Poésie Libertaire - La semaine Sanglante

Elle dénonce le massacre des communards par Adolphe Thiers qui fit environ 30 000 morts . Hommage à la Commune, où des hommes, femmes et enfants sont montés à l’assaut du ciel.

La semaine sanglante

 

Sauf des mouchards et des gendarmes.

On ne voit plus par les chemins

Que des vieillards tristes, en larme,

Des veuves et des orphelins.

Paris suinte la misère,

Les heureux même sont tremblants.

La mode est au conseil de guerre

Et les pavés sont tout sanglants.

 

Oui, mais ça branle dans le manche

Les mauvais jours finiront.

Et gare à la revanche

Quand tous les pauvres s’y mettront.

Quand tous les pauvres s’y mettront.

 

On traque, on enchaîne, on fusille

Tous ceux qu’on ramasse au hasard

La mère à côté de sa fille.

L’enfant dans les bras du vieillard.

Les châtiments du drapeau rouge

Sont remplacés par la terreur

De tous les chenapans de bouge.

Valets de rois et d’empereurs.

 

Nous voilà rendus aux jésuites,

Aux Mac Mahon. aux Dupanloup.

Il va pleuvoir des eaux bénites,

Les troncs vont faire un argent fou.

Dès demain en réjouissance.

Et Saint Eustache et l’Opéra.

Vont se refaire concurrence

Et le bagne se peuplera.

 

Demain les Manon. les Lorette.

Et les dames des beaux faubourgs,

Porteront sur leur collerette

Des chassepots et des tambours.

On mettra tout au tricolore,

Les plats du jour et les rubans.

Pendant que le héros Pandore

Fera fusiller nos enfants.

 

Demain, les gens de la police.

Refleuriront sur les trottoirs,

Fiers de leurs états de service

Et le pistolet en sautoir.

Sans pain, sans travail et sans arme,

Nous allons être gouvernés

Par des mouchards et des gendarmes,

Des sabre-peuple et des curés.

 

Le peuple au collier de misère

Sera-t’il donc toujours rivé ?

Jusques à quand les gens de guerre

Tiendront-ils le haut du pavé ?

Jusques à quand la Sainte clique

Nous croira-telle un vil bétail

A quand enfin la République

De la justice et du travail

 

Jean Baptiste Clément 

 

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