Contes et légendes

C'était il y a bien longtemps, j'avais dix ans. Je l'ai lu et relu à l'époque, et puis je l'ai rangé dans ma boite à objets sacrés. Le genre de boite qu'on ne perd sous aucun prétexte, et qui vous accompagne toute la vie.

Fête en language Lakota Fête en language Lakota
C'était il y a bien longtemps, j'avais dix ans.

La maitresse, à son bureau, nous annonça la distribution des prix de fin d'année. Je revois la classe, ma maitresse s'appelait Madame Bérangier, super maitresse.

Elle commença par le plus petit prix, doucement, elle prenait son temps... De toute façon tous les prix étaient des livres.

J'avais bien travaillé. J'attendais ma récompense, assez peinarde, sûre d'arriver dans le peloton de tête, exigence absolue de mon père.

Elle me remis le dernier livre, autrement dit "le prix d'excellence"

CONTES ET LEGENDES DES INDIENS D'AMERIQUE

Je n'oublierai jamais ...

Ce livre, je l'ai bu, avalé, dévoré, et j'y ai découvert la plus belle philosophie du vivant que je connaisse encore aujourd'hui.

Ce livre m'a révélée à moi-même, m'a donné un chemin de vie et de conception du monde qui m'entoure.

Ces contes ont agi sur moi comme un ciment, tout comme l'éducation que m'a donné mon papa, mon manitou à moi.

L'oeuvre d'origine est rangée en lieu sûr, je le transmettrai à ma petite fille pour ses dix ans, si les dieux divers et variés me permettent de vivre jusque là, et alors je le relirai avec elle, ma papoose belle.

De recherches en recherches, je me suis intéressée toute ma vie aux amérindiens, aux autochtones, à leur respect de la terre, du vivant, à leur refus de la propriété privée, à leur sens du partage, à leur richesse intérieure, dont on ferait bien de s'inspirer.

Marx l'avait fait.

Rousseau l'avait fait.

J'ai une profonde admiration pour le peuple Lakota, dont je connais un peu le language, et très bien l'histoire.

Cela peu paraître cocasse pour une européenne, on me l'a dit à plusieurs reprises dans ma vie.

Mais je reste persuadée que ces peuples étaient dans le vrai, bien plus que nous.

Pensées à mon père, qui m'a tant apporté, et qui m'approuverait sûrement, parce que c'était un homme qui avait l'humanisme dans la peau.

WACHTE

wohanpi

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.