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Billet de blog 16 juil. 2015

Incantations africaines de Vaudou Game, aux Suds à Arles

En ce mercredi 15 juillet, ce fut une soirée mélange des genres, comme souvent à Arles, puisqu’elle regroupait dans la même unité de lieu les roumains de Taraf de Haïdouks et le groupe franco-togolais Vaudou Game.

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Pas moins de 7 musiciens composent Taraf de Haïdouks, la plupart violonistes, avec une allégresse sur scène inaltérable. Des rythmes gitans et balkaniques, des voix criardes mais domptées, des violons entêtés, tel fut le tableau offert par ces roumains.

La soirée s'enchaînait avec le groupe mené par Peter Solo. Après son projet Analog Vodoo sorti en 2013, ce chanteur et guitariste né au Togo, lance Vaudou Game. Un mélange de sonorités vaudou utilisées lors des cérémonies au Togo ou au Bénin, très imprégné d’afro-beat, d’afro-funk et de soul.
La particularité musicale de cette région d’Afrique est d’employer, lors de ces rituels, des gammes particulières, chantées en l’honneur des divinités, et qui diffèrent de toutes celles des cultures voisines.
Dans une interview accordée à Juliette Savard, il décrit le vaudou comme une marque « d’humilité, de respect. Le respect des éléments qui nous entourent, le respect de l’humain. Et de croire qu’on n’est pas des dominants, qu’on n’est pas seuls sur cette terre. Les éléments qui étaient là avant nous, ont été témoins de plein de choses. (…) Le vaudou n’est pas qu’un truc africain, ancien. C’est actuel. C’est respecter l’environnement dans lequel on vit. Croire et obéir plus que respecter parce qu’on peut respecter sans rien changer ».

Enregistrement de l'interlude pris lors du concert où Peter Solo nous raconte sa vision du vaudou, et où les musiciens français et togolais chantent et se répondent en langue Mina :

© 

Les plus médisants diront qu’un seul africain compose le groupe, et c’est peu pour représenter cette culture. C’est bien là le pari réussi de Peter Solo ; il a initié ces cinq musiciens de la région lyonnaise qui l'accompagnent aujourd’hui. Au début du projet, ils n'avaient peu ou aucune connaissance de cette musique là. Plus de doute aujourd’hui, ils chantent et répondent en langue Mina, respectant l’enseignement du leader du groupe.
Et le mariage des musiciens est bluffant. La résultat échappe à la nostalgie, en offrant une énergie nouvelle, faisant évidemment hommage à ses racines musicales. On ne peut rester que suspendu à ces incantations africaines, jouées dans un temple romain du sud de la France...

Surprise sur scène, Peter Solo a invité son oncle Roger Damawuzan (qui apparait sur le titre phare « Pas contente »). Ce vétéran de l’afro-funk togolais des années 70s restera sur scène pour se déhancher et lacher sa voix, d'une ressemblance troublante à celle de James Brown. Il déambulera et dansera pendant presque tout le concert, ne cachant pas sa joie à la fosse tassée à cette heure-ci. 

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