Lo Cor de la Plana, 6 garçons dans le chant

Six garçons, sur des chaises, qui tapent des mains et des pieds, qui battent des tambours, et chantent dans une langue que le Parisien égaré ne comprend pas bien. Méfiance. Tout cela ressemble à un groupe revivaliste, portant une patrimoine fantasmée en étendard. Sauf qu'il en sort une énergie et une profondeur, comme une dissonance excitante: une audace, quelque chose d'impur...

Six garçons, sur des chaises, qui tapent des mains et des pieds, qui battent des tambours, et chantent dans une langue que le Parisien égaré ne comprend pas bien. Méfiance. Tout cela ressemble à un groupe revivaliste, portant une patrimoine fantasmée en étendard. Sauf qu'il en sort une énergie et une profondeur, comme une dissonance excitante: une audace, quelque chose d'impur...

 

Lo Cor de la Plana © decalaixTV


«On explore le répertoire occitan, on n'essaie pas de le restaurer, explique Manu Théron, qui emmène ce chœur d'hommes né en 2001 dans le quartier de La Plaine, à Marseille (“Lo Cor de la Plana”, le chœur de La Plaine). On creuse le répertoire traditionnel sans le dévoyer, avec rigueur. Ce n'est pas identitaire; on est conscient de qui on est, d'où on vient. On a une culture urbaine, on a écouté du punk, du rock, on ne peut pas chanter comme si on était des curés ou des paysans. »

 

Pas question donc de jouer du galoubet (le fifre provençal à trois trous) ni du tambourin qui l'accompagne invariablement. «On fait de la musique populaire qui utilise des moyens musicaux ancien, qui ne sont pas ceux de la variété et de la musique amplifiée.» Le chœur s'accompagne au bendir, le tambour algérien sur cadre muni de timbres (comme la chanterelle du tambourin) — utilisés dans la musique de transe religieuse — et au tamburello italien.

 

Ils ne chantent pas non plus à l'unisson. «On cherchait une voie pour sortir du répertoire traditionnel strict, raconte Manu Théron. J'ai été très influencé par les chants polyphoniques populaires que j'ai entendu en Bulgarie et en Italie

 

Pour son nouveau spectacle, Lo Cor de la Plana a opté pour des «chansons à boire», «plus rythmées, où les paroles sont décoratives, les histoires légères et ludiques», soulignées par un travail sur l'occupation de la scène. «Jusque là, on chantait assis sur des chaises. Maintenant on se lève, on se déplace pour des parties plus secrètes, plus intimes. L'idée, c'est d'intégrer un peu plus le spectateur qui ne comprend pas forcément l'occitan, le faire rentrer par une gestuelle ingénieuse. Ca nous a renforcé dans nos partis-pris musicaux», assure le chef de chœur.

 

Concert vendredi 18 juillet à 21h30 au Théâtre antique.

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