Jancovici, le Raoult du nucléaire, l’écologie, Cheval de Troie du nucléaire

Le 22 novembre Jean-Marc Jancovici apparaissait dans une vidéo intitulée "Bienvenu dans le monde réel". Dans son monde pseudo-réel règne sa logique : le nucléaire est indispensable dans la lutte contre le réchauffement climatique,. Comme du glyphosate, on ne pourra pas s’en passer ! La fabrication de mondes parallèles se retrouve aussi chez Raoult. Ils sont des lieux d’aliénation.

"Entre la bougie et le nucléaire, il y a l'intelligence"
(tag à proximité de la centrale nucléaire de St Alban)

Voici l’adresse de la vidéo en question. Elle a pour titre en toute simplicité « Bienvenue dans le monde réel »

https://youtu.be/HcA87w0jStU

 

 

Je commencerai par ce qui normalement devrait être abordé à la fin d’un texte quand tout a été dit du fond, l'aspect humain. Les partisans des théories de Jean-Marc Jancovici que je lis sur le fil de discussion de cette vidéo, me semblent être des personnes instruites et donc, a priori, réfléchies. Comment peuvent-ils se laisser berner par un type imbu de lui-même, « sûr de lui et dominateur » ? Il encalmine ses partisans dans une problématique qui a toutes les apparences de la cohérence. Ses conclusions sont implacables. Ca a le goût de la science, on aimerait bien que cela en soit, mais ce n’en n’est pas. Ce sera l’objet de mon papier.

Jancovici parle bien, il est clair, tout semble carré, il vous embarque dans un raisonnement qui paraît logique qui n’est que sa logique à lui. Il prétend parler du « monde réel » quand il ne parle que de sa réalité à lui. Alors, il sait toucher, trouver le bon mot, le mot qui fait mouche. Ses interventions font appel à ce que tous semblent aimer, la science. Mais, à mon sens, il ne peut plus s’agir de science quand ses interventions sont corrompues par de trop nombreux biais cognitifs. Tout comme je l’avais observé chez les partisans du Pr Raoult, les siens semblent pareillement pris dans le miroir aux alouettes de la reconnaissance d'égal à égal. Lui le polytechnicien, professeur à l’Ecole des Mines de ParisTech, fondateur de ci, patron de ça, en met plein les mirettes. Je pense ici à celles de mes connaissances, engagées à gauche, écologistes convaincus, ingénieur-chercheur, professeurs. Ils adhèrent, certains sans réserve, à ses thèses. Ils semble, à les entendre, qu’ils aient trouvé en lui, une réponse globale et rationnelle et donc rassurante pour leur angoisse face au désastre écologique qu’il annonce et qui réellement s’approche. Jancovici part de cette conclusion anxiogène, aussi vraie que largement partagée chez les écologistes conséquents. Cette conclusion lui permet de parler sobriété énergétique, chose qui là encore fait consensus au sein de cette même communauté des écologistes. Son approche catastrophiste, un brin surjouée, ne poursuit qu’un but, sortir de sa poche LA solution miracle au besoin en énergie. A partir de là, il procède par élimination. Il va passer en revue toutes les énergies renouvelables (EnR) et les démonter soigneusement une à une avec une foultitude de chiffres et d’exemple concrets. Une fois ses auditeurs subjugués par son bagout, étourdis de chiffres et de graphiques, il n’a plus qu’à annoncer sa solution : seule l’énergie nucléaire est capable de nous tirer de ce mauvais pas. Ses interventions sont marquées par un haut niveau de technicité et son sens inné de la didactique avec laquelle il prend bien soin de flatter l’ego de ses auditeurs. C’est là, que le bât blesse.

La technique du pied dans la porte

Comme le dit Vincent de la chaîne « Partager c’est sympa » dans son analyse de la vidéo Hold-Up, Jancovici emploie la technique commerciale du « pied dans la porte ». Comment, emporté par une analyse du problème séduisante et juste, ne pas adhérer à ce qui va suivre jusqu’à sa conclusion ? Arrivé à ce point de sa démonstration où la catastrophe écologique est à nos portes, le nucléaire, toujours présenté sous son plus beau jour, est présenté comme la conséquence logique de ce qui précède. C’est ce qu’il défend depuis des décennies, tient en quelques mots. L’énergie nucléaire est sans rivale, elle est, toujours selon lui, écologique, bon marché, facile à mettre en œuvre. Hors d’elle, point de salut. Très pédagogique, ceux qui suivent ses vidéos et ses conférences, peuvent mettre en œuvre leurs connaissances, leur donnant l’illusion de les valoriser en les mettant au service du collectif qui est au cœur de leur idéal écologique. Il flatte l’intelligence et l’affect. Le combo gagnant. On ne peut lui reprocher d’avoir fait naître une génération d’énergéticiens. Pour suivre ses partisans sur les réseaux sociaux (RS), je les vois se lancer dans des démonstrations qui ne seront jamais que paraphrases. Partant des mêmes modèles et des mêmes données d‘entrée, leurs conclusions vont invariablement dans le même sens que celles de Jancovici. Elles se résument en trois mots : Jancovici a raison. Jamais, alors qu’il est au consubstantiel à la science, le doute n’apparaît jamais chez Jancovici pas plus que chez ses partisans. C’est exactement ce que j’ai pu constater chez les followers de la mouvance Raoult à l’instar de Raoult lui-même. J’emploie le mot consacré sur les RS de « follower », ça sonne mieux que suiveur en français même si le sens est le identique. On peut les voir endosser les rôles de virologues, épidémiologistes mais où la remise en cause des idées du professeur marseillais n’est pas envisageable. De la lecture des posts de leurs partisans réciproques, ressort un sentiment de répétition, de messages qui sont souvent des variations plus ou moins réussies, du modèle original. Ca tourne en rond. Sur les RS, bien souvent le follower cherche autant à se rassurer qu’à convertir de nouvelles ouailles. La répétition des bons mots du maître, leur reformulation, voire l’hyperbole, resserre les rangs. Plus simplement, suivant une expression qui date bien antérieure à l’explosion des réseaux sociaux, ils se montent le bourrichon.

 

« ce sont nos besoins qui créent les stars »

Mais chez Raoult ou Jancovici, une reconnaissance d’une autre nature est attendue. Elle se calcule en nombre de like, en centaines de milliers de vue. « Dans son essai La société du Spectacle Guy Debord fait remarquer que ce sont nos besoin qui créent la star. Plus sûrement que leurs qualités propres » écrit le Dr Alexandre de Hermitienne dans La Libre Belgique du 20/12/2020. Il parlait du Pr Raoult mais sa réflexion peut s’appliquer sans réserve à Jean-Marc Jancovici. Les deux professeurs tirent une part de leur autorité du soutien inconditionnel du grand nombre de leurs followers. Cette autorité leur permet d’être les invités fréquents des grands médias qui, en retour, renforcent l’autorité de leur parole. Pour les diffuseurs, nos scientifiques de renom, sont de bons clients, ils font de l’audience. Diffuseurs et experts médiatiques entretiennent une relation de dépendance. D’un point de vue marketing c’est tout bénéfice pour les chaînes qui se donnent une apparence de pluralité, d’ouverture. Ainsi se forment les boules de neige médiatique où la confiture appelle la tartine. Cette croyance des disciples en une relation de proximité, quasi symétrique, est la marque même de la manipulation. Ceux qui suivent le virologue et l’énergéticien, sont rarement les mêmes, mais j’en connais. Pour avoir tenté un parallèle entre Jancovici et Raoult, celui-ci est mal vécue par les supporters des premiers. Il n’en demeure pas moins que j’ai trouvé chez leurs followers respectifs, ce même besoin, cette même quête d'un sauveur. Pour sortir du piège dans lequel ils semblent être pris, inutile d'avoir un bac +12 en physique nucléaire ou en virologie. Un peu d’esprit critique et de logique suffiront. Un esprit réellement rebelle sera néanmoins indispensable. Malheureusement, à fréquenter les RS, je vois surtout une confiance aveugle en la personne d’autorité, qu’il s’agisse de Raoult ou de Jancovici.

Un chef d’entreprise pro-business partisan de la décroissance….

Sur Jancovici, je suis, comme je l’ai dit d’emblée, d'accord avec son analyse du collapse en cours. Il s’y montre convaincant, ses conclusions sur la décroissance pourraient être les miennes. Sa tribune du 12 novembre 2020 cosignée avec Gaël Girard et Laurence Tubiana contre « le développement des projets pétroliers et gaziers » parue dans Le Monde est parfaite. Néanmoins, son positionnement politique me pose problème et j’ai un peu de mal à comprendre l’engouement des écologistes pour le positionnement politique implicite de Jancovici. Pour rappel, en 2012,il avait déclaré qu’il aurait bien voté Mélenchon mais sa volonté de sortir du nucléaire l’en empêchait. Pour ma part, il existe une contradiction dans ses conclusions qui font appel à une forme de décroissance et son positionnement probusiness. A moins que certains écologistes s’accommodent fort bien de l’idéologie entrepreneuriale. Suivez mon regard… La presse économique, donc ultralibérale, ne tarit pas d’éloge à son égard. Il a sa chronique dans les Echos. Le Figaro, toujours prompt à relayer les thèses climato-négationnistes, n’hésite pas à l’inviter quand il faut faire la retappe du nucléaire, comme le 13/12/2019. Après ses belles envolées sur le climat, tombe la conclusion : pour sauver le climat, après un appel à la sobriété énergétique auquel je souscris, vient son injonction au 100% nucléaire. Je vais montrer en quoi cette hypothèse alors qu’il combattra toutes les Energies Renouvelables (EnR) pied à pied, est aussi fallacieuse que dangereuse. Partant de son constat que nous aimerions partagé par le plus grand nombre, une partie des écologistes sincères s’engouffrent dans cette fausse bonne solution. Fausse bonne solution car elle ne pourrait changer le cours des choses que par une mise en œuvre si massive, générant bien plus de problèmes qu’elles n’apporterait de solution. Imposer solution le nucléaire à la plus large échelle possible, a pour conséquence de freiner les investissements dans la recherche d’énergies alternatives et dans leur application. Lire la très bonne tribune de Corine Lepage sur le site Reporterre du 10/12/2020. Toute la stratégie de Jancovici consiste à prouver que les EnR sont des ennemies du nucléaire. Chaque euro qui y est investi ne va pas dans l’énergie atomique. Donc, haro sur les EnR et cette obsession revient en leitmotiv dans ses interventions.

Comme disent les marxistes, lorsque les masses s’emparent d’une idéologie, celle-ci devient une force matérielle. Ainsi, j’ai commencé mon papier en abordant le problème « humain » que me posent les prise de positions « scientifiques » de Jancovici et de ses émules. Toute son action vulgarisatrice est à mon sens son action est éminemment politique, influencer les décideurs pour qu’ils imposent le retour du nucléaire, ses enflammades de collapsologu en’étant que le biais pour faire accepter le nucléaire par son cœur de cible, les écologistes.

 

Contre-vérités et déformation des faits
Je vais maintenant débunker quelques unes des contre-vérités que le patron du Shiftproject affirme sans contredit sur les plateaux TV ou au micro de France Culture le 14 mais 2020 où il a pu sortir son artillerie propagandiste, jusqu’à choquer certains auditeurs « arrogance », « impolitesse », « mépris », « partialité », « renversement d’arguments ».

Commençons par un mensonge : Jancovici parle du nucléaire comme d’une énergie « 100 % renouvelable pour pas plus cher, fastoche ?». C’est faux puisque le nucléaire est une énergie qui a besoin de l’extraction de minerai qu’il faudra transformer en combustible. Et tant qu’à parler d’un « monde réel », on peut dire que ce n’est pas demain qu’il sortira d’un surgénérateur qui n’existe toujours pas. Comment oser parler d’énergie 100 % renouvelable comme il le fait quand on laisse des millions de tonnes d’éléments radio-actifs, combustibles et composants irradiés que l’on ne sait pas toujours recycler et dont les déchets ultimes posent nombre de problèmes non résolus. Je reviendrai sur ces deux points cruciaux plus loin.

Une dénégation revient souvent, celle du risque nucléaire ou sa minimisation mensongère. Quand Jancovici dit que « le nucléaire civil n'a jamais tué personne », c’est faux. Sur le principe, cette affirmation est aussi crédible que celle du mec qui conduit bourré depuis 50 ans et qui, n’ayant jamais eu d’accident, affirme que l'alcool au volant n'est pas dangereux. Qui peut dire qu’un accident majeur est exclu pour l’avenir alors que, par leur principe même de fonctionnement, le temps qui avance - « les cuves vieillissent » nous dit l’IRSN- ne peut que fragiliser l’ensemble des équipements existants ? Par exemple, un accident majeur a été évité de justesse lors de la tempête du 27 décembre 1999 à la centrale du Blayais lorsqu’une digne de protection s’est rompue. Il faut parler de la centrale du Bugey qui devient après la fermeture de Fessenheim, la plus vieille centrale de France. Elle est implantée dans une zone d’activité sismique référencée. Située à moins de 30 km de Lyon, un accident majeur mettrait en danger un bassin de population de 2 millions d’habitants. Est-ce que la ville de Lyon ne vaut pas mieux que la fermeture anticipée d’une centrale qui devra s’arrêter en 2030 ? Dans un pays où le mensonge d’État est un mode usuel de gouvernement, du fameux nuage de Tchernobyl qui s’est arrêté à nos frontières à la gestion jusqu’à la gestion mensongère et erratique de la crise du COVID, comment ne pas s’inquiéter de la situation sécuritaire de nos centrales ? Pour le dire plus simplement, ce n’est pas demain que je ferait confiance à un gouvernement pour la gestion du nucléaire civil.

De droite ou de gauche traditionnelle, opacité et gestion à la petite semaine de ce dossier extrêmement sensible, je n’ai aucune confiance dans un gouvernement français sur le nucléaire.

 

Jancovici, questions biaisée, victimisation et punchlines

En 2012, voici ce que Jean-Marc Jancovici, sans aucune honte, écrivait « le nucléaire est considérablement plus sûr que le charbon, même si en France le battage médiatique accrédite souvent l’idée inverse ». Pour lui, le danger du nucléaire n’est qu’une question de « perception ». On laissera de côté la victimisation du propos qui, comme bien souvent, tient lieu d’analyse. Mais c’est le genre d’affirmation propre à soulever l’enthousiasme du croyant mais si elle n’a, en tant que telle, aucun sens. Que compare-t-il ? Les dommages dus à l’explosion d’une centrale à charbon ou celle d’une centrale nucléaire ? Dans ce cas, à moins d’être totalement de mauvaise foi, l’explosion d’une centrale à charbon ne fera pas plus de dégâts immédiats et à coup sûr, beaucoup moins long terme et impactant une superficie bien moindre. Faut quand même être sacrément gonflé, après les explosions de Tchernobyl et de Fukushima. Mais, là, encore selon un scénario bien rôdé, il a la parade : si la première est due à l’incurie soviétique, la seconde trouve son origine dans un tsunami. Dans les deux cas, on s’étonnera, mais pas lui, de l’absence de systèmes de sécurités propres à stopper les accidents de tout nature. Dans le cas de Fukushima, un défaut de conception majeur n’a pas permis de stopper l’emballement des réacteur 1,2 et 3, les générateurs de secours ayant été construits au même niveau que la centrale. Puisque j’en suis à parler de générateurs de secours, il est utile de rappeler que ceux qui nos centrales françaises, suite au plan Post-Fukushima, ne sont pas 100 % opérationnels comme le dit l’article de la revue L’Usine Nouvelle du 20/03/19.


Intermède ! Pour en revenir au « monde réel » puisque tel est le thème du jour, petites questions très concrètes : quand Tepco aura-t-il fini de refroidir les réacteurs de Fukushima ? Au final, combien de millions de mètres-cubes d’eau radioactive devront-ils être déversé dans le Pacifique ? Combien de kg de tritium ?

Quelques éléments d’appréciation du risque nucléaire

Selon Jancovici, celui-ci serait surévalué par la population (cf. les journalistes). Tout se résumerait à un problème d'appréciation par la population. Je vais ici donner quelques éléments d’appréciation chiffrés.

S’il va de soit que le nombre d’accidents nucléaires majeurs est très faible, disons 3, Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima, cette même population comprend très bien que ce risque ne se réduit pas à l’éventualité de sa survenue mais aussi à l’étendue des dégâts, matériels et humains mais aussi à leur durée dans le temps.

Pour Jancovici, e risque nucléaire est ramené à un bon mot, c’est une question de « perception ». Le compte-rendu d’un séminaire de 2014 qui se déroulait dans le cadre de l'Ecole des Mines et qui était intitulé « Les probabilités d’accident nucléaire majeur : calculs et perception » est plein d'enseignement. séminaire dans le cadre de l’Ecole des Mines.

Ce séminaire fait peut-être suite à la parution d’un article de Lucas Goutheron (ENS Saclay) paru dans son blog sur Médiapart. Cet article est cité avec une foultitude de points d’exclamation. « Détermination empirique de la probabilité d’un accident nucléaire « majeur » » . Sa conclusion sans appel est citée dans le rapport du séminaire de l’Ecole des Mines : « Il y aurait plus d’une « chance » sur trois pour qu’un Tchernobyl ou un Fukushima à la française d’ici 2050. Après de longs développements mathématiques, force lois statistiques, les conclusions sont telles qu’annoncées en titre « le vrai coût de l’accident(...) n’existe pas » de même que «  la vraie probabilité d’accident nucléaire n’existe pas ».

Le coût d’un tel accident et sa probabilité « n’existant pas », arrive sans transition la conclusion pratique. Il faut « convaincre les décideurs de ne pas prendre leurs décisions sur la seule perception des probabilités ». Pour ce qui est de convaincre, l’Ecole des Mines ne manque pas de professeurs capables d’emporter les adhésions« Le coût n’existe pas » peut-on y lire aussi. Soit mais on peut néanmoins s’en faire une idée.

« Centrale du Bugey : 5 millions de français touchés en cas d’accident » Lyon Capitale 24/05/19. Dans ce cas, 5 millions de d’habitants rapportés à 66 millions de français, soit 1/13. PIB de la France 2000 Md€/an, PIB de la zone impactée 156 Md€/an. Sur combien d’années ? Personne ne sait. Le patrimoine de la France fin 2018 étant de 15 500 Md€, la destruction de patrimoine en cas d’accident majeur à la centrale du Bugey serait de 1200 Md€. « Accident nucléaire : une certitude statistique » tel est le titre d’une tribune signée en 2011 par l’un des pères du programme nucléaire français, Bernard Laponche et de l’économiste contredit le professeurs conclusions d’un séminaire de l’Ecole des Mines ParisTech.

Non M. Jancovici, vous n ‘avez pas le monopole du savoir en matière de nucléaire. Habitant entre la Centrale du Bugey et celle de Saint Alban, le jour où j’avais été à ma pharmacie chercher mes pastilles d’iode, j'avnais dans mes mains la preuve matérielle que l’accident majeur n’est pas qu’une vue de l’esprit de quelque journaliste malveillant.

Le nucléaire un danger étendu et pour longtempsEnfouir, quels dangers ?
Le nucléaire est sans danger. Tous les partisans du nucléaire affirment haut et fort « Fermer Fessenheim est un crime contre le climat ». Comment peut-on mettre en balance l’augmentation d’émission de CO2 due à cette fermeture à l’échelle planétaire et les risques pour le bassin de population qui se presse de part et d’autre des deux côtés de la frontière et tout le long du bassin rhénan. Il s’agit d’une centrale vieillissante, en mauvais état, mal situé car en dessous du niveau du Canal du Rhin mais au dessus d’une nappe phréatique très importante et dans une zone d’activité sismique importante. Pour rappel, la ville de Bâle située à 40 km de Fessenheim, a été rasée par un tremblement de terre le 18 octobre 1356. Si cette centrale a été construite en intégrant ce séisme de référence, qu’en est-t-il du canal qui la surplombe de 6 m ? Cette centrale est d’autant plus dangereuse car située au dessus de la plus grande nappe phréatique d’Europe qui court le risque d’être irrémédiablement polluée en cas d’accident majeur. Tous ces problèmes ne sont pas abordés par les défenseurs du nucléaires qui, le temps de la fermeture d’une centrale, deviennent écolos. J’ai vus sur le site « Les Patriotes » que cette fermeture va engendrer l’émission de 10 millions de tonnes de CO2 par an. On ne sait pas d’où sort ce chiffre mais il est a rapprocher des 37 milliards de tonnes de CO2 émis par an sur Terre en 2018, soit une augmentation de 0,027 %. Autant dire rien.

Sur le coût d’un accident nucléaire majeur, je renvoie à l’article de l’association Sortir du Nucléaire https://www.sortirdunucleaire.org/Combien-coute-un-accident 

Les dangers de l’enfouissement ne concernent pas que les déchets de l’industrie nucléaire. Ils peuvent mettre en cause desdéchets de l’industrie chimique, dangereux et pour très longtemps. Le site d’enfouissement de Stocamine dans le Haut-Rhin, est une ancienne mine de sel reconvertie en site de stockage ultime de déchets chimiques (arsenic, mercure, pesticides, chrome…) et amiantés. Je vais en parler pour deux raisons : la première est la similitude des problématiques de stockage ultime par enfouissement profond de déchets à longue durée de vie, une problématique que l’on a vu pour le site de Bure et, deuxième raison, sa proximité géographique avec la Centrale de Fessenheim dont elle est distante de 30 km seulement est située elle aussi à proximité de la même nappe phréatique que celle de la centrale alsacienne. L’avenir de ce site est à nouveau posé avec la visite ce 5 janvier ce la Ministre de l’Environnement se rendait en Alsace pour lui permettre d’évaluer la situation et de prendre des décisions sur l’avenir du site et les 42000 tonnes qu’il contient. Pour rappel, un incendie s’était déclaré en septembre 2002. Il avait brûlé durant 11 jours et le site avait été fermé en 2004.

Suite à sa visite, même si sa décision n’est pas encore confirmée, pour la Ministre il n’est plus question de retirer les déchets que le site renferme comme cela avait été un temps envisagé par Nicolas Hulot. Elle se dit « favorable à un confinement définitif des déchets à Stocamine ». Avec comme perspective, une pollution de la nappe phréatique alsacienne d’ici 600 ans. Comme c’est étonnant. Gestion à la petite semaine, comme pour le nucléaire, on reporte sur les générations futures la question des déchets.

Le déni du réel à coup de punchlines

Un jour, j'entends Jancovici parler de Tchernobyl et là, un déclic s’est fait. J'ai été sidéré par sa légèreté. Balayés d'un revers de main les 25000 liquidateurs morts, morts pour sauver l'Europe, les dizaines de milliers blessés, infirmes à vie ! C'est une infamie. "C'est des info de 3ème main." dit-il. Il existe des dizaines de séquences tournées sur les toits du réacteur éventré. On peut y voir ces héros bardés de dérisoires tabliers de plomb bricolés à le hâte pour seule protection. C’est une forme degationnisme. Je ne peux m’empêcher de penser au Pr Raoult " le changement climatique, je n'y crois pas, personnellement je ne le vois pas", de la même façon qu’il affirme « Il n’y a pas de deuxième vague ». Même illogique, même déni de la réalité, même façon d'évacuer le réel à coup de punchlines. Nier le danger des déchets nucléaires comme Jancovici le fait est criminel. Je suis interloqué de voir ses followers sur les RS qui acquiescent béatement. Bêtement. Alors, lisez la BD Cent Mille Ans aux éditions du Seuil ! Page 22, Boris Pregel, atomiste et marchand d’uranium, parle des déchets. Nous sommes en... 1961 "On trouvera bien un moyen de s'en débarrasser (des déchets). Les problèmes d'ingénieur ne sont pas insolubles". Toujours dans cette même BD, quelques pages plus loin. En 1991, un texte législatif relatif au traitement des déchets est proposé au vote des députés. Ce texte penche sans le dire en faveur de la solution de l’enfouissement. Le rapporteur, socialiste, déclare : « S’opposer à ce texte, c’est s’opposer non pas à l’enfouissement des déchets, mais à le recherche scientifique. » puis « cela porte un nom en français, l’obscurantisme. » Voilà en deux phrases comment résument le mieux la pensée des pronucléaires depuis plus de 60 ans et ce mode de pensée est typiquement celui de Jancovici : une vision binaire, les bons pronuke, victimes des mauvais, les anti-nucléaires , les passéistes, les rêveurs.

Une remarque : autant je m’oppose à l’industrie de l’énergie atomique, autant je suis favorable à continuer la recherche en ce domaine, ne fut-ce que pour pouvoir, un jour, réparer les erreurs du passé. Je suis toujours d’accord pour mener poursuivre la recherche fondamentale sur l’énergie atomique, il est hors de question de poursuivre la construction de centrales. Je reviendrai sur cette question plus loin avec le retour en grâce des EPR.

Mensonges et mépris

Il n’y a pas que les contre-vérités, après les négations qui arrangent, il y a aussi les mensonges pour imposer le nucléaire. Il va être encore question des déchets nucléaires et de leur gestion dans « le monde réel ». Je vais donc parler du stockage final par enfouissement profond et bien sûr du site de Bure. Petit historique du procédé. Les Allemands et les Américains s’y sont essayés et ont dû faire machine arrière à grand frais. Les premiers, ont été les pionniers de l’enfouissement dans anciennes mines de sel de Asse. Les autorités nucléaires allemandes ont été contraintes de fermer le site en 2010, estimant qu’il n’était pas jugé assez sûr. 1,7 Md€ avaient été dépensés pour retirer 113 fûts défaillants. Notons que ce qui avait été vendu aux habitants de Gorleben, la ville où le site est implanté, était un site expérimental. Et c’était faux. 126 000 fûts avaient été entreposés, contrairement à ce qui avait été annoncé. Ce n’était pas un site expérimental mais bien un site de stockage ultime.. Mais les allemands ont un besoin impératif de trouver une solution pour stocker « définitivement » leurs déchets nucléaires. Ils ont aussi de la suite dans les idées. Le 20 janvier 2020, une délégation allemande s’est rendue sur le site français de Bure pour, à ce qu’ils ont dit, s’inspirer de ses méthodes. « Ou chercher un site hors de leur sol pour exporter leurs propres déchets. » rapporte l’Est Républicain. Bah, il suffira de demander à Macron. Lui qui ne refuse jamais rien à ses amis allemands, saura trouver les mots qu’il faut pour le vendre aux français.

En Allemagne comme en France, le nucléaire a été imposé aux gens par le mensonge.

Les seconds, les américains ont du faire face à un accident majeur en février 2014 au centre Wipp du Nouveau Mexique. En 2016, le site est fermé. Au-dessus une dalle de béton a été coulée, laissant les fûts endommagés dans les galeries. Une bombe nucléaire à retardement.

En attendant mieux, pour les écologistes conséquents, le stockage en surface est la meilleure solution.

 

59 ans plus tard, toujours les mêmes problèmes toujours sans une solution fiable dans le temps

Nous voici donc 59 ans plus tard après les déclarations plus qu’optimistes de M. Pregel et le problème des déchets n'est toujours pas résolu. Tout comme celui de la récupération du corium de Fukushima. Jamais M. Jancovici ne parle de ce genre de problème concret. Jamais. Je vous conseille de voir le reportage de France Info du 28/12/2019 sur le démantèlement de la centrale de Fukushima : « Tout ne se passe pas comme prévu  (…)  Le gouvernement est prêt à la rejeter dans l'océan, mais selon un organisme indépendant, l'eau serait bien plus radioactive qu'annoncée. » Dans un autre reportage de FranceInfo « le plus difficile sera d’extraire le combustible nucléaire fondu des réacteurs numéro 1 à 3, une tâche pour laquelle les techniques restent à inventer. » Exactement comme le problème des déchets, poussière sous le tapis depuis 60 ans. Voilà « le monde réel » que M. Jancovici refuse de regarder en face, l’industrie nucléaire n’a pas de solution mais elle continue de foncer tête baissée.

Alors, je vous conseille vivement de lire cette BD qui montre concrètement « le monde réel » des déchets nucléaires et ce n'est pas dans une farandole de tableaux Excel très vintage que vous le verrez. Le traitement des déchets nucléaire en France, est édifiant et terrifiant. Société policiarisée à outrance. Alors, même si vous vous mentez à vous-même, c'est ça "le monde réel" du nucléaire. Jancovici parle comme un gourou "Si je ne devais léguer à ma fille que des déchets nucléaires, je serais le plus heureux des pères". Il existe d’autres versions bâties du même acabit. À vomir et les dévots d'applaudir ! Jancovici, Raoult, les rois de la punchline.

Un article de la revue Marianne de mars 2020 est symptomatique de son argumentation biaisée. Personnellement, et ça lui arrive souvent de jouer les victimes, je ne supporte plus de l’entendre geindre dès qu’un micro lui est tendu, sur l’image « infondée » (sic) des problèmes liés au nucléaire et qui « serait largement véhiculée par vos confrères » (journalistes). On veut des noms, et des journaux et des « confrères ». Alors que les nucléaristes sont au pouvoir depuis des décennies, alors que la presse aux ordres lui est un soutien constant, à de rares exceptions près, Jancovici se plaignant du mauvais traitement par les médias du nucléaire est un numéro bien au point. Raoult adore lui aussi se mettre en scène. Mais que cherche-t-il, à museler la presse ?

 

Un monde réel très orienté

Une bonne interview de Jancovici commence immanquablement par un cours de physique nucléaire. Par contre vous pourrez chercher les mots, en vrac, corrosion, défauts cachés, explosion des coûts et des délais, sous-traitance, incidents à répétition, etc. Sur les incidents à répétition dans le nucléaire, voir le très bon article

https://journaldelenergie.com/nucleaire/augmentation-incidents-graves-nucleaire-edf/

Bref, tout ce dont est fait dans « le monde réel » l’industrie nucléaire, jamais, il ne s’abaissera à en parler. Par contre dès qu’il s’agit de démonter les failles, et il y en a, des énergies concurrentes, là curieusement, il sait trouver les arguments concrets. Le barrage de el Guri au Venezuela a une puissance de 6 EPR (waouh!) pour une superficie équivalente à celle d’un département français. Comparer comme il le fait l’emprise au sol de 6 EPR et celui d’un barrage dans la partie la moins peuplée de ce pays d’une population de 2_ millions d’habitants pour une superficie presque 2 fois plus grande que celle de la France, c’est comparer torchons et serviettes. Très banalement, Jancovici fait dans cette interview du Jancovici.

Faisons une pose. Petit florilège des punchlines de celui que je vois comme un gourou.

« Jancovici, l’expert médiatique qui dit n’importe quoi ! » https://youtu.be/hyAMh_7VjWE

Dans le post pro-Jancovici mais anti-Raoult d’un des partisans du nuclaires, on peut lire que « lui [Jancovici] est logique ». Le Pr Raoult l’est, dans son domaine, tout autant. Leurs logiques sont similaires : leurs raisonnements semblent cohérents mais incohérents confrontés au monde. Les partisans du nucléaire, qu’ils soient de la vieille génération ou écologistes comme les partisans de Jancovici, tous fondent leur adhésion sur des informations parcellaires -plus de risques, plus de déchets. Tout est pour le mieux dans meilleur des mondes nucléaire.

 

Excel, c’est là qu’il excelle

Jancovici développe un piège par le récit d’une réalité déformée. Cette réalité distordue est celle qui ressort de ses tableaux Excel qu’il enchaîne avec brio. L’hydraulique est anti-écologique, le photovoltaïque ruineux en ressources rares et polluant à fabriquer, mais sa bête noire, l’éolien n’a aucun avenir. Là encore, il suffit de regarder le monde réel tel qu’il va et s’apercevoir que tout son baratin techniciste s'effondre devant les faits. Les majors de l’énergie, les anciens et les nouveaux ignorent ses travaux. Ils n’ont pas vu les tombereaux de chiffres qui font les délices de ses admirateurs. Les énergies renouvelables répète à l’envie Jancovici « Ca marchera jamais », « l’intermittence » etc. Pourtant, pas besoin de slides PowerPoint pour voir les investissements énormes qui vont être faits dans les EnR. Il suffit de lire la presse : Enel 160 Mds€, Iberdrola 90 Mds€, Total 30 Mds voilà les investissements prévus pour l'éolien et le photovoltaïque pour les 10 ans qui viennent. 260 Mds€ dans les énergies renouvelables rien que pour trois opérateurs et rien pour le nucléaire. Ces sociétés investiraient l’équivalent de dizaines d’EPR sans avoir fait de business plans fondés sur des modèles énergétiques fiables ? La revue Environnement Magazine publie le 30 janvier 2020 une étude complète, comportant de nombreuses données chiffrées et dont le titre est « Les énergies renouvelables sont compétitives ». Selon l’ADEME « Globalement l’étude constate que le coût des EnR poursuit sa baisse rapide », peut-on y lire.

Les EnR ont le vent en poupe,

Même en termes d’investissements, les EnR sont moins coûteuses que le nucléaire. De plus, les techniques de construction sont éprouvées et les risques industriels faibles. La Grande-Bretagne ambitionne de devenir « l’Arabie Saoudite du vent ». Le parc éolien du Dogger Bank en mer du Nord britannique produira en 2026 quand le chantier sera achevé, 4,8 GW par an, soit l’équivalent de 3 EPR pour un investissement de 5,5 Md£, soit 6 Md€. Le coût actuel d’un EPR (toujours pas achevé!) est de 12 Md€.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les investissements dans l’éolien offshore se développent partout en Europe et en France. Toutes les semaines on voit des projets éoliens fleurir à travers toute la France. L’offshore se développe à vitesse V. Si l’intermittence est un sujet que Jancovici traite à longueur d’intervention, c’est la sabre laser de Dark Vador qui anéantit les EnR. Mais il est un champion à sa manière en matière d’intermittence dont il ne parle jamais, l’EPR ! Une intermittence de 12 ans. La dérive des coûts et des délais qui ont marqué la naissance toujours pas advenue des EPR, font que les investisseurs privés ne veulent pas investir dans le nucléaire. Il faut aussi dire un mot sur les durées d’arrêt des centrales qui s’allongent des centrales «Le casse-tête des arrêts de tranche à rallonge pour la maintenance du parc nucléaire d’EDF » L’Usine Nouvelle 18/06/2020. Là encore au risque de me répéter, voilà le genre d’info du « monde réel » qui passe très au dessus de la tête de Jancovici.

Re-nationaliser mais pour quoi faire ?

Les partisans de Jancovici, de gauche la plus part, parlent de la re-nationalisation d’EDF. L’idée peut paraître séduisante, re-nationaliser soit, mais pour quoi faire ? Demander à l’État d’investir dans le nucléaire civil en lieu et place des investisseurs privés qui se défilent ou bien pour planifier la sortie du nucléaire ? Un autre problème, au-delà des déboires des EPR, apparaît quand on se penche sur leur date de conception. Si les EPR se veulent un saut important en matière de sécurité et de rendement par rapport aux centrales antérieures, ils restent gourmands en combustible. On lira donc avec le plus grand intérêt l’article paru le 27/01/2016 dans le Journal du CNRS dont on retiendra la double impasse du nucléaire aujourd’hui :

- la voie de garage : les EPR, très gourmands en matière première et de ce fait, générateurs d’une grande quantité de déchets, ne doivent plus être construits,

- la voie sans issue : il faudrait construire des réacteurs rapides au sodium, mais dont on ne maîtrise pas la technologie !

https://lejournal.cnrs.fr/articles/nucleaire-lepineuse-question-du-combustible 

Qu’il s’agisse du recyclage des déchets ultimes ou des réacteurs rapides au sodium, cela fait des décennies que les nucléaristes nous promettent le Grand Soir. Dans « le monde réel », ce n’est pas pour demain

Promesses et monde réel, sont incompatibles.

Cent fois sur le métier

Autre argument à tourner en boucle et qu’il répète à satiété comme ce fut le cas lors de la fermeture de Fessenheim, « Arrêter les centrales nucléaires, c’est accroître les émissions de CO2 ». Et de prendre, là encore immanquablement comme exemple l’Allemagne. Immanquablement car il n’est de bonne propagande sans répétition. Mais est-ce si vrai que cela ? Un article du site Révolution Energétique démontre, chiffres à l’appui, même que si elle est obligée d’importer de l’électricité (hydraulique) de Suisse ou de Norvège ou nucléaire de France montre, que la fin du nucléaire ne se fait repose pas sur un accroissement de l’usage du charbon. C’est même à une baisse de sa consommation qui est observée.

Révolution Énergétique: L'Allemagne et son charbon : mythes et réalités.
https://www.revolution-energetique.com/lallemagne-et-son-charbon-mythes-et-realites/


Mais heureusement en France, le capitalisme d'Etat est là pour tenter de sauver la mise au nucléaire. A gauche, les partisans du nucléaire comme les communistes, veulent le lancement rapide de nouveaux EPR sous la houlette de l’État… macronnien, alors que comme on l’a vu, les énergéticiens privés ne veulent pas du nucléaire. Les partisans du nucléaires, favorables au libéralisme total, trouvent normal que l’État intervienne en la matière. Ce qui, comme in l’a vu, tend à devenir faux, pour preuve les investissements importants privés qui y sont engagés pour la prochaine décennie ? Alors Jancovici se démultiplie sur les plateaux télé pour raconter ses salades sans jamais rencontrer le moindre contradicteur. Et sur les réseaux sociaux, comme Raoult, il est partout ! Jamais, que ce soit sur YouTube ou sur les plateaux TV il ne lui sera opposé un contradicteur. Jancovici est le VRP du nucléaire au service de Macron, lequel reprend à la lettre ses affirmations fallacieuses, comme le " Le nucléaire ce n'est pas dangereux, le nucléaire ça ne pollue pas". On dirait du Roselyne Bachelot. Voilà où les émules de Jancovici nous remmènent. 17 ans en arrière.


Jancovici, comme on l’a vu, condamne tout en bloc, tout ce qui n'est pas nucléaire. Le photo-voltaïque, même l'hydraulique, toute forme d’énergie renouvelable est attaquée vigoureusement. Il adopte la stratégie de défense façon Raoult. Ce dernier voyant que son remède miracle n’arrivait plus à convaincre personne, le professeur marseillais s'en est pris violemment au médicament américain, le Redemsivir qui ne vaut pas mieux. Big Pharma est la tête de turc des anti-sytèmes d’extrême-droite à seule fin de protéger le capitalisme. L’éolien, c’est le Redemsivir de Jancovici. Le Mal absolu. Il n'est pas anodin que systématiquement Jancovici et ses partisans utilisent le terme méprisant de "moulin à vent" pour désigner les éoliennes. Ca les énerve au plus haut point, une technologie en plein essor, quantitatif et qualitatif et qui ne soit pas du nucléaire. Dans sa détestation de l'éolien on trouve des gens aussi charmants, que Zemmour, Robert Ménard, Philippe de Villiers, Marine et Marion Le Pen, etc. et... Raoult en "scripteur" (waouh !!) de la revue très improprement, très frauduleusement, appelée Front Populaire, revue créée par Michel Onfray. Très peu pour moi. Même le très progressiste Alain Finkielkraut y va de son commentaire esthétique « L’éolien transforme tous les paysages en sites industriels. » Je ne sais pas s’il a déjà vu des éoliennes mais des usines, jamais.

Contre le dérèglement climatique, problème planétaire, Jancovici souhaite voir le nucléaire s’imposer à l’échelle du Globe. Tout son édifice conceptuel repose sur son modèle énergétique, le seul que la plus part connaissent des néo-partisans du nucléaire, celui de Jean-Marc Jancovici. Or, ce modèle, pierre angulaire de son soutien absolu au nucléaire est contesté. Pourtant, il existe d'autres modèles énergétiques comme celui-ci par exemple qui contredit le sien.

https://medium.com/enquetes-ecosophiques/jancovici-100-renouvelable-1a820334496e

Combien faudrait-il de centrales nucléaires pour mettre en œuvre pour sauver la Planète ?

Admettons un instant que l’on produise l’électricité uniquement à partir de l’atome. On m’a appris que la règle de base de l’ingénieur, donc du polytechnicien je suppose, est la règle de trois. Selon les données d’EDF, le nucléaire fournit 10 % de l’électricité est produite dans le Monde au moyen de 454 centrales. Passer à 100 % comme il le souhaite, cela reviendrait à construire plus de 4000 nouvelles centrales. Dans ces conditions, quid du minerai ? Quid des moyens de fabrication du combustible ? Quid de l’augmentation du prix du minerai si des milliers de centrales venaient à être construites ? Il y aurait pourtant une solution : le surgénérateur qui permet de transformer le combustible usagé en nouveau combustible Dans la vraie vie, en France, aux USA, tous, tous ont été arrêtés dans les années 90. A l’heure actuelle, et pour longtemps, le surgénérateur est une solution mort-née. Un seul, le surgénérateur chinois devrait entrer en fonctionnement en 2023, j’ai bien peur qu’il ne suffise à alimenter des milliers de centrales. Combien donc faudrait-il en construire pour remplacer le minerai d’uranium par ce procédé ? Combien de convois maritimes, terrestres chargés de matières nucléaires devraient sillonner la planète allant de la mine au centre de fabrication du combustible, puis allant vers les centrales puis allant vers ou revenant des centres de retraitement et enfin la mine où seraient sensés ne plus jamais faire parler d’eux. Comme l’on si bien montré les expériences allemande ou américaine. A chacune des étapes de sa vie industrielle, l’uranium soulève des problèmes de sûreté. L’activité devrait multipliée par dix avec 4000 centrales. Les risques d’accidents croîtraient dans la même proportion. Mais sur tous ces problèmes potentiels résultants de la mise ne application de ses théories, pas un mot dans la bouche du moine-soldat du nucléaire pourtant si prompt à prendre la défense des chauves-souris face à leur ennemi à trois pales. La vraie vie, les détails concrets, Jancovici les réserves aux EnR.

Des mini centrales pour sauver le nucléaire ?

La dernière tendance de l’énergie nucléaire est la mini-centrale. Il faudrait 15 de ces mini-centrales pour produire l’équivalent d’un réacteur de 900 MW.

Pose calcul mental. Combien faudrait-il de ces mini-réacteurs pour remplacer, soyons réalistes puisque « le monde réel » est celui qui nous intéresse, la moitié des 58 réacteurs en service en France ?

Réponse : 435 !

Aux USA, la start-up NuScale avait engrangé la commande de 12 de ses mini-centrales auprès de communes qui devaient mutualiser le projet. Il doit en principe produire 720 MWh par an, soit moins de la moitié de la puissance d’un EPR. Las, les mini-récteurs ont du plomb dans l’aile. Les raisons ? Elles vont vous surprendre ! Ils devaient, au départ coûter 3,6 Md$. Aux dernières nouvelles, l’addition a presque doublé pour atteindre la somme de 6,1 Md$, soit 5 Md€, soit le coût de revient, à puissance égale, d’un EPR. Les délais quant à eux, se sont allongés de 3 ans. Au final, ce sont des municipalités, qui doutent et qui se rétractent « Les municipalités ne sont pas là pour jouer les investisseur de capital-risque. »

Avec Jancovici, son langage que seuls les vieux prennent pour un langage de jeune, figure faussement renouvelée de la vieille garde nucléariste de la technostructure X-Mines, doit être démasqué pour ce qu’il produit, une vulgarisation scientifique qui n’est que propagande, une vision scientiste du Monde où le scientifique est seul détenteur de solutions que le politique n’a pas d’autre choix que de mettre en œuvre. Tout ceci ne pourrait être qu’une querelle philosophique si derrière la querelle ne se cachaient des enjeux majeurs bien réels qui ne sont jamais présentés comme tels aux citoyens.

Trop d’hypothèques pèsent sur le personnage et le microcosme où il s’épanouit pour je ne puisse m’empêcher de penser que ses déclarations d’amour enflammées à l’écologie, ne sont que le Cheval de Troie du lobby de l’industrie nucléaire.

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