Les Français indisciplinés face au confinement? Pas si simple...

L'indiscipline supposée des Français pendant la période de confinement est régulièrement évoquée ici et là. Pourtant, parler "d'indiscipline" n'est ni informatif ni instructif. Comment, au contraire, comprendre les processus sociaux et cognitifs en action? Eléments de réponse.

Le confinement imposé par le gouvernement dans le cadre de la crise sanitaire que nous traversons s'impose à toutes et tous. 

Pourtant, politiques, médias, mais aussi soignants, s'indignent régulièrement du fait du non-respect absolu de la consigne par l'ensemble des citoyens: départs en vacance, flâneurs dans les rues, joggers du dimanche, attroupements divers et ainsi de suite. Certains évoquent le manque de "discipline" des Français.

En tant que sociologue, je ne peux qu'observer que les constats avancés se montrent particulièrement improductifs. Non seulement le terme "les Français" ne veut rien dire, car ce n'est pas une catégorie homogène et monolithique, mais en plus, mobiliser des éléments moraux tels que "l'indiscipline" ne permet en aucune manière de comprendre et donc d'améliorer quoi que ce soit.

Que tous les citoyens n'appliquent pas les consignes avec la même rigueur et la même constance est un phénomène normal. Le traitement cognitif des messages ne produit pas le même résultat chez tout le monde même si, globalement, les mesures de confinements sont socialement bien tolérées et comprises. C'est ainsi par exemple que la notion de "risque" peut diverger selon les groupes. Les "jeunes" peuvent se montrer comme une population ayant des conduites à risque plus importante que d'autres populations plus âgées. Aussi, il y a une plus grande réactance face aux messages de prévention routière chez les populations juvéniles.

En effet, il existe des éléments psychologiques, cognitifs et sociaux qui peuvent venir impacter le traitement d'un message (ici, la nécessité du confinement). L'École de Yale, s'est particulièrement intéressée au traitement cognitif des messages faisant appel à la peur (ici celle du coronavirus). Elle montre comment un individu peut percevoir et traiter une information selon des filtres. 

Ainsi, par exemple, la perception que l'on a de soi-même à un impact clair sur le traitement du message et donc ici sur l'impératif de confinement. Or, il semble évident que les individus ont des perceptions différentes d'eux-mêmes en fonction de leur développement psychoaffectif, de leur histoire et ainsi de suite.

Pour mener à bien cette analyse, il a donc fallu faire appel aux apports de diverses disciplines: psychologie, psychologie sociale et sociologie notamment.

Retrouvez l'intégralité de mon analyse sur le lien: https://oser-penser.fr/coronavirus-confinement-et-indiscipline-lapport-des-sciences-humaines/

Au plaisir de vous lire.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.