Dans ce jardin d'Eucharis

Revue numérique, chaque rendez-vous des Carnets d'Eucharis exalte à satiété l'œil des artistes comme autant d'espaces du dedans qui se découvrent poème, photographie, pensée, histoire, parce qu'il y a un mot, une matière, l'autre ou le monde pour les faire advenir.
Revue numérique, chaque rendez-vous des Carnets d'Eucharis exalte à satiété l'œil des artistes comme autant d'espaces du dedans qui se découvrent poème, photographie, pensée, histoire, parce qu'il y a un mot, une matière, l'autre ou le monde pour les faire advenir.

Les deux récentes mises en ligne des Carnets d'Eucharis sont exemplaires de cette approche, qui est une ouverture, au ressort d'une sensibilité, celle de son unique revuiste, Nathalie Riera. Car solitaire, l'œil creuse d'abord de son empreinte toute présence, à la seule force de sa perception.

Ainsi de ces personnages figurés par l'objectif de la photographie (ou du cinéma... muet) qui n'attendent que d'être vus, et qui s'insinuent dans les pages d'un même numéro, telle l'actrice (et styliste plurielle) Natacha Rambova, compagne de Rudoph Valentino (en couverture du numéro de mai/juin).

 © Marianne Breslauer © Marianne Breslauer
Ou encore au travers des visées de la photographe allemande Marianne Breslauer (1904-2001) et de la jeune photographe Lilya Corneli (couverture du numéro de juillet/août).

Mais surtout, il faut prendre au mot cet espace qui s'effeuille du dedans au dehors, et entourner les pages (ou les éditer), car les mots nous guettent, nous épient même, dans ce jardin statuaire. Les Carnets d'Eucharis se rassemblent alors en un bouquet d'échos, dont le texte surgit à la tourne : la revue fourmille d'études, de présentations d'auteurs (de D. H. Lawrence à Bernard Noël en passant par Alejandra Pizarnik, Danielle Collobert ou Annemarie Schwarzenbach).

C'est que la revue de Nathalie Riera sait s'adosser au contemporain pour un passage à l'œil, tout en levée d'écrous (voir ce billet). Et dans le sillage de George Oppen*, on ne ratera pas l'incitation à visiter les expositions de John Cohen**, « photographe de la beat generation ».

Les Carnets d'Eucharis, revue numérique consultable sous ce lien (ici).

Chaque carnet est téléchargeable depuis cet autre lien (ici) au format PDF.

*A paraître en novembre une édition de ses « poésies complètes », traduites par Yves Di Manno, aux éd. José Corti (j'y consacrerai un article dans le journal).

**En juillet à l'adresse de la galerie Serge Aboukrat, place Furstemberg à Paris, et jusqu'au 24 septembre à l'initiative de Michèle Cohen à la galerie La Non-Maison, 22, rue Pavillon, 13100 Aix-en-Provence.

 © John Cohen © John Cohen

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