Et le Sénat ?

Une grande partie des débats dimanche soir portait sur la signification nationale de cette série d’élections locales.

 

Il y a au moins un domaine dans lequel les municipales et cantonales ont un impact national, c’est la composition du Sénat.

Les socialistes présents sur les plateaux n’ont pas saisi l’occasion de pointer l’aberration du mode de désignation des sénateurs. C’est dommage.

 

Bien que la gauche détienne désormais 22 des 24 regions (92%), 59 ou60 des 100 départements (hors DOM-TOM), 183 des 307 villes de plus de 30 000 habitants (60%), elle n’est pas assurée de conquerir une majorité au Sénat en septembre 2008, ni même en 2011.

 

Malgré la réforme de la composition du Sénat adoptée en 2003, les élus ruraux continuent de peser d’un poids décisif dans l’election des sénateurs : les 142 000 délégués des conseils municipaux representent 95 % de l’ensemble des grands électeurs du Sénat.

 

Même si les questions institutionnelles passionnent modérement les citoyens, la soirée électorale de dimanche soir état l’occasion de faire un peu de pédagogie sur l’archaîsme que constitue le Sénat dans sa forme actuelle. L’occasion aussi de rappeler que le Sénat joue un rôle essentiel : pas seulement en tant que « Haute Assemblée » face à l’Assemblée, mais aussi par le pouvoir qu’a son Président de désigner des membres dans ces deux piliers de la vie démocratique que sont la CSA et le Conseil Constitutionnel.

 

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