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Le Club de Mediapart lun. 29 août 2016 29/8/2016 Dernière édition

En défense d'Internet et de WikiLeaks (4): politique de la relation

Alors que s'achève, avec ce quatrième épisode, cette série en forme de cri d'alarme, l'actualité continue d'en démontrer la pertinence. Symbole mondial des nouveaux réseaux sociaux, Twitter est maintenant sommé de remettre aux autorités américaines les détails des comptes personnels de quatre personnes, dont le fondateur de WikiLeaks Julian Assange et le soldat Bradley Manning soupçonné d'être la source des révélations.

Alors que s'achève, avec ce quatrième épisode, cette série en forme de cri d'alarme, l'actualité continue d'en démontrer la pertinence. Symbole mondial des nouveaux réseaux sociaux, Twitter est maintenant sommé de remettre aux autorités américaines les détails des comptes personnels de quatre personnes, dont le fondateur de WikiLeaks Julian Assange et le soldat Bradley Manning soupçonné d'être la source des révélations.

Les deux autres personnes sont Rop Gonggrijp, un hacker néerlandais dont les engagements en faveur des libertés numériques sont publics, et la députée islandaise Birgitta Jonsdottir, très engagée dans l'audacieuse initiative parlementaire pour la liberté de la presse, l'Icelandic Modern Media Initiative. Saisi depuis le 14 décembre 2010 par une injonction d'un tribunal de Virginie, exigeant toutes les données de ces quatre comptes dans le cadre d'«une enquête criminelle en cours», Twitter a averti, vendredi 7 janvier, la députée qu'après avoir résisté, il était contraint d'obtempérer. Si l'élue islandaise n'engage pas d'ici dix jours une procédure judiciaire pour contester la requête des Etats-Unis, Twitter transmettra toutes les informations demandées (messages privés, contacts, adresses IP, etc.).

Pour WikiLeaks, qui affirme avoir «des raisons de croire» que Facebook et Google ont reçu des injonctions similaires, cette démarche judiciaire serait la preuve qu'une «enquête secrète pour espionnage [est] menée par un grand jury américain», laquelle pourrait mener à une inculpation de Julian Assange aux Etats-Unis. «Après avoir tenté de réduire WikiLeaks au silence en faisant pression sur Paypal, Visa et Mastercard pour lui couper les vivres, le gouvernement américain porte maintenant atteinte à la vie privée de plusieurs partisans les plus connus du site», a déploré ce dernier, selon un communiqué de WikiLeaks, rapporté par l'AFP. Dans l'immédiat, Assange devrait être fixé mardi 11 janvier, à Londres, sur la date du procès sur sa possible extradition en Suède. Toujours en liberté surveillée, il annonce pour avril un livre détaillant son «combat pour imposer une nouvelle relation entre les populations et leurs gouvernements».

Autrement dit, pendant que les interrogations sur «le côté obscur» de WikiLeaks prennent le pas sur les révélations du «Cablegate», la traque s'accentue et s'accélère, la puissance américaine ne semblant pas prête à laisser l'affront sans punition. Cette criminalisation en cours de WikiLeaks confirme le propos initial de cette série: alerter sur l'enjeu véritable de ce feuilleton, qu'il s'agisse de la normalisation policière d'Internet, de la défense de nos libertés d'information et de communication ou des potentialités démocratiques de la révolution numérique. L'événement WikiLeaks – premier scoop à la fois citoyen et mondial de l'ère numérique – est bien ce tournant souligné par Mediapart, introduisant à une bataille décisive entre les logiques citoyennes d'approfondissement démocratique et les intérêts, aussi bien politiques qu'économiques, dont elles dérangent les situations acquises de domination et de contrôle.

Quelques chiffres ne sont pas inutiles pour prendre la mesure considérable de l'enjeu de cet affrontement planétaire. Au 30 juin 2010, selon Internet World Stats, il y avait dans le monde près de 2 milliards d'utilisateurs d'Internet (précisément 1.966.514.816) sur une humanité totale de près de 7 milliards d'individus (6,9 milliards exactement). Parmi ces utilisateurs du Net, près de 60 millions l'étaient en langue française (59,8 millions exactement). En 2010 encore, dans l'Union européenne (à 27), 65% des particuliers âgés de 16 à 74 ans ont utilisé Internet régulièrement (soit une fois par semaine) et 53% fréquemment (soit chaque jour ou presque). En France, toujours en 2010, selon la toute dernière enquête de référence, près de 40 millions de personnes (3 millions de plus qu'en 2009) se connectent à Internet d'une façon ou d'une autre (domicile, travail, mobilité). Les trois-quarts des personnes équipées d'une connexion Internet à leur domicile l'utilisent tous les jours, 16% en font un usage hebdomadaire et 5% seulement ne l'utilisent jamais. Au final, c'est désormais un peu plus de la moitié de la population (53%) française qui se connecte quotidiennement.

Internet est donc définitivement au cœur du nouveau monde qui s'annonce. Ce qui, en revanche, n'est pas encore définitivement joué, c'est de savoir qui, en fin de compte, entre puissances étatiques, intérêts marchands et exigences citoyennes, gagnera la bataille de ses usages, de leur protection et de leur contrôle. Mise en garde contre «le bluff technologique», l'œuvre pionnière de Jacques Ellul (1912-1994), penseur trop oublié aussi original qu'inclassable, nous avait amplement démontré que «la technique est l'enjeu du siècle». Ni bonne ni mauvaise, mais ambivalente, elle peut aussi bien servir un «système technicien» dominateur et oppressif qu'être, au contraire, mise au service de l'homme, de ses besoins essentiels et de ses droits primordiaux, ainsi que des grands équilibres qui les garantissent. En somme, tout dépend de nous, de chacun et chacune d'entre nous. Tout, c'est-à-dire le pire ou le meilleur. Ce n'est pas une injonction idéaliste, mais plutôt une recommandation réaliste: de catastrophes économiques en désastres guerriers, sans oublier les destructions écologiques, ne sommes-nous pas témoins de l'imprévoyance aveugle et de l'inconscience morale de nombre de ceux qui, de par le monde, nous dirigent ou le prétendent?

Aussi importe-t-il, loin de toute fascination idéologique pour la technique et de toute vision absolutiste du numérique, d'y défendre avec acharnement l'essentiel des vieilles valeurs démocratiques et humanistes, de droits et de libertés. C'est de cette alliance du meilleur de la modernité technique et du meilleur de la tradition politique que peut naître un Internet réellement au service de ses usagers. Dans leurs commentaires ou sur leurs blogs, des abonnés de Mediapart ont ainsi convoqué, à propos des actuelles mésaventures de WikiLeaks, d'utiles pensées de la philosophe Hannah Arendt (1906-1975), vieilles de près de quarante ans. Il s'agit d'un article paru en novembre 1971 dans la New York Review of Books à propos de la révélation par le New York Times des «papiers du Pentagone», 7.000 pages de documents militaires confidentiels. Son titre en résume clairement le propos: «Du mensonge en politique» (à lire en français dans le recueil Du mensonge à la violence).

Au cours de cette réflexion sur «le secret, la tromperie, la falsification délibérée et le mensonge pur et simple employés comme moyens légitimes de parvenir à la réalisation d'objectifs politiques», l'auteur des Origines du totalitarisme en vient à une défense radicale de la liberté de la presse. «Une presse libre et non corrompue a une mission d'une importance considérable à remplir», écrit-elle, tant il importe de «garantir cette liberté politique particulièrement essentielle: le droit à une information véridique et non manipulée, sans quoi la liberté d'opinion n'est plus qu'une cruelle mystification». Conviction que l'on retrouvait déjà dans un autre de ces articles, paru en 1967 dans le New Yorker et intitulé «Vérité et politique»(à lire en français dans le recueil La Crise de la culture): «Le fait de dire la vérité de fait comprend beaucoup plus que l'information quotidienne fournie par les journalistes, bien que sans eux nous ne nous y retrouverions jamais dans un monde en changement perpétuel, et, au sens le plus littéral, nous ne saurions jamais où nous sommes.»

Cette position de principe de la philosophe reposait sur la conviction que les «vérités de fait», différentes des vérités d'opinion, de conviction, de croyance, de préjugé, d'idéologie, etc., sont essentielles à la vitalité démocratique. Ce sont elles qui nous font réfléchir pour agir, qui nous font évoluer en nous dérangeant, qui modifient nos positions et nos attitudes, qui nous rassemblent par leur force démonstrative. Et elles sont bien plus fragiles et menacées que les vérités d'opinion tant elles dérangent nos conforts de pensée. Dès lors, il importe par-dessus tout de garantir, préserver et améliorer les conditions de leur production, révélation et diffusion. Car, sans elles, il n'y aurait plus de monde commun, de réflexions partagées, d'échanges rationnels, mais seulement l'affrontement général des idéologies, préjugés, croyances, convictions ou opinions. En somme, il n'y aurait plus de liens entre citoyens, plus de relation dans la cité, plus de communauté humaine. Mais la guerre de tous contre tous, avec la certitude de chacun de détenir seul la vérité vraie.

Or Internet est justement, par définition, l'univers du lien, de la relation et de la communauté. Du lien partagé, de la relation entretenue, de la communauté construite. L'invention du lien hypertexte aussi appelé «hyperlien» n'est-elle pas au ressort des fonctionnalités de nos sites, de leurs références, documentations et interactions? Reste à ne pas dégrader cet écosystème en préservant ce qui fait lien, précisément: le contenu même de l'échange, sa liberté et sa vitalité, son incertitude, son inventivité, son imprévisibilité, ses surprises et ses créations, ses tâtonnements et ses hasards, ses désordres et ses étonnements... En somme, relation est ici le maître-mot, la clé, le nœud: qualité de la relation, intégrité de la relation, liberté de la relation, éthique de la relation, etc.

Dès lors, nul hasard si l'on doit à Edouard Glissant, avec cette acuité visionnaire propre aux poètes, quelques fulgurances sur Internet dans un passage anticipateur de son Traité du Tout-Monde, publié en 1997, à une époque où le Net balbutiait encore. Toute l'œuvre de ce grand voyant est en effet ancrée sur une «philosophie de la Relation», où s'entrecroisent et s'enrichissent mutuellement poétique et politique. La Relation comme antidote à la domination et comme apprentissage de l'incertitude... Loin de certaines crispations académiques face aux ébranlements numériques, Glissant pressentait dans Internet le surgissement de l'imprévisible et du discontinu, ruptures qu'il accueille volontiers: «Si les sciences classiques avaient pour fin l'infiniment petit et l'infiniment grand, nous devinons que la science informatique ne considère que l'infiniment mouvant. [...] Internet déroule le monde, il l'offre tout dru.»

Dérouler le monde, c'est-à-dire le découvrir et l'accepter dans son infinie diversité, irréductible aux unicités qui voudraient le soumettre, le simplifier, le réduire et le normaliser: «C'est la diversité qui nous protège et, s'il se trouve, nous perpétue», ajoutait le poète, juste après avoir rappelé que «la pensée de l'Un, qui a tant magnifié, a tant dénaturé aussi». «La pensée de la Relation, précise ailleurs Edouard Glissant, en 2009 cette fois, ne confond pas des identiques, elle distingue entre des différents pour mieux les accorder. Les différents font poussière des ostracismes et des racismes et de leurs monogonies. Dans la Relation, ce qui relie est d'abord cette suite des rapports entre les différences, à la rencontre les unes des autres.» L'irruption d'Internet appelle donc une politique de la relation ouverte au tremblement du Tout-Monde, une invention collective qui ferait litière des pensées de système, de leurs calculs oppressants et de leur théorèmes oppresseurs. «Pour la première fois de leur histoire, poursuit Glissant, les humanités sont seules face à cette terrible présence: de devoir susciter d'elles-mêmes leurs éthiques, et plus communément leurs morales.»

Ainsi les défis posés par l'avenir d'Internet et soulignés par l'affaire WikiLeaks nous obligent-ils à renoncer aux pensées habituées et à frayer des chemins pionniers. Aux Hannah Arendt, Jacques Ellul et Edouard Glissant déjà cités, il faudrait ajouter Edgar Morin, dont la réflexion sur la complexité dialogue avec le Tout-Monde et la créolisation glissantiennes. Recommandé récemment sur Mediapart par Stéphane Hessel, le dernier tome de La Méthode, œuvre morinienne au long cours, s'intitule Ethique et a pour enjeu la question de l'aveuglement qui, régulièrement, met en péril nos sociétés.

Faisant le constat que «les démocraties contemporaines sont en dépérissement», Edgar Morin rappelle que «la démocratie est une conquête de complexité sociale»: «La démocratie fait de l'individu un citoyen qui non seulement reconnaît des devoirs, mais exerce des droits. Le civisme constitue alors la vertu socio-politique de l'éthique. Il requiert solidarité et responsabilité. Si le civisme s'étiole, la démocratie s'étiole. La non-participation à la vie de la cité, en dépit du caractère démocratique des institutions, détermine un dépérissement démocratique.»

Or l'une des causes de ce dépérissement est «l'élargissement d'un non-savoir citoyen», en d'autres termes la dépossession croissante des citoyens s'agissant des savoirs, connaissances et informations leur permettant d'influer sur les grands choix politiques: «Comme les développements de la techno-science ont envahi la sphère politique, le caractère de plus en plus technique des problèmes et décisions politiques les rend ésotériques pour les citoyens. Les experts compétents sont incompétents pour tout ce qui excède leur spécialité et rendent les citoyens incompétents sur les domaines scientifiques, techniques, économiques couverts par leurs expertises. Le caractère hyper-spécialisé des sciences les rend inaccessibles au profane.»

L'avènement d'une «démocratie cognitive» est la réponse qu'Edgar Morin appelle de ses vœux contre cette dépossession du savoir. Mais elle suppose de relier ce qui, aujourd'hui, est séparé, cloisonné et dispersé: «Tout regard sur l'éthique doit percevoir que l'acte moral est un acte individuel de reliance: reliance avec un autrui, reliance avec une communauté, reliance avec une société et, à la limite, reliance avec l'espèce humaine. [Or] notre civilisation sépare plus qu'elle ne relie. Nous sommes en manque de reliance, et celle-ci est devenue un besoin vital; elle n'est pas seulement complémentaire à l'individualisme, elle est aussi la réponse aux inquiétudes, incertitudes et angoisses de la vie individuelle.»

Ainsi nos responsabilités sont-elles engagées dans ce défi où il s'agit de surmonter cette «peur de comprendre» qui, souligne Morin, nourrit l'incompréhension. Alliant liberté et solidarité, cette nécessaire «auto-éthique» est aussi bien une vertu individuelle qu'une vertu sociale: «La seule sauvegarde d'une très haute complexité, conclut-il, se trouve dans la solidarité vécue, intériorisée par chacun des membres de la société. Une société de haute complexité devrait assurer sa cohésion non seulement par de "justes lois", mais aussi par responsabilité/solidarité, intelligence, initiative, conscience de ses citoyens. Plus la société se complexifiera, plus la nécessité de l'auto-éthique s'imposera.»

Telle est, pour finir, la question politique qui est devant nous, individuellement et collectivement, et dont la réponse dépend d'abord de nous: allons-nous répéter et prolonger les vieilles dominations qui, régulièrement, conduisent l'humanité au bord du gouffre – verticalités politiques, autoritarismes policiers, méfiances envers la société ; ou bien allons-nous faire le choix de l'invention politique, en pariant sur la relation (entre individus, peuples, nations), la compréhension (des savoirs, connaissances, informations) et le partage (des pouvoirs, richesses et orientations)? Allons-nous, dans le foisonnement infini des liaisons numériques, frayer ce chemin où s'invente en marchant une politique de la relation? Ou bien allons-nous laisser saccager cet écosystème naturel du numérique par la construction effrénée d'autoroutes bitumées, de murs bétonnés et de miradors grillagés?

Bien plus réaliste qu'utopique, tant les périls s'accumulent, cette espérance concrète qui nous anime, dans ce monde sans frontières qu'est potentiellement Internet, a récemment trouvé, grâce à la révolution numérique, son récit imaginaire en forme de fable politique. Il s'agit du film Avatar, de James Cameron. Œuvre née de nos modernes technologies, Avatar est en effet un plaidoyer contre l'aveuglement destructeur de la Domination et pour la lucidité créatrice de la Relation. Dans une stratégie du faible au fort, l'incertitude l'emporte sur les certitudes, le mouvement sur l'immobilité, la compréhension sur la croyance, l'ouverture sur la clôture, le déplacement et le décentrement sur les fixités et les replis.

Eminemment politique, cette nouveauté-là naît du lien retrouvé avec l'autre, qu'il soit animé ou inanimé, aussi bien l'homme qu'auparavant, l'on diabolisait et méprisait en le considérant comme un ennemi que la nature qu'hier, l'on saccageait et exploitait en la ravalant au rang de ressource. Avatar, ce vieux mot hindou du changement et de la transformation passé dans le langage contemporain du Net, résume ce nouveau rapport au temps que nous offre le numérique, si nous savons en préserver l'écosystème naturel: contrairement aux idées reçues, non pas le temps court et immédiat, qui serait plutôt celui de la possession et de l'accumulation, de l'avidité et de l'impatience, mais ce temps long et étendu qu'offre la conversation patiente, la recherche précautionneuse, l'écoute attentive et l'attente généreuse.

Telle pourrait être l'une des définitions de l'éthique d'Internet: préserver ce temps de la relation où se glissent les surprises de l'événement.

Fin

 

Pour lire les précédents épisodes d'En défense d'Internet et de WikiLeaks, cliquez sur les liens ci-dessous:
1. Nous autres, barbares
2. La question démocratique
3. La révolution numérique

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Edwy Plenel

Journaliste, président de Mediapart
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En complément de mes articles dans le Journal de Mediapart, ce blog mêle divers registres. Des résonances subjectives où je m’exprime à titre personnel. Des informations complémentaires, droits de suite ou explications de texte, où je réagis à des interpellations de lecteurs. Enfin, ce que l’on appellerait dans les hauts parleurs des gares des « avis de service » où je fais le point sur l’actualité de Mediapart, qu’elle soit éditoriale ou économique.