la chute des Omeyyades (750 de JC), une ète nouvelle s'annonce; à l'eau thousiasme guerrier succède l'amour des lettres, des sciences et des arts.

Bagdad à peine fondée devient le foyer d'une civilisation qui rayonne à la fois sur l'Orient er sur l'Occident". (3)

                                  •

(1) Cosmos,  A. de Humboldt, Paris, 1846-51-59.

(2) Histoire des Arabes, L.A. Sédillot, Paris, 1854.

(3) Matériaux pour servir à l'histoire comparée des sciences mathématiques chez les Grecs et les Orientaux, L.A. Sédillot, Paris, 1845-1849.

                                   •

Notes, E'M.C.

(A) Cinq premiers versets révélés au Prophète Mohammed (SBDL) en injonction inaugurale, en crédo permanen, traduite par la triple étreinte de l'Ange Gabriel dans la grotte de Hirâ à Mecque.

Célébrissime incipit de la sourate العلق, Le caillot de sang par (entre autres) Régis Blachère, Denise Masson, L'Adhérence par Mohammed Hamidullah, L'Accrochement par Jacques Berque -

(a) Graphie conforme à l'arabe al-Ma'mun.

(b) de l'arabe Oued al-Kâbir واد الكبير , le grand fleuve. 

                                   •

Choix, découpage, notes étymologiques, E'M.C. 

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