Pour une démocratie en continu, par Olivier Bassuet et Nicolas Namur

Les habitants des 3e et 10e arrondissements de Paris ont une voix singulière qui mérite d’être entendue pour ce qu’elle est sans être récupérée pour les cinq prochaines années ni par la majorité présidentielle, ni par une opposition systématique. Nous soutenons la candidature de Julien Bayou afin que cette voix soit portée à l'Assemblée nationale.

Après que l’appellation eut été popularisée aux États-Unis dans les années 1990 par un journaliste du New York Times, c’est pour désigner les habitants aisés situés entre le Marais et le Canal Saint-Martin que le terme « bobo » fut employé pour la première fois en France. Aux abords du quai de Valmy et de la rue du Temple, les citoyens ont en effet décidé de vivre autrement, exigeant de leur réussite sociale qu’elle préserve des valeurs essentielles : la préoccupation environnementale, la sécurité alimentaire, la justice sociale et la solidarité envers les réfugiés.

Nous ne prétendons pas parler au nom de tous les habitants de notre circonscription mais, en ce qui nous concerne, ce qualificatif de « bobo », nous le portons avec fierté. Alors que nos revenus sont considérés comme élevés, nous votons majoritairement à gauche. Alors que les attentats nous ont frappés en plein cœur, l’extrême droite n’a obtenu que 7 % de nos suffrages aux élections présidentielles. Nous acceptons que des réfugiés côtoient quotidiennement nos enfants au parc Villemin et, quand l’hiver est rude, nous ne nous offusquons pas de voir le quai de Jemmapes se couvrir de tentes pour abriter des SDF. Ce qui nous scandalise, ce n'est pas que la misère normalement cachée se rende visible mais bien l'absence de réponse des pouvoirs publics pour remédier à ces situations indignes. Un humanisme directement hérité des Lumières reste bien vivace en chacun de nous. Enfin, la place de la République étant au centre de notre circonscription, nous sommes témoins de toutes les luttes sociales contemporaines. 

Avec un âge moyen de 37 ans (l’âge qu’aura Julien Bayou le 11 juin prochain, jour du premier tour des élections législatives !), nous sommes plus jeunes que la moyenne des Français, en majorité célibataires et, pour les deux tiers, locataires de notre appartement. Nous jouissons en moyenne de revenus confortables largement dégradés par les loyers exorbitants du parc privé (malgré l’encadrement récent des loyers) et des surfaces trop petites même si, pour la plupart, nous avons les moyens de manger bio et de faire face au coût de la vie particulièrement élevé de nos quartiers. Avec 20 % d’étrangers résidant dans notre circonscription et 20 % de logements sociaux dans le 10e arrondissement, la gentrification n’a pas mis un terme à la diversité et au multiculturalisme de notre environnement.

Cadres supérieurs, dirigeants, ingénieurs, commerçants, entrepreneurs, chirurgiens, producteurs, artistes, techniciens du cinéma et du spectacle, graphistes, nous ne devons notre réussite professionnelle qu’à nous-mêmes. Si nous sommes qualifiés de « bourgeois bohèmes », nous n’appartenons pas à la classe bourgeoise supérieure parisienne à laquelle seule la naissance permet d’accéder et qui habite plutôt, traditionnellement, les 7e, 8e ou 16e arrondissements. Si nous sommes bohèmes, c’est que, généralement dépourvus de fortune familiale, nous sommes tout aussi précaires dans notre réussite sociale que libres dans nos trajectoires, nos choix et nos mobilités.

Avec une identité aussi singulière, nous ne pouvons consentir à être débarrassés de la démocratie pour les cinq prochaines années et accepter que notre vote soit confisqué par l’un des grands partis qui, seul, dictera la ligne de conduite de notre futur député. Nous voulons être représentés par un parlementaire indépendant, libre de prendre des décisions qu’il ne devra justifier qu’auprès de nous.

Julien Bayou place au centre de sa campagne « la démocratie en continu ». L’électeur ne se contente pas de donner son avis par un vote tous les cinq ans mais il est au cœur du processus démocratique grâce à de nouvelles pratiques et de nouveaux outils : budgets participatifs, ateliers de fabrication de la loi, analyse de l'activité des députés, interpellation populaire, coconstruction d’amendements ou de propositions de loi. C’est la « réquisition citoyenne de l’Assemblée nationale ». Écologiste, Julien Bayou est conscient de l’urgence de l’action pour protéger notre planète et, pleinement engagé en faveur de la justice sociale, il se bat pour une répartition plus équitable des richesses afin de vivre dans un monde apaisé.

Julien Bayou n’a rien d’un novice en politique et il n’a pas attendu d’être député pour mener des actions aussi efficaces que retentissantes.

En 2005, il participe à la fondation de Génération précaire, collectif dénonçant la condition des stagiaires via des actions très médiatisées.

En 2006, il est l’un des membres fondateurs du collectif Jeudi-Noir qui vise à dénoncer la flambée des prix des loyers menant à une explosion de la bulle immobilière. Par le biais d'actions médiatiques, telles que des visites festives d'appartements à louer et des « réquisitions citoyennes » de bâtiments dans de nombreux endroits de Paris, il attire l'attention des médias et de l'opinion publique sur le fait que la majeure partie de la population souffre de la cherté des logements.

En avril 2009, il participe à la création de Sauvons les riches, qui s'inscrit dans la campagne d'Europe Écologie pour les élections européennes de 2009.

Début 2010, il apparaît très fréquemment dans les médias pour dénoncer la condamnation des Squatteurs de la Marquise ce qui lui vaut de se voir décerner par la revue Technikart, en décembre 2010, la première place dans son Top 100 des moins de 40 ans qui font bouger la France.

En février 2011, choqué par la décision de la Ville de Paris de ne plus poursuivre l'ancien président Jacques Chirac dans l'affaire des emplois fictifs, il demande au tribunal administratif de Paris l'autorisation de plaider à la place de la municipalité puis il se porte partie civile au procès.

Au cours de cette même année 2011, il fait partie de la deuxième flottille pacifique qui vise à briser symboliquement le blocus de Gaza et rend compte de cet épisode sur le site du Nouvel Observateur.

En 2012, il est membre de l'équipe qui occupe le bâtiment du 2 rue Valenciennes pour y loger des habitants soutenus par le collectif Jeudi-Noir et le DAL.

En juin 2013, il s'engage aux côtés de Jérôme Kerviel et interpelle le ministère de l'Économie sur les conditions du remboursement par l'État de 1,7 milliard d'euros à la banque Société générale. À la suite d'une lettre ouverte restée sans réponse, Julien Bayou saisit le tribunal administratif. Constatant que l’affaire Kerviel est devenue l’affaire Société générale, devenue elle-même une affaire d’État symptomatique de la situation de notre démocratie, il publie le livre Kerviel : une Affaire d’État.

En avril 2015, il saisit une nouvelle fois la justice pour obtenir la liste des entreprises sanctionnées pour non-respect de la loi sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

En tant que porte-parole national d'EELV, il participe à deux missions d'observations électorales au Kurdistan Turc en mars 2014 puis en Ukraine en octobre de la même année. Il se rend également en Écosse en soutien à l'indépendance à l'occasion du référendum de septembre 2014 ainsi qu'en Grèce pour soutenir le mouvement Syriza en janvier 2015 dans le cadre d'une délégation de militants de gauche et d'écologistes.

En décembre 2015, réélu conseiller régional, Julien Bayou est présenté par le Huffington Post comme l’une des dix « révélations politiques » de l'année.

En juillet 2016, il dépose deux recours, devant le Conseil d’État et devant le tribunal administratif, pour s'opposer à la restriction de l'encadrement des loyers à la seule ville de Paris. Le Conseil d’État lui donne raison en mars 2017.

Début 2016, il participe au mouvement Nuit debout. Il traduit l'intervention de l'ancien ministre grec des Finances Yánis Varoufákis dont il rejoint le mouvement transpartisan européen DiEM 25 et fonde le bureau français.

Ayant grandi dans le 3e arrondissement et vivant aujourd’hui dans le 10e arrondissement, les préoccupations de Julien Bayou entrent naturellement en résonance avec celles de leurs habitants, celles d’une gauche ancrée dans l’Europe.

Travailleur acharné, investi dans ses combats de jour comme de nuit, nous pouvons compter sur lui pour imposer sa présence à l’Assemblée nationale et y représenter les habitants de sa circonscription sans faillir.

Enfin, il convient de ne pas oublier, en ces temps troublés, notamment suite au retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, que le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, aura besoin de députés Verts à l’Assemblée nationale pour pouvoir agir.

Pour toutes ces raisons, nous invitons nos voisins à voter pour Julien Bayou lors des élections législatives des 11 et 18 juin prochains.

 

Olivier Bassuet & Nicolas Namur

Habitants du 10e arrondissement ; citoyens de gauche non-encartés trans-partisans et européens.

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