quand le MEDEF finance France Info

France Info est la caisse de résonance de la bien-pensance néolibérale d’Etat. Infos éco, billets éco, les interviewes, sport ou culture répètent en écho la voix du néolibéralisme, l’entreprise comme seul modèle, seul cap. Il règne sans partage sur la station de service public avec la force de l’évidence tatchérienne : there is no alternative. Pour boucler la boucle, le MEDEF vient y faire sa pub.

Sous la houlette de la très suffisante Fabienne Sintès, les petit déj’ avec Vincent Giret du Monde (tiens donc !) suivis des décryptages d’Emmanuel Cugny donnent le la pour le reste de la journée. Mon estomac fragile m’interdit dorénavant de les écouter. L’entreprise ad nauseam.

Cependant, voilà quelques semaines, mon attention se porte sur une anodine publicité du MEDEF. Il sponsorise officiellement la radio d’information continue. Celle-ci le lui rend bien et depuis fort longtemps sous forme de publi-reportages à titre gracieux et c’est un juste retour des choses que le MEDEF ne mette la main à la poche pour la radio d’état qui n’a plus les moyens de ses missions. Ici s’inaugure un PPP (Partenariat Public Privé) d’un type nouveau car purement idéologique. On sait depuis longtemps que la publicité c’est la privatisation de la propagande où vendre et promouvoir le mode de consommation capitaliste s’appuient l’un l’autre pour le plus grand profit des entreprises et du système. Là comme ailleurs, au nom de la modernité et de l’efficacité, l’Etat se dissout en désinvestissant l’information pour la confier au privé via le financement par la pub. Ce qui pourrait être vu comme une marque d’indépendance de l’information vis-à-vis du pouvoir n’est de fait que la marque de sa soumission à la vulgate du moment. L’exemple des stations de Radio France est éclairant, ne fût-ce que si l’on veut comprendre comment fonctionne la continuité de l’Etat. Commencé sur la pointe des pieds sous la droite avec des annonces pour les institutionnels, accéléré avec le hollando-vallsisme avec les publicités pour les marques, le glissement vers toujours plus de pub a ouvert le panel des annonceurs.

J’ai été étonné que personne n’ai parlé de l’irruption de centrale de Gattaz sur les ondes publiques. Serai-je le seul à l’avoir noté ? En ces temps d’Etat d’Urgence les média ont d’autres chats à fouetter mais « pendant les travaux, la vente continue »

 Quelques semaines plus tard, ce sont des spots en faveur d’HEC qui incitent les cadres à venir parfaire leur connaissance de l’entreprise dans ce qui n’est plus pour moi une école de commerce, mais qui est aujourd’hui l’ECP, l’Ecole des Cadres du Parti.

 

 

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