Social, état d'urgence?

Le titre de cette édition m'a, d'emblée, interrogé. Ainsi que la brève présentation, centrée sur l'illustraton par un conflit du monde du travail industriel. De quoi est-il question?

Le titre de cette édition m'a, d'emblée, interrogé. Ainsi que la brève présentation, centrée sur l'illustraton par un conflit du monde du travail industriel. De quoi est-il question?

1/ des urgences sociales, l'actualité de chaque jour en est saturée : travail, mais aussi logement, éducation, civisme, Europe, mondialisation, guerres ouvertes ou hypocrites, terrorisme, faim et misère, démocratie, etho-écologie... Les sujets d'inquiétude, de compassion, d'indignation, de surprise et d'incrédulité abondent. Cette édition nouvelle ne peut pas se proposer d'en énumérer encore davantage.

2/comprendre : l'urgence ressentie (à juste titre ou non) incite à passer à l'action sans retard. C'est évident : quelqu'un se noie, ce n'est pas le moment de réfléchir aux mesures de sécurité. J'ai, autrefois, arraché en force un jeune à un autre qu'il étranglait. Ce n'est qu'après que j'ai pu luidire :"Remercie-moi, je t'ai évité de devenir un assassin. Je t'aurais assommé pour ça, s'il l'avait fallu."

"Comprendre", cela prend du temps, de la patience, des compétences. Il faut analyser les faits : les établir, les décrire de plusieurs points de vue , les "expliquer" (en découvrir des aspects cachés), les "intégrer" dans une image d'ensemble du monde (où ils sont "compris" comme des aspects, des moments, des cas particuliers). Allons-nous ici essayer de "comprendre" les urgences sociales ?

3/ gérer : essayer d'être moins pris au dépourvu (tirer les leçons du passé , voir les points faibles d'une organisation, d'un fonctionnement, les dangers propres à une activité). Exiger que des moyens, matériels et humains, soient disponibles avant qu'une urgence apparaisse (ra pensée comptable doit, là-dessus, céder le pas à l'exigence humaine).

4/ échelonner : traiter les urgences qui surviennent, se donner des moyens de réaction plus proches, plus rapides, aux aléas envisageables, ne suffit pas. Il faut un travail patient, de longue haleine, pour améliorer les moyens de prévention, toujours moins coûteux et plus efficaces que les réactions aux urgences.

Ces lignes ne sont qu'un cadre général de réflexion. Le point 4 est le plus négligé dans la période présente. Il va falloir, à mon avis, dans cette édition, réfléchir aux domaines des urgences les plus graves d'aujourd'hui (point 1). Par ailleurs, tenter d'indentifier les compétences les plus suceptibles d'aider à traiter des urgences, par définition imprévues

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