Billet de blog 4 mai 2012

L'éducation par le sport.

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Une utopie de plus !

Souvent, un incident interne ou médiatique vient me rappeler que sport et éducation ne font pas bon ménage. Que mettre en avant des valeurs collectives n'est plus compris dans ce monde où domine le slogan : «  Tout pour Moi ! ». Rien ne doit entraver l'individualisme, y compris l 'activité physique, si riche pourtant de ses contraintes liées au collectif.

Les valeurs de l'olympisme, l'éducation physique et sportive pour constituer un homme sain avec un esprit sain, la loyauté et la confraternité qui unissent les hommes en compétition, tous ces beaux idéaux se heurtent à la terrible épreuve du réel.

Les professeurs, les éducateurs, les entraîneurs ou les animateurs ont bonne mine avec leurs chartes de bonne conduite, leurs codes d'honneur et ce terme anglais qui ne trouve pas traduction à sa mesure « Fair-Play ! »

« Tu ne tricheras pas ! »

« Tu respecteras ton adversaire comme ton partenaire … »

« Tu joueras dans le respect de la règle et des arbitres »

Oui, mais c'est bien sûr puisque nos modèles, nos idoles, nos références sont dans la droite ligne de ces jolis préceptes. Ainsi, chaque jour, sur tous les terrains de haut-niveau, le sport professionnel montre l'exemple et brille par ses vertus.

Un international de Rugby qui déshonore la France, provoque une affaire d'état et persiste dans le mensonge. Un capitaine de football qui assomme le sort d'un match décisif par une tricherie caractérisée et non avouée.  Un entraîneur national qui se moque ouvertement du Monde entier, de l'éthique et de la déférence dûe aux perdants. Une ministre des sports qui se félicite d'un succès mal acquis alors que le silence eût été préférable …

Voilà pour les exemples les plus frais de ce modèle que l'on présente à notre jeunesse. Je comprends que poser des principes de fidélité et d'honnêteté à l'engagement associatif passe pour une étrange lubie dans ce contexte délétère.

Chaque fois que c'est possible, des sportifs « exemplaires » se roulent par terre, simulent la faute ou la douleur, vocifèrent après l'homme en noir, encouragent les comportements des déments qui les supportent, font preuve du plus total mépris pour ce public qui paie pour assister à leur gloire.

Une commission d'éthique a même été créée pour surveiller les agissements, les propos, les attitudes de tous ces messieurs, payés des sommes folles pour assouvir ce qui était à la base une passion. On se permet même de punir en demandant à des entraîneurs ou des joueurs d'effectuer des actions pédagogiques auprès de jeunes. Ainsi, s'occuper d'enfants est une punition pour ses beaux messieurs. Heureusement qu'un véritable éducateur; Christian Gourcuf entraîneur de Lorient, a dit préférer une suspension d'un match à une activité éducative, qui pour lui, ne sera jamais assimilable à une sanction. Il mène régulièrement de telles actions sans aucune injonction officielle.

Les valeurs éducatives du haut, belle plaisanterie pour qui se rappelle de Zinédine Zidane accueilli comme un modèle à l'Élysée, par le Président Chirac en majesté, juste après son coup de boule historique. Belle hypocrisie quand on interviewe son successeur qui se félicite d'une victoire douteuse, le maillot du tricheur à la main.

Tous les politiques rentrent dans la danse des félicitions indécentes dans un contexte où le silence eut été préférable. Comment demander aux jeunes la loyauté sur les terrains quand la scène médiatique se gargarise de la tricherie au nom de la Réal-politique. Une qualification à la coupe du Monde assurera un temps l'amnésie sociale pour un bon peuple qui ne se préoccupera alors que des exploits espérés de ses champions !

Immoralement vôtre.

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