Le Center Parcs des Chambaran : un combat édifiant !

Je n’aimais pas ma façon de voir ces gens qui, à Roybon comme ailleurs, ont besoin d’argent pour boucler leurs fins de mois. Le 29 novembre, jour de la seconde manif’,  je m’étais fait accrocher par un pro Center Parcs à la boulangerie : « Vous n’avez rien à faire ici, partez ! ». « Comment ça ? Je suis partout chez moi ». Je lui avais dit tout le mal que je pensais du Center Parcs des Chambaran, du gouffre énergétique de l’AquaMundo, de ce monde en toc qui ravage la nature, de ces emplois de misère pour des loisirs de misère. Et puis, il y a quelques semaines, je tombe sur ce post : « et si les gens de roybon sont intéressés par ces emploi en quoi cela vous dérange t-il ? » [1]. La question vue sur le forum de la ZAD avait interrogé mes certitudes. En quoi ai-je le droit d’empêcher cette personne de gagner sa vie ? Quelques jours plus, je croise une copine du collectif contre le TAFTA. La discussion s’engage sur les Chambaran. Forcément, je la croyais de notre côté quand elle me dit : « Il y a 600 emplois en jeu et toi tu veux tout arrêter pour 0,42% de 33 000h de forêt ! L’écologie n’excuse pas tout. A Roybon y a plus rien, alors pour une fois qu’ils ont un projet sérieux. » Bing ! Joue droite, joue gauche. Bon là je me dis, faut reprendre tout le dossier.

 29 janvier, je regarde Envoyé Spécial sur la création d’un Center Parcs à Roybon : « ZAD. La forêt de la discorde » [2]. J’en apprends quand même de belles ! Le maire, l’actuel, Serge Perraud, dit Sergio-les-Beaux-Chapeaux, qui, traite les ZADistes de « terroristes » [3]. Même si ses propos datent de décembre 2014, c’est-à-dire d’avant les assassinats à Charlie Hebdo : « La ZAD combien de kalachnikov ? ». Et puis on y voit l’ancien maire, Marcel Bachasson qui explique avoir fait des investissements depuis 2009 en anticipant, favorisant diront certains, l’arrivée du Center Parcs sur sa commune. Pensant l’affaire faite, le ci-devant maire avait salement endetté le village : « On n’a pas le droit d’être en retard sur l’arrivée du Center Parcs », justifie-t-il. La journaliste de France2 : «  N’y a-t-il pas un petit problème de  démocratie ? A quoi sert une enquête publique dans ce cas-là ? N’êtes-vous pas allé plus vite que la procédure » Cette implication sans retenue de la municipalité, mais aussi de la communauté de communes, du Conseil Général de l’Isère, et dans une moindre mesure et moindre soutien, la région Rhône-Alpes, pose de sérieux problèmes. Il s’agit, par la politique du fait accompli, de ne faire dépendre l’avenir économique de la commune et ses environs que de la seule implantation du Center Parcs. Aucune alternative n’est prévue ! Pas de solution de repli. Ils ses ont mis dans la main de M. Brémond, patron de Pierre et Vacances dont dépend Center Parcs. Cet investissement local à sens unique pose, d’ores et déjà, de sérieux problèmes financiers à la commune de Roybon.  Aujourd’hui, la commune de Roybon est à la limite de la tutelle, dixit M. Perraud. En effet, depuis la loi du 2 mars 1982 les communes n’ont plus à justifier de recettes futures pour engager des investissements. Dorénavant, elles n’ont de comptes à rendre de leurs emprunts qu’aux établissements bancaires prêteurs, et en dernier recours, aux électeurs. Apparemment, ces derniers n’en n’ont pas voulu à l’ancien maire puisque le nouveau, alias Sergio-les-Beaux-Chapeaux, continue la politique de soutien inconditionnel au Center Parcs de son prédécesseur.

 Si les roybonnais doivent très sérieusement se poser la question du remboursement de la dette de Roybon, Serge Perraud a la réponse : « avec plus de 7 millions d’€ de dette, soit10 fois plus que l’endettement moyen des communes de dimension similaire, sans le center Parcs, on aurait une dette de 50 ans (voir http://www.journaldunet.com/business/budget-ville/roybon/ville-38347). L’arrivée de Center Parcs est une chance inouïe ! ». Quand l’actuel maire dit « 50 ans »,  c'est à la seule condition que la commune n’emprunte plus 1€ durant cette période. Ce qui est impossible. Il y aura toujours une route à refaire, une autre qui s'effondre, une toiture à reprendre.... Et si le Center Parcs venait à se faire c'est 4 M€ déjà budgétés pour la déviation. Toute la politique financière de la commune de Roybon est conditionnée par l’ouverture du Center Parcs, d’où l’extrême susceptibilité de Serge Perraud quand il s’agit du sujet. Le Center Parcs qui devait ouvrir dans l’esprit de Marcel Bachasson en 2011 ne devrait ouvrir, dans le meilleur des cas, qu’en 2018, soit 9 ans de retard dans le business plan de l’ancien maire: « On n’a pas le droit d’être en retard etc.». Fallait peut-être pas être trop en avance non plus ? Certains pensent même que la commune de Roybon est en train de se livrer à la pratique de la cavalerie pour faire face à ses engagements financiers. A tout le moins, est-elle certainement obligée de réemprunter. Rééchelonnement de sa dette qui a forcément un coût très élevé. Le chiffre le plus parlant et qui inclus les taux extravagants des emprunts toxiques contractés par Bachasson (ex-banquier !!!) c'est l'annuité de la dette qui ici est 16 fois supérieur à la moyenne nationale. Avec le franc Suisse qui a pris + 20%, le capital d'emprunt toxique restant à rembourser a lui aussi pris 20%. Les chiffres 2014 s'annoncent désastreux... Un audit a été commandé par l’actuel maire au lendemain se son élection. « On peut le voir ? » demandent les membres de l’association Pour un Chambaran Sans Center Parcs, opposants historiques, légalistes et déterminés [4]. « Non ! » répond la mairie. On attend avec une certaine impatience la discussion du prochain budget qui nous dira, mais surtout aux roybonnais  comment la commune compte s’y prendre pour tenir ses obligations financières. Roybon est l’illustration parfaite de la commune néolibérale devenue une entreprise comme une autre dont le patron est un maire, coincée entre ses banquiers et ses électeurs que l’on réunit de temps à autre dans une sorte d’Assemblée Générale des actionnaires appelée Conseil Municipal. La course au mieux disant fiscal, le « tax ruling » du pauvre, va de pair avec d’importantes dépenses d’investissement. Rien n’est trop beau pour « attirer des entreprises » et vive la concurrence entre communes. Dans la société libérale globale, « la loi du renard libre dans un poulailler libre » fonctionne à merveille : la commune de terre contre la multinationale de fer.

 Le chantage à l’emploi est l’alpha et l’oméga de la justification du Center Parcs. A côté de cela, plus rien ne doit entraver la marche en avant du « progrès » [5]. Même le FN est d’accord: ça sera le Center Parcs ou la mort du village, la justification du renoncement au respect de la nature ou des salariés. Ici, on n’a pas attendu du la loi Macron pour voir dans l’écologie, l’ennemi de l’entreprise et donc de l’emploi. Pour les pro Center Parcs, les écologistes sont des « bisounours » qui n’ont rien compris. Ils viennent gâcher la fête. Mais, contrairement à ce qui est dit par les partisans du Center Parcs, la commune n’est pas moribonde. Elle n’a pratiquement pas perdu d’habitants depuis 1936. Certes, elle a vu son collège disparaitre (c’était le plus petit du département) mais sa fermeture était programmée depuis plus de 40 ans. Et si la commune est moribonde : la faute à qui ? A ceux qui trouveraient aujourd’hui avec Pierre et Vacances la martingale ultime à des décennies d’abandon. A ceux qui ont fait partir de nombreux jeunes en refusant tous permis de construire pendant 8 – 10 ans. D'ailleurs, combien a couté ce fameux PLU sans fin mais qui en un claquement de doigt permet de multiplier par 4 la population du mirifique CP. Entre PS et UMP, ils ont eu la charge du développement aux plans local et national. D’ailleurs, c’est bien parce que le territoire de Roybon est déshérité que Pierre et Vacances a jeté son dévolu sur les Chambaran [6]. Là encore, pas si déshérité que les édiles le font croire à la population. De l’emploi, il y en a, à 18km, sur la ZI de l’aéroport de Grenoble-St Geoirs ou sur la ZA de Marcilloles située à 11km de Roybon. Le dossier de Center Parcs est indéfendable du point de vue écologique. Au titre de la Loi sur l’Eau, les trois 3 commissaires enquêteurs et experts chargés de l’Enquête Publique « loi sur l’eau » ont rejeté ce projet sur 12 points et à l’unanimité [7]. Il l’est tout aussi inacceptable du point de vue économique. Que l’on se place du coût des emplois crées, nous y reviendrons plus loin, ou bien du point de vue de l’investisseur privé qui a acheté son cottage au rendement incertain et à la revente hasardeuse. Il commence à manifester son sentiment de se faire avoir en plaçant son argent dans des bulles tropicales artificielles « Une recherche sur le net vous permettra de trouver beaucoup de propriétaires P&V très mécontents. »[8]. Du FN au PS, on retrouve la même incantation à « l’esprit d’entreprise » mais comme me dit un membre de PCSCP « au final c’est le gros qui gagne », et ici, c’est Pierre et Vacances. Au lieu de chercher à revitaliser le tissu économique des TPE-PMI, ce qui demande des efforts multiples, adaptés, en direction des différents acteurs économiques, les maires, l’ancien comme le nouveau, ont cru qu’en tenant LE gros poisson, ils allaient résoudre tous les problèmes de leur commune, comme par miracle, d’un seul coup d’un seul. Dans les faits, les problèmes d’endettement de la commune de Roybon aujourd’hui, sont essentiellement dus à la volonté des mairies de voir un Center Parcs s’implanter. Son endettement est passé entre 2009 et 2012, de moins de 1 million d’euros à 7 millions d’euros ! D’ailleurs, où sont passés les millions ? On cherche en vain à comprendre en quoi l’emménagement de la rue principale aurait pu coûter un million d’euros comme annoncé par M. Bachasson dans le documentaire de France2. Peut-être dans la construction du réseau d’assainissement de 27km, 7 pompes de relevage ? Avec l’ouverture du Center Parcs, un Intermarché doit s’implanter aux portes du village. Afin d’accueillir la grande surface, la commune de Roybon était propriétaire d’un terrain doté d’un permis de construire ad hoc, terrain revendu depuis à la communauté de communes. On voit bien avec cette implantation la duplicité des élus : les commerçants à qui l’on fait miroiter des hausses de chiffres d’affaire sont-ils au courant de l’ouverture d’un centre commercial chez eux ? Le boulanger va-t-il vendre des croissants le matin sur le Center Parcs ? Il rêve ! Les croissants surgelés arriveront de Pologne ou d’ailleurs. Des clients captifs, ne sortant pas de leur bulle et achetant « local » dans des enseignes dument estampillées Pierre et Vacances, c’est la base du concept des Center Parcs, son core business. Le Center Parcs, n’est pas la solution, il est le problème. Il faut se poser à double titre la question de la pérennité du groupe Pierre et vacances qui porte le projet de center Parcs. . « Le groupe (Pierre et vacances) perd de l’argent chaque année – 27,4 millions d’euros en 2012, 47,5 millions d’euros en 2013, 26,9 millions en 2014. Son activité repose sur d’importantes subventions des collectivités locales, et sur des avantages fiscaux comme le dispositif Censi-Bouvard. » [9]. Sans le financement par l’Etat du seul Center Parcs de Roybon, le groupe serait l’impossibilité totale d’ouvrir le nouveau parc. Et c’est à ce groupe tenu sous perfusion de l’Etat que les roybonnais devraient leur salut ? Et que se passerait-il si après son ouverture, l’affaire venait à faire faillite ? Qui réparera les dégâts économiques, écologiques et sociaux ? L’Etat en faillite ? On lira avec grand intérêt ce post datant de 2009 [10] : « De l’implantation d’un Center Parcs en Isère et du choix imposé entre une forêt et sa vie sauvage, et une usine à loisirs ». Ce texte n’a pas pris une ride sauf, quand il parle « « Pierre et Vacances » c’est le « capital sans risque » et à très grande rentabilité. »  C’est plutôt l’inverse depuis 3 ans puisque le groupe perd de l’argent sans discontinuer. La bête est blessée, elle n’en est que plus dangereuse.

  Ce que montre « l’affaire » de Roybon, c’est que les deux maires se gourent complètement. Ils croyaient que le projet passerait comme une lettre à la poste. Tout serait simplifié avec un seul et puissant interlocuteur en charge de développer le pays. C’est une bombe à fragmentation et à retardement qui a explosé sur le territoire : une population divisée, une hostilité palpable entre les deux camps, une haine entretenue par les élus ou en tout cas qui ne font rien pour apaiser les esprits. Il faut voir les menaces de mort, la constitution de milices anti-ZADistes se donnant rencart sur Facebook, « OUI au CENTER PARCS», les activistes pro rivalisant « d’imagination » pour casser du « bizounours », tout ça sous les yeux fermés de la Gendarmerie et la Justice. Pendant l’arrêt des travaux, des torrents de haine et de menaces physiques à l’encontre de personnes nommément désignées sont déversés chaque jour sur facebook. Tiens, quelque chose de marrant. Le chantier étant fermé, tout le matériel enlevé, le Center Parcs ne devrait plus avoir de gardiens à Roybon. Et bien non : les vigiles ont été « repositionnés », toujours payés par Center Parcs et installés à l’entrée du village dans un bâtiment communal, ancien local de l’Amicale des Chasseurs. De là, ils partent patrouiller en ville, histoire de bien maintenir la parano, au cas où les ZADistes viendraient à attaquer le village… Et puis quand il leur reste un peu de temps libre, il semblerait, d’après toujours ces mêmes ZADistes, qu’ils retourneraient nuitamment jouer sur leur ancien terrain de jeu, taquiner le chevelu écolo. Sous l’austère habit du vigile, demeure un grand enfant qui ne demande qu’à s’amuser. Mardi 3 février, « une énième réunion de Pro-Center Parcs avait lieu dans une salle communale de Roybon, organisée par l’association « Vivre en Chambaran » en présence du Maire du village, Monsieur Serge Perraud. Certaines personnes présentent y auraient, selon plusieurs témoignages, clairement proférées des menaces de violences physiques à notre encontre. » [11]. Les 7/8/9 février, un weekend de « Pique-nique et cabanes contre Center Parcs ! Manifestation et chantier collectif » était organisée la Session Open Barrikad [12]. L’avant-veille de l’évènement, le jeudi 5 février, un cocktail Molotov a été lancé sur la guérite d’accueil située à l’entrée de la MaquiZAD. Fini de jouer. Les pro-Center Parcs venaient de franchir un degré criminel dans l’escalade du fascisme ordinaire, cf. ce qui se passe actuellement à Sivens avec l’article de l’Obs du 8 février [12]. Le weekend de l’Open Barrikad, les pro-Center Parcs ont été autorisés par arrêté de la Mairie et le préfet à arrêter les voitures des opposants, fouiller, filmer, tout ça sous les yeux bienveillants de la Gendarmerie plutôt satisfaite de ses supplétifs. Bilan de l’opération : beaucoup de manifestants en faveur de la tenue de la session ont eu peur de venir, peu de familles, on pouvait rétrospectivement les comprendre quand d’autres ont eu leur pneus dégonflés et deux voitures brûlées par semble-t-il les anti-ZADistes. Je m’avance certainement mais la Gendarmerie enquête. Attendons les résultats. Le weekend suivant devait se tenir, à Virville le 14 février un village voisin de Roybon, dans le cadre de la Journée Mondiale des Zones Humides du Center Parcs, le "Carnaval des grenouilles et autres sales bêtes". Suffisant pour que le maire refuse de louer la salle municipale comme cela était prévu depuis longtemps. Selon le Dauphiné Libéré « pour le maire, derrière cette thématique, il se cacherait en fait une journée qui ciblerait spécifiquement le Center Parcs de Roybon, organisée par des opposants au projet. ». De sincères démocrates. Si les travaux sont arrêtés c’est sur décision de Justice, voir les décisions du tribunal Administratif de Grenoble le 23/12. Point : les ZADistes se sont opposés avec courage et succès dès la première semaine de décembre à la poursuite des travaux de déforestation « S’ils n’étaient pas intervenu, tout aurait été déjà défriché !!! avant même que les juges aient le temps d’examiner les recours ! » dit Stéphane Péron [13]. Cet arrêt des travaux a été demandé par le Tribunal Administratif de Grenoble le 23 décembre. Le jugement sur le fond sera rendu au printemps prochain. Donc, après les atteintes à la démocratie, le déni de Justice. Mais vous en apprendrait bien plus en lisant les pages du site de PCSCP et celui des ZADistes.

 Les anti-Center Parcs sont sommés par les partisans du Center Parcs de donner des solutions alternatives. Je cite une page facebook de « OUI au CENTER PARCS » [14] : « Marie-Françoise Bouvier : vivement qu'elle pete un cable cette tordue et qu'elle discrédite en même temps sa bande de fainéants incapables de proposer un projet concrêt en remplacement du center parcs ! » Vous qui êtes toujours contre tout, qu’est-ce que vous proposez, hein ?  Contre tout ? Non ! Nous sommes totalement favorables à la préservation de la nature sauvage tant qu’il en reste, des zones humides en particulier, pour une égalité décente comme facteur essentiel de lutte contre la violence sociale, pour une démocratie réelle où les élus ne se comportent pas comme des autocrates se croyant investis de missions divines pour « rétablir la croissance » comme issue à tout nos problèmes. Mais il est tout à fait vrai que nous nous opposons au tourisme de masse où le mensonger se bâtit sur une ineptie environnementale, où les loisirs sont la mise en repos temporaire et illusoire du cerveau salarial au profit du cerveau reptilien commandant l’achat compulsif d’activités à la mode du moment, où le conformisme des loisirs obligatoires n’est que le miroir du conformisme du monde du travail. Les habitants de Roybon et de sa région cherchent du travail : ce serait donc aux ZADistes de leur en trouver ? Et pourtant des emplois on pourrait en créer avec 112 millions d’euros de subvention versés par l’Etat et les collectivités locales. Car c’est cela ce que va coûter le Center Parcs. Chaque équivalent plein temps, 468 annoncés pour 700 emplois créés, que devrait (conditionnel) créer  Pierre et Vacances, va coûter 239 000 € à la collectivité en aides diverses et variées. Le CICE et le Pacte de Responsabilité, c’est du bricolage pour les débutants. Tous ces élus UMPSFN qui pleurnichent contre les impôts les taxes qui « asphyxient l’entreprise » (j’en ai 50 en réserve des inepties de cet acabit), à Roybon, ça ne les dérangent pas de les dépenser par camions entiers ! 239 000€, soit 10 ans de SMIC charges payées par équivalent emploi plein-temps créé !!!! Soit aussi le financement de plus de 7000 emplois d'avenir (15 000€ / emploi) quand le Center Parcs n'en créerait que 468. Avec ça il y a de quoi en attitrer des entreprises et créer des emplois sans avoir à se lancer dans des investissements structurels pharaoniques. Mais non. Pour le Center Parcs rien n’est trop beau. Il n’y a pas de petites économies. Ainsi, dans l’enceinte clôturée et donc privée du parc, le Conseil Général de l’Isère aura à sa charge l’entretien de la voirie, routes, pistes cyclables, parkings !

 Pendant son interview sur France2, Serge Perraud, parle du «triton crêté et crapaud sonneur à ventre jaunequi empêche les maires de nettoyer les cours d’eau », qui se continue (ou qui commence) par la rengaine du moment, « On est malade dans ce pays ! On peut plus rien faire » s’emporte-t-il, voir le chapitre « les entreprises sont écrasées par les charges », sauf pour les Center Parcs. Mais juste une question Monsieur le Maire : comment se fait-il que les cours d’eau débordent au premier orage, et pas qu’en Provence ? Peut-être à cause de maires qui comme vous, n’en a rien à faire de « 0,42% de zone humide détruite », qui donne son accord, au nom de la croissance, de la « modernité », du « progrès » et même de l’emploi à la construction de lotissements, de parkings, de grandes surfaces, d’aéroport. Bétonner, imperméabiliser les sols, voilà la cause réelle des problèmes d’inondation, mais, mais ça passe tellement d’accuser « le crapaud hurleurà ventre jaune » plutôt que de remettre en cause ses choix politiques et ses croyances dépassées. Ce chiffre de 0,42% est très souvent mis en avant par les partisans du Center Parcs pour minimiser son impact. Il est vivement contesté par les opposants [15] « C’est fallacieux. Selon Center Parcs : 33000ha de la Forêt des Chambaran que divise 150 ha égale 0,42%. Sauf que cette forêt est répartie sur 106 communes, deux départements et que le center Parcs ne les concerne pas toutes. La forêt des Chambaran de Roybon couvre environ 3500ha, dix fois moins ! De plus, toute la forêt n’est pas une Zone Humide. »)

 Tous les opposants au Center Parcs de Roybon refusent ce monde de pacotille bâti sur dévastation et le mensonge. Il y a une obligation à s’opposer à l’aéroport inutile de Notre-Dame-des-Landes, à la ligne Lyon-Turin et son chantier qui va déverser (où ???) des milliers de tonnes de produits radio-actifs issus du percement du tunnel, au barrage de Sivens construit au seul bénéfice d’une poignée de producteur de maïs, à Hambach [16] en Allemagne. Tous ces projets, comme le nucléaire ou les OGM, sont marqués au fer rouge de l’irréversibilité écologique. Ce qui aura été détruit, pollué le sera pour des générations entières. Nous refusons cela sans condition, sans compromis. Les ZADistes sont les fers de lance de ce combat pour la préservation de la nature pour les générations à venir et pour toute la planète. Qui a dit que nous étions contre tout ? L’ouverture d’un Center Parcs de Roybon serait une atteinte inacceptable contre la nature chargée d’éponger la facture d’un projet destructeur, une fausse solution économique, une illusion sociale, un gâchis d’argent public par tous ceux qui portent ce projet à bout de bras, bramant à l’unisson la faillite de l’Etat. C’est une nouvelle fois l’illustration de la puissance manipulatrice et dévastatrice des machines communicantes dans les mains de grands groupes, contre une population doublement victime : les illusionnés et les lucides.

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[1] 13 décembre 2014 à 16 h 28 min, https://zadroybon.wordpress.com/liste-des-besoins-de-la-maquizad/comment-page-1/#comment-193

 [2] http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/envoye-special/video-la-foret-de-la-discorde_811141.html

[3] « Les ZADistes ? Des terroristes, des anarchistes qui agglomèrent autour d’eux des gamins » Les Echos 03/09/14

[4] http://www.pcscp.org/

[5] « Le FN se devait d’être présent dans cette lutte pour soutenir le progrès social et économique face à l’obscurantisme rouge-vert. » Il est vrai qu’avec le FN, en matière de progrès social et d’obscurantisme, on affaire à des experts.  http://fn38.fr/retour-au-center-parcs-de-roybon/

[6] http://www.terraeco.net/Pour-faire-grossir-sa-bulle-Center,57736.html

[7] http://www.pcscp.org/IMG/pdf/conclusions_ep_23072014.pdf

[8] http://www.devenir-rentier.fr/viewtopic.php?id=5662#sthash.K6i0RjFN.dpuf, http://www.pcscp.org/Fevrier-2013-Capital-no257-Temps.html

[9] http://www.nexity.fr/immobilier/particuliers/investir/dispositifs-defiscalisation-2012/loi-censi-bouvard

[10] http://sabazios.unblog.fr/2009/06/29/de-limplantation-dun-center-parcs-en-isere-et-du-choix-impose-entre-une-foret-et-sa-vie-sauvage-et-une-usine-a-loisirs/

[11] http://zadroybon.noblogs.org/post/2015/02/06/urgence-info-communique-de-presse-05-fevrier-2015/

[12] http://zadroybon.noblogs.org/post/category/open-barrikad-789-fevrier-2/

[13] http://www.pcscp.org/Communique-de-presse-de-l.html

[14] http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20150208.OBS1969/menaces-agressions-intimidations-situation-explosive-a-sivens.html, http://grenoble.indymedia.org/2015-01-22-Center-Parcs-menaces-violentes

[15] http://www.isere-magazine.fr/actualites/Pages/2014/148/Center-parcs/La-v%C3%A9rite-sur-Center-Parcs.aspx,

http://www.territoiresforestiers-rhonealpes.eu/docs/les_territoires_forestiers/chambaran/CFT_chambaran.pdf

 [16] voir le Communiqué du 25 janvier https://zadroybon.wordpress.com/category/medias/communiques/

 

 

 

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